mardi 22 février 2011

Ce matin, au tableau noir....

 
Posted by Picasa

La repasseuse,
Autrefois ses mains faisaient des taches roses sur le linge éclatant qu’elle repassait.
Mais dans la boutique où le poêle est trop rouge son sang s’est peu à peu évaporé. Elle devient de plus en plus blanche et dans la vapeur qui monte on la distingue à peine au milieu des vagues luisantes des dentelles. Ses cheveux blonds flottent dans l’air en boucles de rayons et le fer continue sa route en soulevant du linge des nuages – et autour de la table son âme qui résiste encore, son âme de repasseuse court et plie comme le linge en fredonnant une chanson – sans que personne y prenne garde.
Pierre Reverdy (1889-1960)

10 commentaires:

  1. "En ce temps-là le charbon
    était devenu aussi précieux
    et rare que des pépites d’or
    et j’écrivais dans un grenier"

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  2. PIERROT BATON, C'est la suite ? Je connaissais Reverdy en qualité de poète. "J'ai essayé d'écrire - Déjà je sais ce que je voudrais dire - Il me manque les mots que les autres ont pris"... J'aime cet extrait car c'est moi. "La poésie est dans ce qui n'est pas. Dans ce qui nous manque"...

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  3. Je suis dur
    Je suis tendre
    Et j'ai perdu mon temps
    A rêver sans dormir
    A dormir en marchant
    Partout où j'ai passé
    J'ai trouvé mon absence
    Je ne suis nulle part
    Excepté le néant
    Mais je porte caché au plus haut des entrailles
    A la place ou la foudre a frappé trop souvent
    Un coeur ou chaque mot a laissé son entaille
    Et d'où ma vie s'égoutte au moindre mouvement
    Pierre Reverdy (La liberté des mers)

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  4. PIERROT BATON, de mon temps aussi, le charbon était cher et nous ne chauffions que la pièce principale, avec un très joli poêl LEAU que nous chargions de boulets, moins chers que l'antracite. Corvée de cendres à vider, corvée de charbon à remonter de la cave sans lumière (nous nous éclairions avec une lampe de mineur à acétylène). Anedocte du frère qui éteignait la lampe pour effrayer les petites soeurs pendant qu'elles remplissaient le seau noir qu'il porterait. Pour économiser, nous brûlions des traverses SNCF - imprégnées de créosote à l'odeur âcre - que mon père achetait et débitait à l'aide d'une scie circulaire. J'oublie la corvée de ramonage des tuyaux de poêl et leur nettoyage extérieur au Zébralu !

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  5. Ah ! le zébralu ....Les boulets, c' était rigolo pour se faire des moustaches. Et j' aimais bien m' endormir avec le bruit que faisait Maman en vidant le tiroir à cendres .

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  6. Au fait, non, c' est pas la suite. C' est "la lucarne ovale"

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  7. oui mais les petits boulets se consommaient plus vite que l'anthracite !

    Quels beaux échanges, toutes les deux.
    Aujourd'hui, la pluie a dû délaver le tableau et effacer le poème...

    Bises de ma tour !

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  8. PLUME, on usait beaucoup de la "traverse" en gros blocs compacts et le poêl était à "feu continue" et très au ralenti la nuit, juste pour ne pas repartir de zéro le matin. PIERROT BATON, chez Mémé, c'était le bruit de la grille du fourneau qu'elle secouait le matin pour faire tomber les cendres qui me réveillait... et la bonne odeur des sarments de vigne qu'elle utilisait pour faire redémarrer le feu. Et je savais qu'il me fallait attendre un peu pour quitter la chaleur de l'édredon et courir jusqu'à la cuisine, dans ma chemise de nuit en pilou, et fourrer mon visage dans le grand bol de faïence que je tenais à deux mains ! Oh là là, je me sens vieille. Il faut que je me dépêche de rédiger ces témoignages d'un temps tellement éloigné... récits qui surprenaient déjà mes filles... alors, les petits-enfants, pour eux, c'est l'âge de bronze ! (ou plutôt de la bassine en zinc qui servait à la toilette) !

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  9. Je me souviens du marchand de charbon qui passait dans le quartier, quelques voisines payaient en nature...Mon éducation sexuelle s'est faite en matant par les soupiraux ! Qu'est ce que j'ai pu le faire marrer quand je lui ai raconté cela bien des années après alors qu'il était devenu un vieux monsieur "bien comme y faut".
    Bizzz
    JMB

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  10. Je mettais mes vêtements sous mes couvertures pour m' habiller (ça en dit long sur les toilettes corporelles...)
    Baignoire-sabot en 1955 quand même !!!

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