jeudi 27 mars 2014

LES TROIS-QUARTS DU TEMPS


Quand je ne pourrai plus lire, satisfaire mes fringales de chocolat et parcourir (ma ville ou la campagne) des plages en traquant la crevette aux grandes marées ; quand on m’aura fait passer le goût du vin avec des discours raisonnables ; quand je ne trouverai plus un bonheur idiot dans le simple geste d’ouvrir chaque matin mes volets sur la lumière ; quand je n’aurai plus le courage de râler contre le temps comme je l’ai fait avec entrain toute ma vie ; quand je ne saurai plus que me lamenter au lieu de vitupérer ; quand je ne ferai plus de mal à une mouche ; quand je penserai à mon cholestérol avant de savourer du beurre salé à la cuillère ; quand je deviendrai jalouse de ce que font les autres ; quand je ne parviendrai plus à (glaner pour cueillir une fleur, sentir des herbes, ramasser un fruit, un caillou) mettre un genou en terre pour (dire à la nature que je l'aime, que j'ai besoin d'elle pour me ressourcer) parler à l’oreille de mon jardin ; quand je préfèrerai me coucher que de sortir avec mon meilleur ami... Quand enfin je sentirai ce qu’on appelle le poids des ans et ne bénéficierai plus de cet âge imprécis que l’on a dans ses rêves, que je me laisserai impressionner par le verdict des miroirs au lieu de me fier à mes certitudes intérieures ; en un mot quand je ne trouverai plus de plaisir à mes plaisirs et trop de peine à mes peines, je renoncerai à survivre, (j'aimerai ne pas devoir survivre). Car la vie, c’est moi. Ce n’est que moi.
 
En noir, le texte de Benoite GROULT.... en italique, entre parenthèses et en rouge, ma version.....

vendredi 21 mars 2014

Ce matin, au tableau noir....


LES RAINETTES, LE SOIR

I

Rauques étaient les voix
Des rainettes le soir,
Là où l’eau du bassin, coulant sans bruit,
Brillait dans l’herbe.

Et rouge était le ciel
Dans les verres vides,
Tout un fleuve la lune
Sur la table terrestre.

Prenaient ou non nos mains,
La même abondance.
Ouverts ou clos nos yeux,
La même lumière.

Ils s’attardaient, le soir,
Sur la terrasse
D’où partaient les chemins, de sable clair,
Du ciel sans nombre.

Et si nue devant eux
Était l’étoile,
Si proche était ce sein
Du besoin des lèvres

Qu’ils se persuadaient
Que mourir est simple,
Branche écartée pour l’or
De la figue mûre.

(Yves Bonnefoy)

dimanche 16 mars 2014

Le tableau noir dans la petite rue...


    Je sais : la poésie est fille du sacré.
Mais fille de mauvaise vie qui met en toute chose la transcendance et le chant :
dans les pierres ou le vent
Dieu, les anges ou Satan
l'herbe, le marbre, l'amour
la débauche ou la nuit.
     La poésie requiert l'ombre, la révolte
le secret murmuré et la profanation pour n'être jamais absolument profane.
     Ce n'est qu'à la mesure du blasphème que s'éveille l'illusion de la divinité. -
André Velter

Insensibles à la poésie, insensibles à la beauté naïve de la primevère, insensibles à la beauté de ma ville ???? Après tout, c'est votre droit.
Allez, salut, je pars me promener et respirer le long de mon fleuve préféré en compagnie de mon amie Françoise !
....
Nous avons marché tout le long des Berges du Rhône, du Pont de la Guillotière jusqu'au Parc de la Tête d'Or dont nous avons fait le tour (4 kms).
Là, on peut admirer les fleurs :
Ou bien se documenter :

lundi 10 mars 2014

ELLE EST DE RETOUR !!!!

La primevère, annonciatrice de renouveau ?????

MAIS NON, MIEUX QUE CELA.... ELLE, SI LONGTEMPS ABSENTE, APRES UN LONG CHEMIN DANS LE FROID, LA CAILLASSE, LA BOUE... ELLE...  M A D O R A !!!!!

lundi 3 mars 2014

VILLES... TROU...VILLE, BELLE...VILLE, VILLE... NEUVE...

Le cœur d'une ville change plus vite, hélas; que le cœur d'un mortel (Baudelaire)

Il faut être nomade, traverser les idées comme on traverse les villes et les rues (Francis Picabia)
Ma belle ville s'offre le luxe d'être traversée par deux cours d'eau...
La Saône, douce rivière bucolique, campagnarde à la robe verte, qui préfère les façades plus modestes aux teintes ocres (photo 2).
Le Rhône, fleuve impétueux, majestueux : ces eaux sont une belle pâte de verre couleur émeraude. Il s'étale et parade, fier de ses larges berges, de ses ponts monumentaux (photo 3).
  
Elle a mille ans, la ville - la ville âpre et profonde : et sans cesse, malgré l'assaut de jours - et des peuples - minant son orgueil lourd, elle résiste à l'usure du monde (Emile Verharen)
Elle a plus de mille ans, ma ville moyenâgeuse, Renaissance... et même Gallo-Romaine !

Mais elle est audacieuse et s'enorgueillit d'un Pont "design" mode déplacements doux : tramway, piétons, vélos... et bancs pour admirer le Confluent !
Et, à la pointe du Confluent, lieu symbolique des noces de deux cours d'eau aussi différents que les facettes offertes par LYON et les Lyonnais, voici le futur Musée des Confluences ! Défiant le sol instable et les lois de l'équilibre, il deviendra le lieu de rencontre où tous les contraires, toutes les différences, toutes les complémentarité, toutes les connaissances seront offerts à tous. Il s'articule entre cristal et nuage, entre minéral et légèreté par ses formes,  il suggère l'infinie diversité des connaissances et la pluralité des vocations d'un espace mixte, dédié à l'accueil de tous les publics"...