Le GONE a
choisi de venir au monde,
à l'adresse d'une grande artère lyonnaise, dans le lit familial. Sa grande sœur se trouve alors en Vivarais chez la sœur du Papa et son mari instituteur qui recevront une
charmante carte postale pour leur faire-part de cette naissance qui s’est fait
beaucoup attendre.
Et voilà notre ravissant bonhomme aux boucles châtain dans
la tourmente d’une guerre qui n’épargne guère la ville de Lyon, avec un papa
réquisitionné pour travailler dans une usine puis mobilisé, une maman qui remue
ciel et terre pour se ravitailler et nourrir les deux enfants... des enfants qui seront envoyés à
Villard-de-Lans pour être mis à l’abri et mieux nourris. Au cœur des Maquis du
Vercors, on ne fait pas mieux ! Pour changer d’air, après guerre, il y aura aussi les
séjours chez les braves paysans en Savoie. Après la tourmente, c'est en résumé, une vie sans histoire de gone lyonnais qu'il vivra en culottes courtes, gilets de laine tricotés par Mémé : image familiale comme sur les photos de Doisneau, fourneau, lessiveuse, le carillon Westminster, lit-cosy et couverture piquée rouge...les devoirs faits sur la toile cirée de la table de cuisine, sous la lampe abaissée, dans l’odeur de la soupe aux poireaux. Maman raccommode, Papa lit le journal, on écoute la T.S.F.
Pour distractions, les jeux sur le trottoir devant la boutique de Maman, et le ballon rattrapé in-extremis devant le tramway brinquebalant sur ses rails, le patin à roulettes, les billes, la fascination pour le maréchal-ferrant de la rue des Passants (les carrioles tirées par les chevaux transporteront, longtemps encore après la guerre, le charbon, la limonade, le vin, le lait, et autres marchandises.... Les soirs d'été, on "prend le frais" sur les chaise de paille tirées sur le trottoir d'une rue donnant sur un quai du Rhône. Les enfants jouent sur le bas-port, les femmes papotent en tricotant. Les hommes, plus taciturnes, échangent de graves propos. Les promenades du dimanche se font à pied, ou en vélo. On rend visite aux trois sœurs de Maman, aux grands-parents paternels et maternels. Sortie du dimanche signifie sortie endimanchée même pour flâner dans les allées du Parc de la Tête-d’ Or (qui verront notre Lion amoureux, puis marié, puis enfin promenant sa progéniture qui.... et oui, à son tour, y promènera la sienne !!! )
La première Peugeot de Papa autorisera de plus fréquentes visites en Vivarais, et des vacances à la Ciotat. Viendront la première montre de la première Communion et le brassard de la Communion Solennelle... Et la photo officielle des vingt ans, faite par un photographe lyonnais devenu célèbre, et qui trônera sur les buffets de la famille ! Quel beau brun aux yeux sombres, moustache fine !
Après son diplôme obtenu à l’Ecole-auto du Bd des Tchèqu’ comme on dit en abrégé, il fait son apprentissage chez Simca (ah, les belles Arondes) et roule les mécaniques en... Vespa ! Chez les Franca (Francs et Franches Camarades) les filles se battent pour prendre place sur la selle arrière et passer des week-ends en sa compagnie dans les AJ (Auberges de Jeunesse) !!!
Hélas, une crise cardiaque terrassera Papa à l'âge de 50 ans, alors que le GONE fête ses 20 ans. Et, sans lui demander son avis, et sans qu'il soit forcément d'accord, on lui offrira une croisière pour l'autre côté de la Méditerranée.
Merci pour votre visite. Votre texte me rappelle mes souvenirs d'enfance à Lausanne où endimanchés nous allions manger une glace sur les quais du lac Léman. Merci!
RépondreSupprimerZazie, j'ai passé des vacances à St Paul en Chablais, et que de belles traversées et promenades de votre "côté" suisse du Léman !
SupprimerQue d'émouvants souvenirs TatyDany ! bien racontés, intacts...
RépondreSupprimerCette croisière de l'autre côté de la Méditerranée... m'inquiète, je n'y vois pas du loisir...
Bises et bonne soirée.
Tu as deviné qu'à 20 ans, en 1959, ce n'étais pas une croisière Costa ! Le bateau s'appelait "Ville d'Alger" et il était plutôt gris, kaki, inconfortable !
SupprimerOui j'avais compris ça...
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