vendredi 31 octobre 2014

Au tableau... noir

La vallée où ils vivent et meurent
est pareille à un vieux bol cassé
où ils ne mangent plus à leur faim

Sur les seuils le soir ils restent muets
sachant que les paroles sont dites
et tout désir déjà épuisé

Humblement ils tendent leur vieux bol
vers les étoiles qui toujours passent
vers les loriots qui ne reviendront plus.

François Cheng



mardi 28 octobre 2014

COUCOU !!!!

Mais où sont passées les MAMY gâteaux ou confitures, jeux de société, promenades ou autres ????

Elles font du MA(ternage)MY !!!!!

jeudi 23 octobre 2014

MERCI PRALINE !

PRALOGNAN LA VANOISE : lac des Vaches et la Grande Casse ! Seize ans, pensionnaire, insouciance et rires, heureuse, amoureuse à jamais de la montagne !

lundi 20 octobre 2014

QUESTIONS.... posées par Pablo Néruda

Dans les vertus oubliées, puis-je

me tailler un costume neuf ?

 
Pourquoi les plus belles rivières

sont-elles allées couler en France ?


Pourquoi la nuit de Guevara

ne s'aube-t-elle en Bolivie ?


Là-bas, son cœur assassiné

recherche-t-il ses assassins ?


Et le raisin noir de l'exil

n'a-t-il d'abord un goût de larmes ?
 
 
Voici donc ce qui était écrit au tableau noir ce dimanche matin... des questions que se posait Pablo Neruda. Rentrée à la maison, j'ai consulté Google et j'ai retrouvé la liste, interminable, de ces questions dont certaines sont savoureuses.
Excellent exercice de style !
 
Petit clin d'œil : à Vallon-Pont-D'arc la municipalité n'a pu se décider et a donc nommée la grande place du bas du village : ALLIENDE-NERUDA ! D'une pierre deux coups ! Seulement voilà, j'ai entendu : "Neruda, il se prénommait Alliendé ?


 
 
 
 


vendredi 17 octobre 2014

Balivernes.......


Aujourd’hui, Jeanne nous a offert quelques jolies balivernes. Voulant l’imiter, sans toutefois utiliser le même intitulé pour mon billet, j’ai cliqué  sur le dictionnaire des synonymes de Word, ce qui a donné : sornette, niaiserie, bêtise, sottise, idiotie, insanité, stupidité !
Il n’est pas plus gentil, mon Robert ;  propos futiles et creux...
Mais il est plus poétique : billevesée, calembredaines, chanson, fadaise, faribole, histoire...
Que choisir ? Une far(andole) d’historiettes légères ?
Finalement, c’est bien le mot d’anecdote qui convient le mieux !
Anedoctons donc !
Grâce au soleil, aujourd’hui, je me suis sentie d’humeur joyeuse. Pourtant, les commerçants se font moins nombreux sur le marché. Les clients le boudent. Conséquence ; légumes et fruits moins frais mais non moins chers ! Qu’importe, j’achète du lapin et rien d’autre. Si... trois jolis petits cyclamens dits ‘sauvages’.  « Lesquels sont plus florifères ? » - « Ils ont tous des boutons » - « Je voulais dire lesquels fleuriront le plus et plus longtemps. Je vous demande cela parce que, sur les trois, l’an dernier, le blanc a fané tôt et n’a plus refleuri » - « Il faut prendre la vraie couleur cyclamen, les autres étant des hybrides ». Bien, c’est noté !

Je passe devant le tableau noir de mon menuisier poète : noir, vide... Je prends la craie dans la boîte et j’écris : « alors, et notre poésie, elle nous manque » !

Après-midi : coiffeur. La tignasse a épaissi, elle est incoiffable et ne correspond pas à l’humeur du jour. Trajet : à pieds, pour profiter d’un ciel incroyablement bleu, d’un soleil chaud, d’un air doux. Gentil accueil. Lavage parfait sans coulure d’eau dans le cou. Et hop, face à face avec la glace ! Aïe ! Le cou et son fanon qui pend ! Et la peau du visage qui ressemble à ces terrains atteints de sécheresse... sillons, craquelures, relâchement. Et pourtant, je me soigne "parce que je le vaux bien" ! Mais 4 mois de plein air, soleil, vent, piscine...

Parfait :  je me plais avec ma coupe fraîche. Demain, on va au restaurant avec mon Lépoux et sa bande d’anciens collègues de travail. Les vacances commencent ce soir. ... J'espère que sa cadette institutrice reprendra des forces et verra certains de ses problèmes se résoudre. Mon petit-fils passera 4 jours avec nous.

Je pourrais faire une liste : raisons de ne pas avoir le moral même si le temps est incroyablement printanier !  Elle serait longue.

Je me contente donc de :

"Vivre !
Il faut vivre partout, dans la boue et le rêve
En aimant à la fois et le rêve et la boue
Il faut se dépêcher d'adorer ce qui passe
Un film à la télé, un regard dans la cour
Un cœur fragile et nu sous une carapace "

mardi 14 octobre 2014

UN TRAIN PEUT EN CACHER UN AUTRE !


 
"Je suis prête, Mémé. Il faut juste un gros pain ?"
"Oui, vas-y maintenant et surtout ne lambine pas. Rappelle-toi, si la barrière se baisse, tu ne passe pas, même en courant mais tu as largement le temps de franchir la gare avant le passage de l'express".

Au temps de mon enfance, pour aller à l'Arbresle, en descendant d'Eveux, il fallait traverser deux fois un passage à niveau (deux voies pour les trains de marchandises et les machines haut-le-pied qui manœuvrent, un terre-plein, puis de nombreuses autres voies pour les trains de voyageurs.

Mémé a été garde-barrière à la gare de l'Arbresle, d'où sa crainte bien fondée pour le trafic ferroviaire. De plus, elle a gardé en mémoire les horaires de passage des énormes locomotives à vapeur déboulant parfois sans marquer l'arrêt en gare. Depuis le bas de la coursière des Fauvettes, j'entends parfois leur souffle puissant, battement d'un cœur colossal ou respiration effrayante, pendant tous le temps où la pompe les ravitaille en eau. Je suis fascinée par ses montres noirs, terrifiants, surgissant dans un vacarme phénoménal.

Voilà pourquoi, alors que la petite cloche grêle s'affole pour avertir que le convoi est annoncé et que les barrières rouges et blanches vont s'abaisser, je marche le plus lentement possible, espérant assister au spectacle fantastique qui me trouble. Elle débaroule, la "bête humaine" ; mon cœur s'accélère, mes jambes tremblent, le bruit me transperce, me traverse, me remplit, me secoue. J'en ris, j'en pleurerai presque. Voilà, c'est fini !

La barrière s'ouvre. Je traverse. J'attaque la route d'un bon pas, courant presque, essoufflée. Il s'agit de rattraper le retard pour faire croire à Mémé que j'ai traversé "avant" et ne pas me faire gronder !
De toute façon, dans sa guérite, le garde-barrière veille et sévit contre les imprudents qui ouvrent le portillon tardivement.
Longtemps, Mémé a eut une amie à qui elle rendait visite dans la minuscule maison vitrée, et je l'accompagnait. Toutes deux connaissaient tous les horaires par cœur : "le n°... en provenance de...  a déjà      mn de retard" - "ces machines haut-le-pied ne font qu'aller et venir sans avertir" - "il y a des trains de marchandises en supplément pas annoncés" - "on a supprimé la Micheline de 16 heures le lundi"... Et de remplir sérieusement son rôle tout en tricotant et en devisant gaiement, et instruisant Mémé de toutes les nouvelles du pays et des retraités !
Sur la première photo, à gauche, on voit la petite maison que mes grands-parents habitaient avant de faire construire à Eveux (partie basse, rideaux à la fenêtre). La gare est le grand bâtiment clair en haut à droite. Lorsque je passais par là, la petite maison sombre à droite n'existait pas.

A l'heure actuelle, la route passe sous les voies et il existe des passages souterrains pour se rendre d'un quai à l'autre.
On a même construit un "pôle" moderne pour le tram-train !

Le poste d'aiguillage en brique rouge a été conservé au titre du patrimoine.

Voilà ! J'aurai pu vous montrer la photo de mon papa et mon oncle devant la belle locomotive que ce dernier conduisait...

Et vous mettre aussi la photo d'une splendide "Pacific" !

Tiens, j'ai oublié de vous raconter que, pendant la dernière Guerre, un conducteur de ces splendides vapeurs, attachée à son outil comme à un animal vivant - à la fois maître et esclave - a lancé volontairement sa machine à toute vitesse dans le tunnel précédant la gare; tunnel très dangereux, en forte pente et tournant. Il savait qu'elle allait dérailler et retarder ainsi l'invasion des troupes allemandes. Bel acte de résistance ! Il en a versé des larmes !

samedi 11 octobre 2014

DEUX ALLER-RETOUR POUR L'ARBRESLE, S.V.P.

     Eté 1950 :
     Ma petite gare de Lyon-Gorge-de-Loup se trouve à la sortie du tunnel qui vient de Lyon Saint-Paul. La salle d'attente et mon bureau sont situés dans l'épaisseur d'une énorme muraille et donnent sur le quai par deux grandes ouvertures en arrondi protégées par une marquise. Des escaliers, partant du quai, gravissent la paroi abrupte et conduisent à une terrasse et à ma petite maison en briques rouges.  "Là-haut", c'est la campagne ; "Champvert"... avec des vaches dans les prés ! Comme vous l'avez deviné, je suis chef de gare : ne souriez pas, ne chantez pas l'immonde refrain trop connu. Mes journées sont bien remplies mais, le soir, je retrouve ma femme fidèle et ma petite famille sans histoire.
     Comme tous les dimanches, une petite blondinette timide, apeurée presque, avec un regard méfiant, est accompagnée de son frère aux cheveux très bruns. Elle atteint à peine le guichet. Je ne leur demande pas leur carte SNCF prouvant qu'ils sont enfants de cheminots. Je connais bien leur père (ouvrier caténaire œuvrant pour l'électrification) qui transite souvent par ma gare et possède un "jardin du cheminot" à Tassin. Ces deux enfants ont l'habitude de voyager seuls et savent lire la pancarte que j'affiche un peu avant l'arrivée du train. Mais je les surveille car selon l'heure à laquelle ils partent, il leur faut parfois se rendre sur le quai n° 2, ce qui est dangereux s'ils n'ont pas pris leurs billets suffisamment tôt et qu'un train arrive simultanément sur le quai n° 1.
     Le soir, ils reviennent portant des cageots lourdement chargés de légumes et de fruits. Dirigeant toutes les opérations,  je suis présent pour surveiller la descente des voyageurs et veiller à ne pas donner le signal avant que tout le monde ait pris le temps de descendre.
      Devant la gare, il existe un réseau de voies ferrées : là, des trains de marchandises rentrent ou sortent de l'Usine Rhodiacéta toute proche,  plus loin stationnent des wagons vides ou en attente de départ. Derrière cette esplanade, de petites cabanes de jardin règnant sur des carrés de légumes parfaitement ordonnés, se donnent des airs de maisons de campagne avec leurs tonnelles ombragées, leurs massifs de fleurs. Le linge y sèche sur des fils tendus le long des allées centrales tandis que les ménagères, après avoir désherbé, arrosé ou récolté, tricotent ou cousent en surveillant que les enfants ne piétinent pas les bordures d'oseille, de thym, de persil, de fraisier, d'œillets d'Inde.
      A vrai dire, les enfants préfèrent sortir du jardin pour grimper et se poursuivre  d'un tas de traverses à l'autre ou grimper en catimini dans les wagons de marchandises vides pour rêver d'aventure en tremblant un peu dans la crainte qu'une locomotive les emmène au loin.
       Le terrain dégringole jusqu'aux groupes scolaires Louis Loucheur - maternelle, filles, garçons - sous les yeux bienveillants des nombreuses fenêtres du  groupe de HLM. Devant une partie de ces habitations, une esplanade un peu en surplomb créée par la démolitions d'abattoirs étalent des jardins potagers bucoliques.
       Ce paysage, somme toute pas si désagréable, ni laid aux yeux de ses habitants, est hélas, par temps de brouillard, pollué par la fumée malodorante des énormes et bruyantes locomotives à vapeur pas encore détrônée par la Micheline pour ce qui concerne les grandes lignes. En ouvrant les fenêtres, les ménagères disent : "tiens, le temps va changer, ça sent la fumée" - ou bien "on entend siffler les machines avant qu'elles sortent du tunnel, le vent tourne".
      Mais le plus grand empoisonneur du quartier demeure encore l'usine Rhodiacéta qui, par n'importe quel temps, et encore plus par temps de pluie, vent, brouillard, répand une infâme odeur d'œuf pourri ou pire.

2014 : la gamine est devenue grand-mère et la gare pôle multimodal... la Rhodiacéta et autres usines, ateliers, entrepôts du quartier ont disparus. A la place, des bureaux, des bureaux, encore des bureaux ! Les HLM (renommés DONJON) sont toujours debout, perdus au milieu d'autres immeubles (qui ont poussé sur le site SNCF et remplacé les jardins)... et il y a maintenant des hôtels ! Le creusement du métro a révélé un site archéologique et des trésors importants. La villa Bini, vestige d'un riche florentin, a été restaurée et conservée. Elle n'a plus à subir la pollution des cheminées de locomotives ou d'usines !


    

lundi 6 octobre 2014

"MARRANTE, TA BANNIERE" !

"Mamy, tu l'as toujours le livre des histoires que tu me lisais le soir" ?
Bref instant de panique : les neurones s'agitent.. oui, c'est sûr, j'ai réussi à le sauver des griffes du Papy-ki-range-tout-et-jette-ce-ki-sert-plus ! Mais où l'ai-je mis ? Pas ici, ni là, ni là, ni là-haut, ni au fond... et s'il avait été mis à la cave et donné à Emmaüs par mégarde ? Sa recherche occupe mentalement mes insomnies. Le lendemain : illumination ! Oui, il est bien là ! Avec "Camille la chenille" et "il neige" !
Oui, je concède à Jeanne que l'histoire de Camille n'est pas extraordinaire mais nous jouions surtout à : "Grâce" ? "La limace" - "La libellule" ? - "Ursule" ! Le tout ponctué d'éclats de rire moqueurs parce que Mamy ne savait pas !

"Marrante ta nouvelle bannière" a dit Jeanne.
Mais surtout émouvante pour moi. Mon petit bonhomme, que j'équipais de sa couche pour la nuit étendu sur mon grand lit, m'échappait pour se cacher derrière le lit.. tandis que je faisais mine de le chercher, il passait vite de l'autre côté en escaladant. A peine revenue vers lui, il repartait. Au bout d'un moment de rires, de (fausses) protestations, je faisais ma (fausse) grosse voix, les (faux) gros yeux et menaçait : "si tu continues, nous n'aurons pas le temps de te laisser choisir l'histoire et je n'en lirai qu'une toute petite".
Alors, un petit bonhomme en pyjama, sagement assis calé par un gros coussin, les grands yeux bien ouverts pour bien observer l'illustration, choisissais avec soin parmi les histoires, qu'il connaissait déjà par cœur, la plus ...longue. Papy faisait mine de rouspéter : "Alors Mamy, c'est pas bientôt fini cette histoire". En fait, après la longue histoire, Mamy s'était laissé attendrir et en lisait une "toute petite"... Mon Petit Prince connaissait par cœur leur place dans le livre et le temps qu'il fallait pour les savourer !
Ah, ces rires partagés, les câlins en changeant les couches, en mettant le pyjama, le dernier bisou avant d'éteindre... Le souvenir de ces moments inoubliables, partagés également avec la Petite Princesse, empêche mon vieux cœur racorni de se dessécher !

"Allez , lâche pas ce blog , accroche toi !" a dit Jeanne !

Si c'est pour raconter des trucs pareils, elle pourrait s'abstenir la Taty !
Certes, elle ne sait pas bien s'exprimer car, en fait, ce qu'elle voudrait faire comprendre c'est qu'elle espère que, secrètement, ses deux petits-enfants garderont le souvenir de quelques bons moments partagés, de jeux, de vacances, de promenades-bavardages, de découverte de sites, d'une exposition, d'un tableau, d'un livre... et qu'ils leur serviront de "bouée" en cas de détresse !
Une étoile dans la nuit pour retrouver sa route !

"Avoir été peut-être utile - c'est un rêve modeste et fou - vous me mettrez avec en terre - comme une étoile au fond d'un trou".... (Aragon)

Un blog, des mots hardis, prétentieux ou timides, vides ou trop lourds, écrits vains  jetés en pâture au lecteur.  Facile de les amener du cerveau au stylo. Mais s'ils ne passent pas par le cœur et l'âme, battements accélérés, griffures de plume et encre rouge... encre violette, violence... encre verte, espoir ou désespoir, maux d'humeur mauvaise, mots roses d'humeur grise, mots non-dits, ce ne seront que vocables incompris comme ceux qui trainent dans le caniveau avec nos feuilles mortes jetées à la poubelle.