vendredi 21 août 2009

FEUILLETON DE L'ETE : suite... chapître 3

Peu à peu, les maisons s’espacent, séparées par des terrains en friches, par des cabanes en planches, de petits ateliers. Puis de hauts murs hostiles, aveugles, se dressent dissimulant de plus grands ateliers, de tristes usines bruyantes. En tournant à droite, elle retrouvera bien une ou deux maisons. Non ? Alors à gauche peut-être ? Ou bien après le grand cèdre noir et majestueux ? Au loin, elle croît entendre le bruit familier des métiers à tisser, un, deux, trois, trois temps, un rythme régulier… bistanclaque comme on dit à Lyon. Mais n’est-ce pas là une de ces belles demeures bourgeoises, un tantinet prétentieuse, celle d’un maître-façonnier ou d’un donneur d’ordre : avec ses toits tarabiscotés, pierres dorées, véranda à colonnes ? La rivière coule à droite du chemin. Il faudrait maintenant trouver le vieux pont de bois pour la traverser. Ensuite, après avoir longé les grilles du Parc Municipal, elle se retrouverait dans la rue principale avec ses nombreuses boutiques colorées, ses passants pressés, les voitures bruyantes, dangereuses… Que ne l’a-t-elle empruntée en premier lieu. Elle se serait attardée devant le magasin de jeux et jouets. Revoir les grandes et belles poupées dans leurs boîtes vitrines… les gros baigneurs de celluloïd, blonds ou bruns, avec leurs yeux dormeurs… les grandes boîtes de perles, les ballons énormes, les cartes et jeux de patience, et d’autres jeux, tant et tant de jouets ! Pour Noël, un train tourne et tourne sans fin sur son circuit miniaturisé. Elle ne se lasse pas alors de détailler les éléments du paysage en carton pâte tandis que Mémé bavarde avec une "rencontre". Elle aurait pu faire semblant d’hésiter devant la vitrine du pâtissier, comme elle le fait parfois lorsque Mémé lui propose une récompense : une tête de nègre ? Un chou à la crème fraîche ? Un petit cochon rose ou une souris verte ? Une religieuse ou un éclair au chocolat ?

(demain, la chute) !!!

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