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mercredi 14 septembre 2011

Photographie

"Procédé technique permettant d'obtenir l'image durable de quelque chose ou de quelqu'un par l'action de la lumière sur une surface sensible" dixit Petit Robert.




C'est une autre sorte de langage ; donc, comme tel, elle n'exprime pas forcément toute l'émotion que l'on ressent. On la voudrait toujours plus éloquente, plus expressive.
Et, tout comme un langage, un fossé se creuse parfois entre ce que l'on voulait communiquer et ce qui est perçu et traduit...

Photographier, prendre, saisir une image, retenir un instant, une sensation fugace, une impression fugitive ("nous n'aurons plus jamais notre âme de ce soir" Anna de Noailles) et même freiner la course du temps, le saisir furtivement pour le concrétiser dans la brutalité de sa réalité.
Constat implaccable de ses outrages, contact rugueux de son érosion, découragement de son insidieuse usure.
Noir et blanc, allégorie des couleurs effacées... codes perdus, noms  inconnus ou oubliés, langage démodé.
Mémoire hésitante, devenant peu à peu aussi floue qu'une photo manquée à laquelle, pourtant, je tiens. 
Nier l'oubli !

Mauvaise surprise : les pages de mes albums m'ont livré des photos pâlies, bleuies, grisées... des couleurs virées au rose, à l'ocre.

Un peu de nostalgie... marée haute, marée basse, ressac et roulis du sable et des galets sur les plages de mon histoire.

Quoi, ces photos que j'aimais tant et qui me trahissent !

Quoi, cet ordinateur qui peut, par caprice, ne pas vous restituer ce que vous lui aviez confié ! Supprimer... Echap... Effacer...






























mardi 11 janvier 2011

ANDREE CHEDID... une belle suite pour mon précédent billet...

Je m'écris
J'interprète une page de vie
J'en use comme plaque de cuivre
J'ai la graine de plaisirs
Je la crible d'années
Je la saisis en verte saison
Je la racle de nuit d'hiver
Je la ronge en creux d'angoisses
Je m'y taille espace libre
Je l'attaque en matière noire
Je progresse d'épreuves en épreuves
Je la creuse en vaines morsures
Je la burine d'émotions
Je l'entame
Pour nier le temps
Je m'écris pour durer
Andrée Chedid "Rythmes "

L'Autre
("Je est un autre" Arthur Rimbaud)

À force de m’écrire
Je me découvre un peu
Je recherche l’Autre

J’aperçois au loin
La femme que j’ai été
Je discerne ses gestes
Je glisse sur ses défauts
Je pénètre à l’intérieur
D’une conscience évanouie
J’explore son regard
Comme ses nuits

Je dépiste et dénude un ciel
Sans réponse et sans voix
Je parcours d’autres domaines
J’invente mon langage
Et m’évade en Poésie

Retombée sur ma Terre
J’y répète à voix basse
Inventions et souvenirs

À force de m’écrire
Je me découvre un peu
Et je retrouve l’Autre.

Andrée Chedid Poème inédit pour Le Printemps des Poètes - Éloge de l'autre - 2007

C'est une réponse à vous tous et toutes, avec un clin d'oeil à Jeanne.

Andrée CHEDID, écrivain et poètesse, est la maman de Louis et la grand-mère de Mathieu.

dimanche 9 janvier 2011

BONJOUR ! ENTREZ !!!



Quoi, je suis là à rôder encore comme une âme en peine dans ce corridor nu et froid, en proie à l'hésitation, aux doutes, aux regrets ?
Le poids des ans a eu raison de mon enthousiasme ?
Résolutions, prises de décisions, projets ; ce sont de vieux dossiers oubliés dans des chemises écornées ! Des documents en attente, témoins de morceaux d’histoires, bribes de vécus, jaunissent et s’effacent dans mes placards pleins de squelettes.
Guérir de ma maladie de mots, me défaire des lambeaux de phrases, de la peau des maux.
La petite Danielle se raconte. Immuable déroulement de la vie : revenir à la source, se ressourcer, écouter le chant des fontaines et guetter le chant des sirènes (flatteries ou critiques, mais personne ne commente).
Madame raconte, se raconte, se documente, s’actualise, vous offre un poème, des photos, se dénude dans un texte personnel.
La Taty réplique, la Taty rouspète, la Taty répond.
Correspondance fictive : l’image de Narcisse déçu se délite dans l’eau trouble. Réalité troublante du virtuel.
Pourquoi tout cela dans un blog, pourquoi ce blog ? Pourquoi continuer à bloguer alors que la notion de ridicule, d'inutile, la déception, la lassitude, la routine m’assaillent ?
Parce que je possède trois jolis livrets reliés, plein de mes textes préférés livrés à l’inconnu depuis deux ans et demi.
Parce que le blog est un bon prétexte pour m’installer devant mon clavier, pour sortir les idées de la boîte de Pandore qui m'effraye tant... pour les mettre en ordre, les énoncer clairement. Pour secouer ma paresse.
Allez, zou, il faut que je crapahute jusqu'au bout du couloir.

Puis, je pousserai la porte bleue et guetterai le premier signe de renouveau.