Légende des photos : l'aspirateur-traineau Paris-Rhône a supplanté le fameux mange-moutons ! Mon père réparait lui-même nos souliers. C'était un fameux bricoleurs dans des tas de domaines. Avec les économies, il a pu s'offrir une moto Gnome-Rhône pour succéder à son précieux vélo !Et oui, ne pas perdre de vue qu’à cette époque les familles demeurant là étaient les mieux loties du quartier. Des appartements suffisamment grands pour loger des familles nombreuses, des pièces claires, aérées, eau courante, gaz, électricité, des W.C. dans l’appartement ! Dans l’épaisseur du mur, sous la fenêtre de la cuisine, il y avait un garde-manger ouvert sur l’extérieur par une claire-voie. Certes, pas de chauffage central mais, dans le séjour, un bon gros poêle LEAU qui, hélas, ne suffisait pas à chasser l’humidité remontant dans les murs situés au Nord et qui n’empêchait pas les magnifiques fleurs de givre de s’épanouir sur les vitres des chambres ! L’eau chaude était fournie par un chauffe-eau sur l’évier en pierre jaune de la cuisine. Avant le gros poêle, il y a eu, dans la cuisine, le fourneau émaillé bleu avec sa bouillotte. Par la suite, mon père a installé un lavabo dans le débarras, non chauffé, situé dans le hall ; ce qui a offert un peu plus d’intimité à tous obligés de se laver dans la cuisine fermée par un rideau de reps. La chambre des filles donnait sur le couloir, en fait un beau hall carré, carrelé, non chauffé tout comme la chambre, et qui nous servait de salle-de-jeux. Là, s’ouvrait aussi la porte des WC (coin lecture et refuge pour ceux qui fuyaient l’essuyage de la vaisselle ou les colères d’une maman excédée), celle du débarras, qui à partir de 1954 abrita aussi une machine-à-laver (grande fierté : Thomson cuve ronde à agitateur, chauffage au gaz et rouleaux d’essorage à main !) et on entrait dans le séjour ouvert sur la cuisine et sur les chambres par deux portes (les parents, les garçons).... En 1948, la famille se composait d’un garçon de 15 ans, d’une fille de 8 ans (moi), un garçon de 7 ans, une fille de 5 ans et une autre naissait. La petite dernière est arrivée en 1953 seulement. Plus tard, mon père construisit une cloison avec partie vitrée pour agrandir la cuisine et isoler un peu le séjour dans lequel, ensuite, fut installé un cosy.
Vingt quatre ans d’une vie dans ce décor qui ne changeait pas très souvent... des pleurs, des malheurs, des heurts, mais aussi du bonheur... Hélas, des remords au souvenir de cette maman que l’on jugeait ordinaire et qui était extraordinaire, d'un père qui nous bousculait sans doute parce que la vie l’avait tellement bousculé. Et le regret de ce goût incomparable de l’enfance qui, toujours, au moment le plus inattendu, remonte à vos papilles, vous titille le cerveau, vous mets des larmes-pampilles aux paupières, vous vrille le cœur...


Elle n'était pas blème, ta HLM comme le chantait Renaud!
RépondreSupprimerVoilà encore une bien belle tranche de souvenirs ...
J'ai connu cela moi aussi à Besançon vers 1956. Tu parles si ça me rappelle des choses l'absence de chauffage central, le givre étoilé sur les fenêtres qu'on ne pouvait pas ouvrir l'hiver tellement elles étaient gonflées par l'humidité...
J'étais de corvée pour tourner les rouleaux de la machine à laver et je trouvais ça rigolo !
Et le samedi après midi, en sortant de l'école (on avait classe le samedi à cette époque) on avait droit au "ciné-jeune" dans un ciné de la ville où l'on voyait des films de cape et d'épée !
Les "larmes pampilles" quelle très belle image, j'aime ...
Mes jeunes années courent dans la montagne ...
Une belle série de billets.
RépondreSupprimerA la Croix-Rousse, quand je suis née et jusqu'à notre départ en 1961, la vie était la même.
Un petit hall avec le poêle et ses tuyaux, une petite cuisine qui donnait sur la cage d'escalier, donc sans lumière, un WC dans la cuisine... la salle à manger assez petite, la chambre de mes parents, très grande et lumineuse donnant sur la rue Célu, et la chambre de ma grand-mère maternelle qui habitait avec nous.
Je n'avais pas de chambre, mon lit était dans la chambre de mes parents, il n'y avait pas de salle d'eau...
Maman faisait bouillir la lessive sur la cuisinière, c'était toute une affaire !
Pour rien au monde, je ne voudrais revenir en arrière...
Bisous