
La voix lointaine, Yves Bonnefoy
Je l’écoutais, puis j’ai craint de ne plus l’entendre,
qui me parle ou qui se parle.
Voix lointaine,
un enfant qui joue sur la route,
Mais la nuit est tombée,
quelqu’un appelle.
Là où la lampe brille, où la porte grince
En s’ouvrant davantage ;
et ce rayon recolore le sable où dansait une ombre,
Rentre, chuchote-t-on,
rentre, il est tard.
(Rentre, a-t-on chuchoté, et je n’ai su qui appelait ainsi, du fond des âges,
quelle marâtre, sans mémoire ni visage,
quel mal souffert avant même de naître.)
Yves Bonnefoy.
Pour moi, la première partie, c'est la douceur d'une voix maternelle appelant doucement l'enfant à revenir dans le cercle lumineux et protecteur de la famille.
Visiblement, pour l'auteur, c'est l'appel que l'enfant que personne ne regarde (marâtre sans visage), à qui personne ne parle (sans mémoire); appel redouté à quitter la paix nocturne pour rentrer dans un foyer où il est le non désiré(mal souffert avant même de naître), le malvenu, le mal-aimé, héritier d'un destin subi "du fond des âges".
Voilà, c'était la minute scolaire de la Taty !
Bonnefoy, j'aime beaucoup ses poèmes, parfois obscurs, je dois dire. Des mots qu'il faut relire.
RépondreSupprimerTU me le fais découvrir. Bonne journée.
RépondreSupprimerà Caro-carito : la première partie pour moi est très "évocatrice" : je vois l'image d'un enfant appelé par sa mère, à la tombée du jour... Mais la deuxième partie est plus violente ; visiblement, pour l'auteur, c'est un mauvais souvenir !
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