
Constant, assidu, obstiné, inébranlable, opiniâtre, persévérant, continu, durable, immuable, permanent, persistant, soutenu ; c’est le temps qui s’écoule...
Changeant, instable, variable, mouvant, discontinu, intermittent, sporadique, inconstant, versatile ; c’est l’homme...
Le début d’une journée, la fin d’une journée, et rien au milieu : du temps écoulé, une lente coulée de lave refroidie. Cendres.
Un fauteuil, se lever ou s’y lover, amollie, dolente ?
Automne lyonnais, été indien. Lundi. Faire des bouquets, arroser les plantes, ouvrir les fenêtres et respirer. Que sais-je faire d’autre ? Remuer les objets, chasser la poussière, lire sans rien retenir... écrire ? Mardi ? Mercredi ? Et après ?
Automne, engourdissement ; ni l’envie de pleurer, ni de crier, ni d’être triste ou gaie. Pas encore assez de lucidité pour discerner l’état latent qui s’installe mais déjà la certitude – la préscience – du geste inutile, dérisoire, celui qui permettra pourtant de ne pas s’engourdir. Il se fait bien tard : le plus beau, le plus clair du temps s’est laissé figer par l’objectif et repose dans l’album-cimetière où les photos jaunissent. Implacable constatation. La tiédeur de l’air rend plus douce la nostalgie mais le remords des heures futilement perdues donnent des frissons. Les rameaux dépouillés, amputés, reverdiront-ils au printemps avec le lot d’espoirs, de projets, de résolutions ? Est-ce tellement rassurant cet inlassable ressac des saisons dont on connait le pouvoir de vous polir jusqu’à l’usure ? Est-ce tellement reposant cette douce facilité qui amollit les ambitions... Et cette tranquille assurance d’un devenir sans surprise ? Je ne veux pas admettre ce rappel immuable et impitoyable que nous lance l’automne. Et pourtant cette saison m’est la plus chère de toutes. Elle m’autorise à la fois les tourments et le repos. Je suis lourdement encombrée de trop de regrets. J’ai dû abandonner ma naïveté, mes espérances, , mon obstination, la foi aveugle et renversante. Je sais toutes les choses qui ne seront jamais miennes : la découverte des grands espaces, le savoir, les conversations brillantes, une vocation solidement ancrée menant à une réussite éclatante. Je ne rêve plus que de réussir une modeste phrase, une seule, lisse et ronde, parfaite comme un œuf. Mais mes pages d’écriture jaunissent, pourrissent et disparaissent, telles les feuilles des arbres. Les relire ? Les détruire ? Les relire sans les détruire ? Ne pas les relire pour ne pas avoir à les détruire ! Paroles dérisoires qui ne signifieront plus rien... comme ces pauvres textes oubliés des cartes postales vendues à la Foire à la Paperasse...
Automne, basse-saison, morte-saison, feuilles mortes... je sens l’humidité raidir ma carcasse, ralentir mes gestes, m’endolorir. Mes promenades raccourcissent comme la longueur du jour et mon enthousiasme s’éteint peu à peu : le ciel est trop menaçant, le vent trop fort, le froid trop piquant, la foule trop bruyante. !
Automne, mon automne, ma saison préférée à ses débuts, avant qu’elle ne sombre dans la tristesse, le froid humide, la pluie grise, la brume vêtue d’oripeaux sales et délavés, déchiquetés par un vent aigre.
Très beau billet qui m'interpelle !
RépondreSupprimerJ'aurai plus de temps la semaine prochaine pour y répondre!
D'ici là, ... des bisous !! :)
Ce genre de billet, chère Taty, me fait presque peur, tellement il est dense...
RépondreSupprimerLes mots sont un exutoire, ils soignent tes maux...
L'écriture est une thérapie.
Ta vie nous semble pourtant si riche... Surtout conserve tes écrits pour tes petits enfants.
Et donne-nous à lire et à réfléchir tes textes sortis d'un de tes cahiers jaunis...
Pourquoi te retourner sur le passé, soigne plutôt ton avenir.
Il paraît que les plus belles annnées sont celles qu'on n'a pas encore vécues.
L'homme peut aussi être constant, assidu, persévérant...
Réfléchis encore : tu fais tant de choses dans tes journées, il ne doit plus te rester beaucoup de temps pour mollir sur ton canapé !
Souviens-toi, l'homme ne dispose que de 4 saisons dans sa vie, certains hélas en ont moins...
Le temps s'évade irrémédiablement et pourtant il se renouvelle inlassablement. Un vrai mystère.
La terre continue à tourner autour du soleil et provoque ainsi ces perpétuels changements. Cette ronde du temps nous apporte l'espoir de jours meilleurs et sans cesse différents malgré leur répétition...
Demain est toujours un autre jour, un de plus dans l'éternité, un de moins dans notre vie.
Après la pluie, le beau temps, après le froid, le chaud, etc. voilà notre espérance, ce qui nous permet d'avancer et de supporter le moment présent.
Encore un petit peu de patience, et les jours regrandiront, les lilas, le muguet et les roses refleuriront, tu retourneras à la Roubine et tu y retrouveras tes amis et habitudes !
J'attends la réflexion d'Antiblues qui doit la peaufiner à fond !
Je t'embrasse très fort
Chère TatyDany,
RépondreSupprimerJe te précise à nouveau ici que je t'ai répondu en direct sur ta boite mail le 21/10 !