jeudi 29 octobre 2015

"Regarde, Héloïse....

 
comme il sont jolis, ces petits arbustes écarlates alignés dans la rue... Vois cet arbre, là-bas, quelle belle couleur d'or... Tu ne trouves pas cela joli?" - "Mais si, mais tu sais, je vis à la campagne,  n'oublie pas. J'ai d'immenses arbres dans mon jardin et tout autour de chez moi !"
Et oui, fillette, moi aussi j'ai connu des sites charmants, des paysages séduisants, des horizons où le regard se perd, des montagnes imposantes à vous couper le souffle. Et L'Océan... ah, l'Océan !
Maintenant, je rêve devant la télévision, subjuguée en découvrant des reportages étonnants.

Et lorsque je sors de l'appartement, et bien, je savoure le moindre détail qui me fait aimer ma ville ; une rangée de platanes au feuillage rouille accrochant la lumière pour se détacher sur un fond de ciel pâle - la colline qui mélange ses couleurs pour fêter un été indien - les tilleuls qui laissent tomber de gros confettis sous les pas des passants. Je ne me lasse pas (je me répète) de la perspective offerte en traversant un pont sur le Rhône. J'aime ses quais et ceux de la Saône. Et, bien sûr, dès que possible, j'irai faire encore le tour du Lac émeraude du Parc de la Tête d'Or. La variété importante d'arbres présents offre une telle diversité de formes, de tailles, et surtout de couleurs que je peux m'y promener à l'infini sans jamais me lasser. Et, plus avant dans la saison, nus, mais fiers et dignes, ils révèlent leurs squelettes surprenants.
"Je n'aimerais pas vivre en ville, je me sentirai en cage"... me dit Héloïse.
Certes. Dix pour cent de verdure autour de soi ne suffisent pas pour guérir de l'angoisse et de la dépression, parait-il.
Le matin, j'aperçois un morceau de ciel, sur la gauche, qui me révèle "l'air du temps" : lever de soleil rose, ou bien ciel gris sale et pâle, gros nuages blancs sur fond bleu ou lourdes nuées sur fond plombé. Côté cuisine, en regardant en biais, je suis les progrès de l'automne transformant la vigne vierge et les arbres. Là, le soir, j'ai droit à de magnifiques couchants.
Mais oui, il me manque de "vivre" un paysage ; de le sentir pénétrer par les yeux jusqu'à l'âme, de le respirer, de le ressentir par tous les pores de la peau, de l'éprouver par tout les muscles. Ah, l'odeur de la pierre, de la terre, de l'eau, de la mousse, du bois, des feuilles... et le sable, les embruns, la pluie... Et cueillir les coucous, les primevères, les marguerites, la bruyère, les blés mûrs, les châtaignes, les pommes, les noix...
 
Mamy était une petite fille de la campagne !       


1 commentaire:

  1. Quelle belle écriture tu as, TatyDany ! Nostalgie d'un passé qui ne se revivra pas mais en même temps tu sais apprécier le présent. Ta ville n'est pas la campagne mais possède quand même de magnifiques espaces qui te permettent de savourer les saisons.
    Pour les odeurs et les cueillettes, je comprends...
    Grosses bises.

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