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La "patronne, ses enfants, et sa sympathique équipe d'apprenties et d'ouvrières !
Tandis que Tatydanylyon vivait dans sa « presque banlieue », Lépoux avait pour terrain de jeux les trottoirs d’une grande artère lyonnaise où sa maman possédait un magasin de dégraissage-stoppage et le gone était né là, dans l’appartement au-dessus, deux pièces pour quatre personnes. La famille accédait cet appartement – situé côté ombre du Cours - par un escalier malcommode situé au fond de la boutique. La pièce, dite salle-à-manger, fenêtre sur le Cours, avait un petit coin cuisine qui servait aussi à la toilette. A côté, une autre pièce, avec fenêtre aussi, était la chambre des parents. Pas de W.C. Il fallait redescendre dans la boutique, sortir sur le trottoir, remonter dans l’allée d’à côté, au premier étage, pour trouver les W.C. sans eau courante sur un palier.
Lorsqu’il était resté longtemps assis dans la boutique, sage ou espiègle, à écouter chanter et deviser les jeunes apprenties et les ouvrières – lorsqu’il les avait un peu taquinées et fait se fâcher sa mère - il sortait pour faire de la voiture à pédale, de la trottinette, du patin à roulettes sur le trottoir. Il tournait le coin de la rue des Passants pour regarder le maréchal-ferrant suer et ahaner dans sa forge. Il y avait alors dans la ville de nombreux chevaux transportant les pains de glace, les caisses de boissons, le charbon... Il aimait lorsqu’il y avait un travail fini à livrer chez l’excellent pâtissier voisin ; on devine pourquoi. Autres distractions : les chanteurs des rues dont raffolaient les demoiselles... le rémouleur, le vitrier, le patti (marchand de patosses, chiffons en Lyonnais).
Sur la place toute proche, au milieu du carrefour, sous l’horloge, il aimait voir s’agiter l’agent avec son bâton blanc (ceux qui passaient en vélo, avec leur pèlerine, on les appelait les hirondelles).
Le papa de Lépoux était menuisier-ébéniste et fabriquait du meuble sur mesure. Et aussi des carcasses de tables de nuit, chiffonniers, semainiers, petits bahuts avec niche, argentiers, des supports pour miroir de Venise, que son beau-frère, miroitier-graveur recouvrait de glace. Les deux hommes travaillaient dans un atelier à Montchat et le petit bonhomme avait là de quoi observer et se distraire aussi.
Les soirs d’été, pour se détendre, la famille rejoignait des amis dont la femme tenait une boutique de repassage-dégraissage et qui avaient des enfants du même âge que Lépoux et sa sœur. Les chaises étaient sorties sur le trottoir et l’on bavardait tard dans la nuit. Parfois, on descendait sur les quais du Rhône tout proche où les gamins pouvaient s’ébattre sans écouter les secrets des grands. Les dimanches, on allait à pieds jusqu’à Cusset, Montchat, Cours de Verdun, Champvert, pour visiter la famille.



J'ai lu avec émotion cette évocation du "bon vieux temps" que j'ai un peu connu ...
RépondreSupprimerCertains en parlent avec nostalgie et regrets, d'autres non (ah les WC sur le palier!!) ...
Dis moi, le pont sur la photo il a mauvaise mine ! Ce doit être juste après la guerre ... Il me semble reconnaitre le pont Lafayette ?
C'est vrai que les souvenirs d'enfance peuvent parfois laissé un drôle de goût mitigé entre "c'était mieux avant" et "mais pas drôle tous les jours..."
RépondreSupprimerUn très beau texte en tout cas...
BON, donc tu viens de nous prouver que LEPOUX n'a plus aucune excuse pour ne pas avoir son propre BLOG !
RépondreSupprimerTrès mimi le conducteur de VESPA, dommage qu'il n'ai pas gardé son premier tricycle !
Dis donc, impressionnante la photo du pont, ne serait-ce pas le pont de l'université ? après les carnages des bombardements de 4..?
Des tas de trucs que j'avais rangés dans ma mémoire... le patti ! le rémouleur ! le camion de pains de glace ! "notre temps"...
RépondreSupprimerLe 6, les courses à la coopé de la police, rue Vauban, le poisson rouge dans son petit bocal rond qui sautait sur le fauteuil club en cuir pour y mourir...
Au fait, pont Lafayette ou de l'Université ?
Bises du 7e Sud