Ce monde n'est pas une Conclusion.
Il y a une vie au-delà
Invisible, comme la Musique
Mais positive, comme le Son
Elle fait signe, elle déconcerte.
La philosophie, connaît pas
Et, à travers une Enigme, enfin,
La Sagacité finit par se faufiler
La deviner tourmente les clercs
Pour l'avoir, les Hommes ont enduré le mépris des Génération
Et la Crucifixion montré du doigt
La Foi glisse, et rit et reprend des forces
Rougit, devant témoin
Tire sur une brindille de Preuve
Demande à une Girouette le chemin
De grands Gestes,
de la Chaire roulent de puissants Alléluias
Aucun Narcotique pour calmer la Dent qui grignote l'âme
Ce Monde n’est pas Conclusion.
Un Ordre existe au-delà -
Invisible, comme la Musique -
Mais réel, comme le Son –Il attire, et il égare -
La Philosophie – ne sait pas -
Et par une Enigme, au terme -
La Sagacité doit passer -
Son concept, échappe aux savants -
Sa conquête, à des Hommes
A valu le Mépris de Générations
Et la Crucifixion -
La Foi glisse – rit, et se reprend -
Rougit devant témoin -
S’accroche à un fétu d’Evidence -
Et sur la Girouette, s’oriente -
Gesticulations en Chaire -
Grondements d’Alléluias -
Nul Opium ne peut calmer la Dent
Qui ronge l’âme.
Deux versions car deux traductions différentes. En tout cas, mon inconnue au tableau noir (dans la petite rue qui me mène au marché) en nous offrant ces fleurs et ces bouquets, sort des sentiers battus.
Bien qu'ayant entièrement consacré son existence à la poésie, Emily Dickinson (1830), la recluse d'Amherst, Massachusetts U.S.A. ne fut pas reconnue de son vivant. La hardiesse de sa pensée et de son écriture inquiétaient les éditeurs qui voulaient lui faire remanier ses poèmes, ce qu'elle refusa toujours. Seule Hélène Hunt, poète et romancière, reconnut son génie et l'encouragea. En dehors d'elle, les poèmes d'Emily ne furent lus que par le cercle de famille, élargi à quelques-amis à qui elle les offrait, en guise de « fleurs » ou de «bouquets » disait-elle. Même dans ce cercle de proches, elle se sentait rarement chez elle. Elle fut en rebellion, contre son père, avocat éminent et homme politique, contre les dogmes puritains de la religion, contre son mileu social. Elle veut entreprendre sa quête seule. « Le rivage est plus sûr, mais j'aime me battre avec les flots... » écrit-elle à 15 ans.
Ses poèmes reflètent le tumulte de sa vie intérieure, sentimentale et mystique, parsemée d'amours impossibles (une amitié amoureuse avec une camarade de classe qui deviendra sa belle soeur, puis avec deux hommes mariés, dont le dernier était pasteur), constellée d'invocations et de pieds de nez à Dieu. Le style novateur d'Emilie Dickinson a deconcerté et choqué ses contemporains. L'extrème densité de ses poèmes exprime une émotion intense. Passion et spontanéité donnent une écriture concise, elliptique, «explosive et spasmodique », comme elle la décrira elle-même. Par la poésie, elle se fait homme, femme, animal, objet. Tous les moyens lui sont bons pour questionner la vie et donc la mort, cherchant à connaître le monde, elle-même, Dieu, et prêtant à l'écriture des pouvoirs quasi-magiques pour l'aider dans cette quête: « un mot peut vous inonder quand il vient de la mer ».
Intéressante cette double traduction ... On voit combien il est diffcile d'apprécier le sel des oeuvres traduites , surtout en poésie !
RépondreSupprimerCela dit, l'Emily Jolie, elle était un peu allumée il me semble ... Un grain de folie pour terreau à la poésie ...
Je ne connaissais pas...
RépondreSupprimerLes traducteurs ont une grosse responsabilité... leur interprétation des textes peut en changer le sens et la vision de l'auteur.
C'est qui l'inconnue du tableau noir ? tu nous en parles souvent de ce tableau noir...
Je crois que j'irai m'aérer les neurones, il ne fait si mauvais que ça...
Bises du 7e Sud