mercredi 24 juin 2015

DROME PROVENCALE


Herbes folles et vignes sages rangées au bord de lagunes lavande, terres blondes à l’ombre des chênes verts.  Alternance,  cadence ; graminées agitées, ceps sages, lagons améthystes, ombres émeraude, plage d'ocre claire, lointains bleutés doucement vallonnés et camaïeu de ciel pâle.

Une mer d'un mauve si profond, dense, éblouissant ! Et la brise qui vous emplit les poumons d'une senteur fine, délicate, reposante. Le regard nage jusqu'à la ligne verte argentée pour se reposer sous l'ombre légère des oliviers avant d'aller se perdre dans les frondaisons altières des grands chênes sages.

A vous de rêver !  Ajoutez le chant des cigales, les senteurs de lavande, de terre et de pierres chaudes, d'écorce de pins... le bruit du vent léger agitant les feuilles...
Bonne promenade !

 

 

 
 
 


mardi 26 mai 2015

vendredi 22 mai 2015

GONE DE LYON


Le GONE a choisi de venir au monde, à l'adresse d'une grande artère lyonnaise, dans le lit familial. Sa grande sœur se trouve alors en Vivarais chez la sœur du Papa et son mari instituteur qui recevront une charmante carte postale pour leur faire-part de cette naissance qui s’est fait beaucoup attendre.
Et voilà notre ravissant bonhomme aux boucles châtain dans la tourmente d’une guerre qui n’épargne guère la ville de Lyon, avec un papa réquisitionné pour travailler dans une usine puis mobilisé, une maman qui remue ciel et terre pour se ravitailler et nourrir les deux enfants...   des enfants qui seront envoyés à Villard-de-Lans pour être mis à l’abri et mieux nourris. Au cœur des Maquis du Vercors, on ne fait pas mieux ! Pour changer d’air, après guerre, il y aura aussi les séjours chez les braves paysans en Savoie.
Après la tourmente, c'est en résumé, une vie sans histoire de gone lyonnais qu'il vivra en culottes courtes, gilets de laine tricotés par Mémé : image familiale comme sur les photos de Doisneau, fourneau, lessiveuse, le carillon Westminster, lit-cosy et couverture piquée rouge...les devoirs faits sur la toile cirée de la table de cuisine, sous la lampe abaissée, dans l’odeur de la soupe aux poireaux. Maman raccommode, Papa lit le journal, on écoute la T.S.F.
Pour distractions,  les jeux sur le trottoir devant la boutique de Maman, et le ballon rattrapé in-extremis devant le tramway brinquebalant sur ses rails, le patin à roulettes, les billes, la fascination pour le maréchal-ferrant de la rue des Passants (les carrioles tirées par les chevaux transporteront, longtemps encore après la guerre, le charbon, la limonade, le vin, le lait, et autres marchandises.... Les soirs d'été, on "prend le frais" sur les chaise de paille tirées sur le trottoir d'une rue donnant sur un quai du Rhône. Les enfants jouent sur le bas-port, les femmes papotent en tricotant. Les hommes, plus taciturnes, échangent de graves propos. Les promenades du dimanche se font à pied, ou en vélo. On rend visite aux trois sœurs de Maman, aux grands-parents paternels et maternels.  Sortie du dimanche signifie sortie endimanchée même pour flâner dans les allées du Parc de la Tête-d’ Or (qui verront notre Lion amoureux, puis marié, puis enfin promenant sa progéniture qui.... et oui, à son tour, y promènera la sienne !!! ) 
La première Peugeot de Papa autorisera de plus fréquentes visites en Vivarais, et des vacances à la Ciotat. Viendront la première montre de la première Communion et le brassard de la Communion Solennelle... Et la photo officielle des vingt ans, faite par un photographe lyonnais devenu célèbre, et qui trônera sur les buffets de la famille ! Quel beau brun aux yeux sombres, moustache fine !
Après son diplôme obtenu à l’Ecole-auto du Bd des Tchèqu’ comme on dit en abrégé, il fait son apprentissage chez Simca (ah, les belles Arondes) et roule les mécaniques en... Vespa ! Chez les Franca (Francs et Franches Camarades) les filles se battent pour prendre place sur la selle arrière et passer des week-ends en sa compagnie dans les AJ (Auberges de Jeunesse) !!!
Hélas, une crise cardiaque terrassera Papa à l'âge de 50 ans, alors que le GONE fête ses 20 ans. Et, sans lui demander son avis, et sans qu'il soit forcément d'accord, on lui offrira une croisière pour l'autre côté de la Méditerranée.








mercredi 20 mai 2015

BELLES PROMESSES !

Non, il n'est pas mort, le cep torturé.... c'est une sculpture vivante, émouvante.

 
Regardez-bien, la floraison est terminée, déjà les grains futurs sont formés !
 
 
Il en est de même pour les figues !
 
 
et les oliviers ne sont pas en reste !
 
 
Le blé n'est déjà plus en herbe ! Les épis ondulent, telle une marée verte, sous le vent sauvage !
 
 
Elle est belle, notre campagne française ! Il manque quelques bleuets... mais il parait que c'est de la mauvaise herbe à éradiquer ! Et les coquelicots ne poussent plus qu'en bordure des champs et des chemins ! C'est qui ça, Mosanto ???
 
 
 
 
 
 

samedi 18 avril 2015

HUMEUR... BONNE !

HUMOUR
Hommage à Pierre Desproges disparu le 18 avril 1988.

L'élite de ce pays permet de faire et défaire les modes, suivant la maxime qui proclame : je pense, donc tu suis.
A part la droite, il n'y a rien au monde que je méprise autant que la gauche.
L'ennemi se déguise parfois en géranium, mais on ne peut s'y tromper car, tandis que le géranium est à nos fenêtres, l'ennemi est à nos porte.
Et puis quoi, qu'importe la culture ? Quand il a écrit Hamlet, Molière avait-il lu Rostand ? Non !
Pierre qui glousse amasse la mousse.
Le rire n'est jamais gratuit : l'homme donne à pleurer mais prête à rire.
C'est la faute au malaise des jeunes si, après trois années de fac et sept ans de lycée, ils croient encore que le Montherlant est un glacier alpin, Boris Vian un dissident soviétique et Sartre le chef-lieu de la rillette du Mans.

Allez, on s'appelle à tarte au cas(outchouc) !
"Bonjour ma colère, salut ma hargne et mon courroux...coucou"
Clin d'œil aux membres de ma tribu à l'humour nase qui se reconnaîtront !


Une tribu... ancienne !

samedi 28 mars 2015

LES DIX MOTS NON-DITS


Et bien, voici que la semaine de la langue française et de la francophonie se termine sans que l’on ait pu savourer les textes délectables de la vieille dame en tenue aussi kitsch que son langage. Sans doute a-t’elle buté sur le mot sérenpidité. Créé d’après le titre d’un conte persan ! Certes, ravissant, bien qu’anglais... et lexicalisé en 1953 ! Mais encore ? Il s’agit d’une capacité, une aptitude à faire par hasard une découverte inattendue et à en saisir l’utilité (scientifique, pratique).


Ce soir, après avoir fermé son ordinateur et sa tablette, mis son téléphone sur alarme, Mémé Baptistine* se couche moins sotte, c’est incontestable, mais elle a perdu sa zénitude.


Donc, elle s’allonge gentiment, respire profondément, gonfle et dégonfle son ventre, suit le rythme de sa respiration, s’imagine un ciel bleu, un soleil qui chauffe ses membres qui s’alourdissent, se détendent. Elle s’enfonce dans le sable, elle est lourde, lourde. Il lui faut maintenant cibler un mot positif. Wiki-Wiki... vite, vite, comme disait un lointain Hawaïen ami de la famille.


Le mot qui lui vient à l’esprit est... sérenpidité ! !!! Faire par hasard une découverte inattendue et en saisir l’utilité... pratique !


Tu parles d’une découverte. Elle va en faire quoi de ce mot stupide qui tourne, et tourne, et retourne dans son cerveau en surchauffe ? !!! Tourne stupide manège, avec frénésie, comme à la kermesse annuelle en plein air. Pathétique. Fantastique. Non, héroïque... la kermesse héroïque !  Quel amalgame dans les circuits en surchauffe ! Amalgame pour obturations dentaires... plombage... Du plomb dans les ailes ! Existe-t’il des amalgames pour colmater les trous béants des cœurs usés, mités, déchiquetés, délabrés, lacérés ?


Comment gérer ce mélange hétérogène de personnes, d’évènements malheureux, trahisons, oublis, abandons, et de choses si différentes au cœur inerte de sa vie ?


Il lui faudrait un gri-gri, voire une multitude de ces objets hétéroclites pour que tout s’arrange entre elle et elle-même, entre père et fille, entre filles, entre grands-parents et petits-enfants ; s’inquiéter sans avoir l’air de s’ingérer...  oser parler, oser intervenir. Plus que cela, c’est à un chaman inuit  qu’il lui faudrait avoir recours ! Inuit, nuit, froid glacial, cœur glaçon. S’endormir à jamais dans le froid sidéral ?


Bravo !  Toute une nuit blanche à cogiter sur un mot pour en arriver là !!!!

 

*toute ressemblance avec une personne existant ou ayant existé ne peut être que fortuite.


 

mercredi 18 mars 2015

"AU MILIEU DE MON CHAMP"....


Sens interdit

Je ne voudrais plus dire ici
De plainte sombre
Amour de la mélancolie,
Je ne voudrais, pour tuer le souci,
Qu’un chant grave et viril,
Pour séparer l’avoine de l’ortie.

C’est pourquoi je me tiens
Au milieu de mon champ
Comme je suis peut être
Au milieu de ma vie.

Qui donc m’expliquera
Où les routes s’enfuient ?
Quel jour, à quel moment
On a trahi sa vie ?

Tel calcul solennel
Ou tel revirement
Ont-ils compté vraiment,
Compté bien davantage
Qu’un ami rencontré.

J-P. Schlunegger