
Légende des photos : le 21 B de l’ex-rue Louis Loucheur, actuelle rue Jean Zay. Nous occupions le premier étage. Les menuiseries étaient en bois, bien sûr, avec des stores à petites lamelles. Les cours n’étaient pas goudronnées et nous jouions sur les larges trottoirs en ciment. Pas de voitures dans les rues en 1945, mais beaucoup de vélos, quelques motos, les triporteurs du Casino, du Bon Lait, et du laitier avec son chien.
Avant d’être de Lyon, je crois que j’étais de mon quartier, comme les dix gamins choisis par un journal pour parler de leur ville.
En 1945, un groupe de HLM Loi Loucheur s’élevait déjà dans ce quartier excentré de Lyon que l’on nommait Gorge-de-Loup, avec sa petite gare SNCF sur la ligne St-Paul-Charbonnières- L’Arbresle-Lozanne, son immense usine Rhodiaceta (ex. rue du Tunnel) et ses nombreuses autres petites usines, ateliers, entrepôts... Ceux qui prennent le métro à Gorge-de-Loup ont sans doute du mal à s’imaginer que cette partie du cinquième arrondissement - devenu neuvième - était comme un village, avec ses terrains vagues, sa cour des miracles, ses jardins ouvriers (établis sur les ruines des abattoirs) devant l’esplanade de la gare, ses trois groupes scolaires en préfabriqué qui ont survécu jusqu’en 1959 avec leurs énormes platanes dans les cours couvertes de petites cailloux ronds. Tout le monde connaissait tout le monde. Les pères étaient ouvriers plus ou moins spécialisés, cheminots, traminots.... Les mères, au foyer, dans ces années d’après-guerre, se donnaient beaucoup de mal pour élever leur plus ou moins grande famille. Nous envions les quelques rares filles uniques qui n’avaient pas à finir d’user les vêtements de leurs aînées. A la sortie de l’école, et pendant les vacances, les cours et les trottoirs étaient nos terrains de jeux : corde à sauter, marelle, jeux de balles et ballons, et aussi dînettes et poupées. Les garçons jouaient aux billes, faisaient du patin à roulettes, sévissaient avec leurs lance-pierres et nous taquinaient. Ils construisaient des "charriots" avec des planches, des roues de patins à roulette, une ficelle pour guider l'axe mobile avant. Les jours de pluie, les gens du rez-de-chaussée sortaient leurs plantes vertes sur le trottoir. Le jeudi, les filles allaient à l’ouvroir. Le dimanche, avec nos beaux habits du dimanche, nous descendions jusqu’à l’église St Pierre-de-Vaise. A côté de l’église, il y avait une incroyable confiserie où nous dépensions la menue monnaie grignotée sur la quête. L’après-midi, avec les souliers neufs qui faisaient mal aux pieds, nous faisions de longues promenades avec les parents. A l’endroit où maintenant les automobilistes s’engouffrent dans le tunnel-cauchemar, c’était la campagne, avec des vaches dans les prés de Chamvert. J’ai le souvenir d’une limonade que nous buvions à une terrasse de café, luxe suprême. Souvent, nous prenions le train (père cheminot oblige) pour rendre visite à nos grands-parents qui possédaient une maison à Eveux.
Jamais je ne me posais la question de savoir si j’étais heureuse ou pas, si j’aimais ou pas ce quartier que j'ai quitté à l'âge de 24 ans pour me marier et habiter "en ville" comme nous disions alors.
A ce jour, j’éprouve de la nostalgie, non pas pour le grand appartement en lui-même mais pour tout ce qui s’y est passé, tout ce que j’ai éprouvé. Je n’aime pas ce que ce quartier est devenu ; j’ai du mal à y retourner.


Je fais un petit tour sur les blogs que j'ai classés dans "Lyon", et que vois-je, rue Louis Loucheur ! J'ai habité cette rue, au 7, mais je n'en ai pas gardé un bon souvenir. Et pourtant, après quelques déménagements, je ne vis pas très loin, rue Pierre Audry. Je suis allée à l'école à Ferber et non à Jean Zay, mais quand je suis allée en 6ème, il y avait beaucoup de filles qui en venaient. Le nom des magasins que vous évoquez me rappellent des souvenirs, c'est très bizarre. En quelle année aviez-vous donc 5 ans ? (si ce n'est pas indiscret). Je ne sais plus trop à quel âge je suis arrivée rue Louis Loucheur 6 ans ? et j'en suis partie à 11 quand mes parents on fait construire une maison à la Gravière. Je me souviens de la messe à St Pierre et de ma confirmation avec le Cardinal Gerlier !! Mon frère ainé est allé à l'école au Chapeau Rouge. Je crois me souvenir que quand mon père a eu une voiture, il avait un garage dans la rue où il y a l'ANPE maintenant (là où était le terminus du 3). Ouf, que de souvenirs lointains.
RépondreSupprimerAh comme ton billet me parle ! Pas pour l'ancien Lyon que je n'ai pas connu (tu le racontes si bien !) mais pour les souvenirs de la vie d'antan. Né juste après la guerre (comment ça laquelle ?) j'ai connu la fin de ce monde là et les prémices du nouveau: c'était dans les années 50 à Châlon sur Marne puis à Besançon ...
RépondreSupprimerTiens une Lyonnaise ! ZISKA, dont le blog est inaccessible, qui parle de FERBER.. où je suis allée au collège, 5ème à 3ème... qui parle de la rue Pierre Audry, de la Gravière... de sa confirmation avec le Cardinal Gerlier, donc si mes déductions mathématiques ne me trompe pas, elle doit être un peu plus jeune que TATYDANY, et un peu plus agée que moi... et elle vient du même quartier, il serait intéressant qu'elle se fasse connaitre !!!
RépondreSupprimerCe n'est plus un secret... j'avais 5 ans à la fin de la guerre ! Non, pas celle de 14-18 !!! Je cherche désespérément des photos montrant nos trois bonnes vieilles "écoles primaires", les jardins des cheminots... J'ai simplement trouvé des photos des anciens abattoirs. Chère Ziska69, 25 ans dans un quartier, c'est un grand quart de vie... ce n'est pas 6 ans comme toi ! Les petits nouveaux étaient accueillis comme des intrus dans ce grand village ! Actuellement, il est bien desservi, super-équipé au point de vue "social", sports, activités, emplois... et même hôtels ! Et c'est très bien!
RépondreSupprimerBen, et mon commentaire, il est oùùùùùùùù ?
RépondreSupprimerDécidément Over-blog et Blogspot ne m'aiment pas !!! ou me serais-je trompée de billet ?...
J'en perds mes plumes, vraiment...
Mais que voulais-je donc te dire ce matin ?
Je te disais que ce quartier avait quand même gardé une partie de son âme.
Et que la Mairie du 9e faisait en sorte que les commerces restent et que de nouveaux se créent, avec le concours du Conseil de quartier.
Je salue ici mes anciens Amis, et en particulier Josette et Lucien... mais je pense bien que jamais ils ne verront mon salut affectueux !
Ayé ! j'suis pas folle !
RépondreSupprimerPardi ! personne l'a dit !!!
C'est drôle, yen a qui l'ont pensé si fort, que j'ai cru l'entendre !
Comme ça, ya deux coms, ici et là !
comme je comprends ce que tu ressents
RépondreSupprimerC'est bien raconté , par tes mots tu laisses une trace de ton histoire
Les photos parlent mais les récits encore plus
J'aime bien retourner de temps en temps sur les lieux de mon enfance , la dernière fois c'était au cimetière avec ma mère , rien n'a changé , à part les habitants ...
Bisous
Curieuse, la façon dont les billets parlent aux gens, provoquant ou non des réactions. Le 29 novembre, j'en avais fait un intitulé "à la claire fontaine" qui, pour moi, était lourd de souvenirs et surtout de mélancolie. Pas une seule réaction ! J'ai été sans doute trop pudique et je n'ai pas fais passé tout ce que je ressentais de tristesse et d'amertume !
RépondreSupprimerA sol-asido : je suis apparemment plus jeune que Tatydany et plus vieille que vous car je suis allée à Ferber à l'époque où c'était encore une école primaire. Je n'ai pas de blog. Vous avez mon adresse mail. Je vous répondrai volontiers si vous avez des questions.
RépondreSupprimerBonne soirée.
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RépondreSupprimerAlors là ton blog, c'est un gros M...... ! pardon !
RépondreSupprimerNon mais, Plume a raison, des fenêtres de pub qui perturbent, des com. des apparaissent, disparaissent...
Ton billet du 29 novembre sur le CHATEAU DE LA TOURETTE par exemple, je suis sûre, connaissant très bien ce lieu et y ayant de fabuleux souvenirs, SURE SURE et SURE d'avoir laissé un com. et pfff... disparu...
C'est plus possible TATYDANY, change de crèmerie, là la mayo ne prend plus !!!
Oui Taty, suis d'accord avec toi sur les réactions aux billets: on ne peut jamais prévoir( sauf si on parle de sexe ou de chocolat ! loll).
RépondreSupprimerA Sol-asido : changer de crèmerie ne changerait rien ! Ce sont certains visiteurs qui polluent ! Qu'y faire ? Comment se débarrasser de ces pubs, je n'en sais rien !
RépondreSupprimerA tous : pitié, pardon, mais continuez à me visiter, s.v.p !!!
On va t'abandonner pour ça
RépondreSupprimerj'arrive chez toi , je ferme la fenètre , c'est tout
moi aussi j'ai des pubs en haut de ma bannière , ça m'agace
continue , ne change pas de crémerie pour si peu
Bon, d'accord on continue à venir ... Tu paies combien ? :)
RépondreSupprimerCa veut dire quoi "commentaire supprimé par l'auteur" ?
RépondreSupprimerC'est kiki est l'auteur ? du commentaire ? du billet ?
Chez nous (canalblog) le propriétaire du blog peut supprimer les commentaires qui ne lui plait pas, mais l'auteur du commentaire ne peut plus le faire s'il a été publié.
Bref ! ON VIENDRA QUAND MEME !
Moi aussi, il me semble que j'avais réagi à la Tourette, le pays de Nénette !
Bref ! On a trouvé encore deux autres Lyonnaises, Ziska et Papillote ! c'est chouette la bloguo, PUB ou PAS !
Mais t'es où TaTy ?....