mardi 9 février 2010

CHAMPAGNE... EN ARDECHE !!!

Encore un billet instructif ? Elle nous barbe la Tatydanylyon ! Rassurez-vous, ce n'est pas une visite imposée. D'autre part, je ne suis pas "bigotte" mais j'aime beaucoup, au hasard de mes promenades, visiter ces églises de modestes villages qui m'impressionnent par leur prouesse d'équilibre, par la somme de travail, de sueur, de peine nécessitée... Ce n'est pas Chartres, ce n'est pas Reims, mais c'est peut-être plus sincère, plus vrai, plus émouvant.
 
1)Vue générale - 2)Agrandissez pour voir les détails de la façade - 3)La Cène comporte 15 personnages : les intrus sont des serviteurs ! 4)les contreforts latéraux : la deuxième rangée de fenêtre éclaire le déambulatoire à l'étage supérieur.
 
Impressionnante élévation, piliers solide mais beauté et élégance malgré l'austérité. Image suivante : la crêche est encore là : et le choeur sous sa voûte est représenté de façon stylisé. Sortons : de l'autre côté de la rue, une entrée sous ce qui reste des remparts... Une "annonciation" colorée nous accueille.
 
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Après-midi pas trop maussade ce jeudi 4 ? En voiture ! Direction du Sud, Vienne, on prend Soeurpetite au passage, puis Serrieres... son pont suspendu date de 1828, créé par les ingénieurs Marc SEGUIN et MONTGOLFIER, à péage jusqu’en 1884. Jadis, importante activité de batellerie (bateaux chargés de bois entre autres qui faisaient la difficile descize (descente du Rhône). Anecdote amusante, la rive droite du Rhône était dite riaume parce qu’elle était sur le Royaume de France, et la rive gauche empi, parce qu’elle appartenait au Saint Empire romain-germanique. Nous allons jusqu'à ROCHEVINE pour faire provision de vin, puis nous revenons sur CHAMPAGNE où, au passage, une vieille église avait retenu notre attention par sa grande façade austère bizarrement parsemée de sculptures. Il s'agit de l'Église Saint-Pierre, imposante bâtisse romane du XIe, reprise au XIIe. C’est une des trois seules églises en France avec la cathédrale du Puy, Saint-Hilaire de Poitiers, dont la nef est composée de trois coupoles sur trompes. Impressionnant chef-d'œuvre de l'art roman, conçue comme une Église forteresse. La façade et autres murs sont décorés de pierres sculptées dispersées au hasard et qui sont sans doute des pierres réemployées. Le chœur est surélevé sous une voûte en demi-coupole, délimité par six colonnes imposantes, banquette de pierre tout autour et déambulatoire derrière. L’église comporte aussi une tribune-déambulatoire en hauteur qui conduit à une minuscule chapelle et qui servait sans doute de lieu de retranchement en cas d'attaque. Champagne était une "enclave" du Dauphiné dans le Royaume de France et appartenait aux puissants comptes d'Albon établis de l'autre côté du Rhône. Une réunion des évêques du Royaume de Bourgogne se serait tenue à Saint Pierre de Champagne vers 1026. Cette église devint un prieuré de l'abbaye Saint-Chef en Isère, puis simple paroisse à partir de 1328. Depuis 1968, une communauté de chanoines de Saint-Augustin s’y est établie. Les offices canoniaux sont célébrés d’ailleurs quotidiennement sous les antiques voûtes.

samedi 6 février 2010

Ni le Pont de l'Université...


ni le Pont Lafayette dont il ne restait rien ! Après recherche, il s'agit du Pont du Midi inauguré en 1891, sur le Rhône bien sûr, devenu Galliéni en 1916. Réparé fin 1946 mais fragilisé : tonnage limité. Démoli et reconstruit au fur et à mesure, de 1962 à 1965 et inauguré dans une forme complètement différente le 30 octobre 1965.
A la fin de la guerre, tous les ponts de Lyon se sont retrouvés dans des états plus ou moins catastrophique et je me souviens de ces trottoirs de planches qui laissaient voir les flots inquiétants. J'avais une peur bleue. Lépoux possède des trésors de photos noir et blanc, de quoi alimenter ses souvenirs et mes blogs en cas de panne d'idées. En tout cas, c'était à la fois le bon temps des rires et de l'innocence malgré tout, et les mauvais jours de restriction, de bombardements, de peur que notre mémoire a occulté en partie. En tout cas, c'était l'époque douce de l'enfance, le noyau, les racines, ce qui nous a façonné, fondé. Nostalgie, mais pas vraiment tristesse, plutôt chaude émotion qui remue un peu le coeur que l'on croyait racorni !

vendredi 5 février 2010

MEME EPOQUE, AUTRES LIEUX...

 
Vous pouvez cliquer pour agrandir !
La "patronne, ses enfants, et sa sympathique équipe d'apprenties et d'ouvrières !
 
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Tandis que Tatydanylyon vivait dans sa « presque banlieue », Lépoux avait pour terrain de jeux les trottoirs d’une grande artère lyonnaise où sa maman possédait un magasin de dégraissage-stoppage et le gone était né là, dans l’appartement au-dessus, deux pièces pour quatre personnes. La famille accédait cet appartement – situé côté ombre du Cours - par un escalier malcommode situé au fond de la boutique. La pièce, dite salle-à-manger, fenêtre sur le Cours, avait un petit coin cuisine qui servait aussi à la toilette. A côté, une autre pièce, avec fenêtre aussi, était la chambre des parents. Pas de W.C. Il fallait redescendre dans la boutique, sortir sur le trottoir, remonter dans l’allée d’à côté, au premier étage, pour trouver les W.C. sans eau courante sur un palier.
Lorsqu’il était resté longtemps assis dans la boutique, sage ou espiègle, à écouter chanter et deviser les jeunes apprenties et les ouvrières – lorsqu’il les avait un peu taquinées et fait se fâcher sa mère - il sortait pour faire de la voiture à pédale, de la trottinette, du patin à roulettes sur le trottoir. Il tournait le coin de la rue des Passants pour regarder le maréchal-ferrant suer et ahaner dans sa forge. Il y avait alors dans la ville de nombreux chevaux transportant les pains de glace, les caisses de boissons, le charbon... Il aimait lorsqu’il y avait un travail fini à livrer chez l’excellent pâtissier voisin ; on devine pourquoi. Autres distractions : les chanteurs des rues dont raffolaient les demoiselles... le rémouleur, le vitrier, le patti (marchand de patosses, chiffons en Lyonnais).
Sur la place toute proche, au milieu du carrefour, sous l’horloge, il aimait voir s’agiter l’agent avec son bâton blanc (ceux qui passaient en vélo, avec leur pèlerine, on les appelait les hirondelles).
Le papa de Lépoux était menuisier-ébéniste et fabriquait du meuble sur mesure. Et aussi des carcasses de tables de nuit, chiffonniers, semainiers, petits bahuts avec niche, argentiers, des supports pour miroir de Venise, que son beau-frère, miroitier-graveur recouvrait de glace. Les deux hommes travaillaient dans un atelier à Montchat et le petit bonhomme avait là de quoi observer et se distraire aussi.
Les soirs d’été, pour se détendre, la famille rejoignait des amis dont la femme tenait une boutique de repassage-dégraissage et qui avaient des enfants du même âge que Lépoux et sa sœur. Les chaises étaient sorties sur le trottoir et l’on bavardait tard dans la nuit. Parfois, on descendait sur les quais du Rhône tout proche où les gamins pouvaient s’ébattre sans écouter les secrets des grands. Les dimanches, on allait à pieds jusqu’à Cusset, Montchat, Cours de Verdun, Champvert, pour visiter la famille.

mardi 2 février 2010

CHEMINER AU LONG DE FEVRIER


 

 
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Appeau des mots : la peau des maux.
S’en défaire, se dévêtir de ses oripeaux.
Apprendre à écrire sur le sable puisque le talent manque pour graver ses victoires dans la pierre.
Poésie de bric et de broc,
chaos de briques, de sable, de rocs,
sans rythme ni raison, ni rites, ni saisons, ni maisons
au bout de la voie sans issue.
Voix étouffée d’ornières et d’herbes folles.
S’écorcher vive aux ronces de la plume d’acier.
Noircir la feuille morte ; foliation, filiation, descendance.
Descendre, et remonter, et suivre les fondrières du chemin.
Les nuits mensonges s’allongent mais les jours vérité triompheront.
Vite, vite, là-bas, enfin arriver, s’asseoir, boire, rire et sourire. Mon cœur fond de tendresse comme la neige disparue.
Arachnéenne, la fine toile de l’épeire arpège ses gouttes de cristal.
L’aube est églantine et le couchant corail.
Février parcouru, au bout du sentier apparaîtra le renouveau.
Volets ouverts, paroles libérées, aérées, aérienne.
Appeau des mots, appel, éclair dans l’œil, éclats de rire !

lundi 1 février 2010

Une H.L.M ? Et oui, une formidable H.L.M. !

Légende des photos : l'aspirateur-traineau Paris-Rhône a supplanté le fameux mange-moutons ! Mon père réparait lui-même nos souliers. C'était un fameux bricoleurs dans des tas de domaines. Avec les économies, il a pu s'offrir une moto Gnome-Rhône pour succéder à son précieux vélo !
 
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Et oui, ne pas perdre de vue qu’à cette époque les familles demeurant là étaient les mieux loties du quartier. Des appartements suffisamment grands pour loger des familles nombreuses, des pièces claires, aérées, eau courante, gaz, électricité, des W.C. dans l’appartement ! Dans l’épaisseur du mur, sous la fenêtre de la cuisine, il y avait un garde-manger ouvert sur l’extérieur par une claire-voie. Certes, pas de chauffage central mais, dans le séjour, un bon gros poêle LEAU qui, hélas, ne suffisait pas à chasser l’humidité remontant dans les murs situés au Nord et qui n’empêchait pas les magnifiques fleurs de givre de s’épanouir sur les vitres des chambres ! L’eau chaude était fournie par un chauffe-eau sur l’évier en pierre jaune de la cuisine. Avant le gros poêle, il y a eu, dans la cuisine, le fourneau émaillé bleu avec sa bouillotte. Par la suite, mon père a installé un lavabo dans le débarras, non chauffé, situé dans le hall ; ce qui a offert un peu plus d’intimité à tous obligés de se laver dans la cuisine fermée par un rideau de reps. La chambre des filles donnait sur le couloir, en fait un beau hall carré, carrelé, non chauffé tout comme la chambre, et qui nous servait de salle-de-jeux. Là, s’ouvrait aussi la porte des WC (coin lecture et refuge pour ceux qui fuyaient l’essuyage de la vaisselle ou les colères d’une maman excédée), celle du débarras, qui à partir de 1954 abrita aussi une machine-à-laver (grande fierté : Thomson cuve ronde à agitateur, chauffage au gaz et rouleaux d’essorage à main !) et on entrait dans le séjour ouvert sur la cuisine et sur les chambres par deux portes (les parents, les garçons).... En 1948, la famille se composait d’un garçon de 15 ans, d’une fille de 8 ans (moi), un garçon de 7 ans, une fille de 5 ans et une autre naissait. La petite dernière est arrivée en 1953 seulement. Plus tard, mon père construisit une cloison avec partie vitrée pour agrandir la cuisine et isoler un peu le séjour dans lequel, ensuite, fut installé un cosy.
Vingt quatre ans d’une vie dans ce décor qui ne changeait pas très souvent... des pleurs, des malheurs, des heurts, mais aussi du bonheur... Hélas, des remords au souvenir de cette maman que l’on jugeait ordinaire et qui était extraordinaire, d'un père qui nous bousculait sans doute parce que la vie l’avait tellement bousculé. Et le regret de ce goût incomparable de l’enfance qui, toujours, au moment le plus inattendu, remonte à vos papilles, vous titille le cerveau, vous mets des larmes-pampilles aux paupières, vous vrille le cœur...

vendredi 29 janvier 2010

J'avais cinq ans et j'aimais ce quartier...

Le côté A de l'actuelle rue Louis Loucheur : la boulangerie est toujours là mais la pharmacie a disparu. Il y avait une boucherie, le Bon Lait, une épicerie. Dans les petits bâtiments à gauche, une droguerie, le Casino. Là, passaient les lignes 2 et 3 des... TCL !!! Bien sûr, pas d'autres bâtiments à part nos HLM pas blêmes et surtout pas la grande tour au lointain...
 
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Légende des photos : le 21 B de l’ex-rue Louis Loucheur, actuelle rue Jean Zay. Nous occupions le premier étage. Les menuiseries étaient en bois, bien sûr, avec des stores à petites lamelles. Les cours n’étaient pas goudronnées et nous jouions sur les larges trottoirs en ciment. Pas de voitures dans les rues en 1945, mais beaucoup de vélos, quelques motos, les triporteurs du Casino, du Bon Lait, et du laitier avec son chien.

Avant d’être de Lyon, je crois que j’étais de mon quartier, comme les dix gamins choisis par un journal pour parler de leur ville.
En 1945, un groupe de HLM Loi Loucheur s’élevait déjà dans ce quartier excentré de Lyon que l’on nommait Gorge-de-Loup, avec sa petite gare SNCF sur la ligne St-Paul-Charbonnières- L’Arbresle-Lozanne, son immense usine Rhodiaceta (ex. rue du Tunnel) et ses nombreuses autres petites usines, ateliers, entrepôts... Ceux qui prennent le métro à Gorge-de-Loup ont sans doute du mal à s’imaginer que cette partie du cinquième arrondissement - devenu neuvième - était comme un village, avec ses terrains vagues, sa cour des miracles, ses jardins ouvriers (établis sur les ruines des abattoirs) devant l’esplanade de la gare, ses trois groupes scolaires en préfabriqué qui ont survécu jusqu’en 1959 avec leurs énormes platanes dans les cours couvertes de petites cailloux ronds. Tout le monde connaissait tout le monde. Les pères étaient ouvriers plus ou moins spécialisés, cheminots, traminots.... Les mères, au foyer, dans ces années d’après-guerre, se donnaient beaucoup de mal pour élever leur plus ou moins grande famille. Nous envions les quelques rares filles uniques qui n’avaient pas à finir d’user les vêtements de leurs aînées. A la sortie de l’école, et pendant les vacances, les cours et les trottoirs étaient nos terrains de jeux : corde à sauter, marelle, jeux de balles et ballons, et aussi dînettes et poupées. Les garçons jouaient aux billes, faisaient du patin à roulettes, sévissaient avec leurs lance-pierres et nous taquinaient. Ils construisaient des "charriots" avec des planches, des roues de patins à roulette, une ficelle pour guider l'axe mobile avant. Les jours de pluie, les gens du rez-de-chaussée sortaient leurs plantes vertes sur le trottoir. Le jeudi, les filles allaient à l’ouvroir. Le dimanche, avec nos beaux habits du dimanche, nous descendions jusqu’à l’église St Pierre-de-Vaise. A côté de l’église, il y avait une incroyable confiserie où nous dépensions la menue monnaie grignotée sur la quête. L’après-midi, avec les souliers neufs qui faisaient mal aux pieds, nous faisions de longues promenades avec les parents. A l’endroit où maintenant les automobilistes s’engouffrent dans le tunnel-cauchemar, c’était la campagne, avec des vaches dans les prés de Chamvert. J’ai le souvenir d’une limonade que nous buvions à une terrasse de café, luxe suprême. Souvent, nous prenions le train (père cheminot oblige) pour rendre visite à nos grands-parents qui possédaient une maison à Eveux.
Jamais je ne me posais la question de savoir si j’étais heureuse ou pas, si j’aimais ou pas ce quartier que j'ai quitté à l'âge de 24 ans pour me marier et habiter "en ville" comme nous disions alors.
A ce jour, j’éprouve de la nostalgie, non pas pour le grand appartement en lui-même mais pour tout ce qui s’y est passé, tout ce que j’ai éprouvé. Je n’aime pas ce que ce quartier est devenu ; j’ai du mal à y retourner.

jeudi 28 janvier 2010

Le Petit Prince... répond

Chaque mois, je prend le gratuit "Grain de Sel" à la Mairie ou chez un commerçant. Dans le numéro de ce mois, de charmants bambins de 10 ans (l'âge du journal) parlent de leur ville et du quartier qu'ils préfèrent. J'ai aimé le coup d'oeil du photographe pour le portrait de ce gamin, heureux et souriant, assis sur le Gros-Caillou ! Et ça m'a inspirée ! Bonne piste pour un billet ! J'ai suivi mon esprit vagabond !
Duli, c'est son prénom, aime ce coin parce qu'il y joue avec ses copains, que c'est grand, que c'est vert, et que, de l'esplanade, il peut voir le Mont Blanc. Entre autres, il aime son école, sa rue, les gares parce qu'il aime bien voyager, et le zoo du parc de la Tête d'Or !