Petrus Borel - SUR L'AMOUR
Hélas ! qui nous dira ce que c'est que l'amour ?
Pour moi, faible héron au serres de vautour,
Je me sens emporté dans le gouffre ou la nue,
Dans l'antre ténébreux ou sur la plage nue,
Je me sens expirer sous son bec assassin,
Qui m'a crevé les yeux ou labouré mon sein,
Et ne sais rien de plus ! — J'ai lu mile grimoires
Qui traitent de l'amour ; J'ai lu mille grimoires
Très doctes et très secs : je ne sais rien de plus
Qu'avant d'avoir veillé sur ces bouquins feuillus.
Au diable ces traités ! Que le diable les lise !
Au diable leur peinture et leur sotte analyse !
Analyser l'amour ?... Oh ! c'est par trop bouffon !
Messieurs les esprits fins, vous vous croyez au fond,
— Vous êtes à côté, vous jetez votre sonde :
Comme un grain de sarment elle flotte sur l'onde,
Puis vous argumentez, puis vous édifiez,
Système sur système — et vous bêtifiez !...
L'amour est un secret du ciel insaisissable,
Un arcane fermé pour l'homme, infranchissable.
Petrus Borel (1809-1859) - Sur l'amour
Quel drôle de texte...
RépondreSupprimerA la campagne, il y avait des Pétrus, des Claudius, prononcé Glaudius...
Tout va bien, si ce n'est la pluie mais le soleil est dans votre maison avec la ptite Princesse.
Bises à vous trois
Drôle de texte, en effet, mais écrit en 1840. En tout cas, l'inconnue du tableau noir ne se décourage jamais. Chaque semaine, elle nous fait part de ses découvertes et pioche tout azimut ! Sympa, non ? D'autant plus que la rue est très peu fréquentée mais que certains trouvent le moyen d'effacer des mots pour "taguer" des grossièretés à la place !
RépondreSupprimerPlume, notre petit rayon de soleil nous réchauffe : excellent héliothérapie !