
ANDREE CHEDID est morte, dimanche, elle que l’on croyait éternelle parce que toujours sereine, joyeuse – jeune. Elle aurait eu 91 ans en mars prochain.
Poétesse dès l’adolescence, puis romancière et nouvelliste, Andrée Chedid portait sur le monde un regard clair : de bienveillance envers l’autre, de désir d’apprendre, de connaître, de rencontrer.
Née au Caire, elle vécut au Liban avant de s’installer en 1946 à Paris. Elle a grandi en trois langues – l’anglais, l’arabe, le français. Une richesse que l’on retrouve dans son écriture. Cette chose qui tient non pas du torrent mais de la source : limpide, fraîche, déterminée.
Elle qui écrivait « Je lutte et résiste » ne faisait qu’une seule âme avec la poésie.
Voici Le Rien, un de ces poèmes, qui dit le tout : la vie.
J’ai traversé le Rien
Aux jours de mon enfance
Déchiffrant la mort
En nos corps d’argile
Et de brièveté
J’ai récusé l’orgueil
Disloqué les triomphes
Dévoilé notre escale
Et sa précarité
Cependant j’y ai cru
A nos petites existences
A ses saveurs d’orage
Aux foudres du bonheur
A ses éveils ses percées
Ses troubles ou ses silences
A ses fougues du présent
A ses forces d’espérance
Au contenu des heures
J’y ai cru tellement cru
Aux couleurs éphémères
Aux bienfaits de l’aube
Aux largesses des nuits
Oubliant que plus loin
Vers les courbures du temps
L’explosion fugace
Ne laissera aucune trace
De nos vies consumées
Et qu’un jour notre Planète
A bout de souffle
Se détruirait
in Rythmes, éd. Gallimard, 2003
Merci de nous prêter ce poème.
RépondreSupprimerJe l'offre, ce poème, à toutes celles et ceux qui l'aimeront. Je me repose un peu car, alors que je remontais à la surface, j'ai reçu un coup sur la tête ! Heureusement, aujourd'hui, soleil, ciel bleu et promenade sur les quais d'un Rhône d'une couleur magnifique.
RépondreSupprimerAllez, on va d'l'avant (ou on fait mine ...).
RépondreSupprimerOn en avait parlé à l'occasion de ton billet du 11 janvier ...
RépondreSupprimerLouis lui a dédié dans son dernier album (2010) une magnifique chanson: Maman, maman :
"Maman maman,
je me rappelle
De nos diners charmants rue de seine
J'te chantais mes nouvelles chansons
Et toi tu me lisais tes derniers poèmes
Cette complicité d'adolescents, où est-elle ?
La faute à qui? A personne
Juste le temps qui passe, l'heure qui sonne ..."
"On ne dit pas assez à ceux qu'on aime qu'on les aime"...
RépondreSupprimerC'est un bel hommage ! Merci à Martine Laval.
RépondreSupprimerA Lily : merci de rendre à César ce qui appartient à Martine Laval et que je ne voulais surtout pas m'approprier. J'espère qu'on fera un petit clin d'oeil à Andrée Chédid à mla Fête du Livre à Bron les 11/12 et 13 février. Je regarde en vain les vitrines des libraires qui n'affiche aucun de ses livres, même pas en "poche" !
RépondreSupprimerServanne en parle aussi.
RépondreSupprimerBon courage pour votre fin de semaine...
Bisous de ma tour
Merci Plume, je suis allé voir chez Servanne. Très beau. Je vais me faire offrir un livre de poésie d'Andrée Chédid pour la St Valentin !
RépondreSupprimerCoucou TatyDany,
RépondreSupprimerJ'ai bien pensé à vous vendredi...
Ca va ?
Bon dimanche sûrement avec un peu de soleil qui se fait attendre.
Gros bisous du 7e Sud, à toi, GG, L et MD
A Plume : ce fut un vendredi très difficile à vivre et j'en suis encore toute endolorie. Je suis "roulée en boule" et, pour le moment, je récupère. A plus !
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