lundi 19 octobre 2009

Petite fille de...

 

Mon grand-père a posé les rails de la première ligne PLM Lyon-Saint-Etienne. Ma grand-mère fut, quelque temps, garde-barrière... Mon père, d'abord lampiste, a fini sa carrière en qualité de Maître-ouvrier caténaire. Mon frère aîné fut cheminot... son fils l'est !!! Mon oncle conduisait ces monstres d'acier et de feu qui terrorisaient ma grand-mère et exercaient sur moi une fascination faite d'admiration et de terreur !
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LA PACIFIQUE... vue par Pascal Jardin...
Jusqu’après la fin de la Seconde Guerre Mondiale, la traction vapeur fut un dieu païen qui tuait les conducteurs de machine bien avant l’âge de la retraite. Les « Pacifique », pour lesquelles Arthur Honegger composa un chef-d’œuvre, furent l’aboutissement technique de plusieurs générations de locomotives.
C’étaient des monstres crachant, fumant et hurlant, que les bêtes humaines qui les pilotaient aimaient comme des femelles infernales.
L’habitacle des conducteurs était ouvert à tous les vents. L’hiver, lorsqu’on rechargeait le fourneau, la gueuse vous rôtissait et quand on se penchait pour voir les signaux, alors elle vous gelait et le vent et la neige remplissaient sans transition les poumons de ceux qui venaient de pelleter sur un foyer de plusieurs milliers de degrés. Mais ni le chaud, ni le froid, ni la tuberculose, ni les cancers dont on ignorait les noms ne décourageaient ceux qui avaient le privilège de dominer ces machines.

6 commentaires:

  1. Voilà un billet bien à propos pour un jour de grève SNCF !
    Je comprends cette fascination! Bien sûr, on pense au roman de Zola qui a marqué les esprits... Mais il semble bien que ces temps soient révolus. La sécurité et la fiabilité des engins modernes leur a enlevé toute âme ... Plus personne n'est pret à risquer sa vie pour faire avancer un train ...

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  2. 2 heures pour "monter" à Paris,
    1 h 30 pour "descendre" à Marseille, depuis Lyon, en TGV... quand les contrôleurs ne sont pas en grève, quand il n'y a pas de panne électronique, pas d'insuffisance électrique, pas de neige ni de gelée, pas de cathéners détériorés et que sais-je encore...
    Un très beau billet, chère Marquise, que j'ai eu beaucoup de plaisir à lire.

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  3. Mon père , aussi , dans les chemins de fer
    Il entretenait les voies , changeait les traverses , dégageait la neige aussi
    un travail assez rude , il fut en retraite à 52 ans ...
    Cela fait 20 ans qu'il est en retraite ...
    Joli billet que tu nous offres chez TadyDany

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  4. Contrairement à Antiblues, cela ne me ramène ni à Zola, ni aux temps modernes, mais à mes souvenirs, alors merci ! Nous les avons connus ces VAPEURS, gigantesques, titanesques, qui m'effrayaient aussi, mais m'emmenaient en vacances avec 12 heures de train pour rejoindre la côte Atlantique, et leur odeur et les micros bouts de charbon qu'elle projettaient ! et les wagons qu'elle tirait... quels souvenirs !!!!

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  5. Merci pour ton cours d'orthographe. Pourtant, j'avais pris le soin de vérifier sur Google...
    Bises

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  6. Merci pour votre témoignage. J'ai eu le privilège d'avoir été élevé par le fils d'Arthur Honegger, Jean-Claude, qui lui aussi avait une passion pour les trains.
    Je lui rends hommage à travers un site que j'ai créé pour lui, sur ma grand-mère dont mon beau-père était son premier fan !

    http://francoisebangor.free.fr/

    Gwenola

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