Je crois qu'en Maternelle je jouais avec les autres. En tout cas, je me suis revue faisant "de la terre fine" en raclant le mur en pisée... Dans le bac à sable, nous avions des seaux en bois avec des rayures vives. Sans doute nous jetions nous des poignées de sable à la tête, comme tous les enfants !
A la Primaire, ça s'est gâté !
Je redoutais les jeux d'équipe : toujours prisonnière au "ballon prisonnier" parce qu'incapable de bloquer le ballon lançé par les méchantes "costaudes" - toujours la première attrappée dans la chaîne du "Loup" - jamais choisi dans les rondes "ah Danielle si tu crois que j't'aime, mon p'tit coeur n'est pas fait pour toi, il est fait pour Unetelle que j'aime qui est cent fois plus jolie que toi" : voilà qui aide à soigner les complexes !
A la corde à sauter, je me prenais les pieds et faisais le plus souvent partie de celles qui faisait tourner la longue corde.
Je regardais le plus souvent les autres jongler contre le mur en attendant mon tour...
Je me défendais pas trop mal à la marelle (ciel, terre) et à la "caniche" (marelle en rectangle à 6 cases).
Pas de vélo, ni de trottinette, mais une paire de patins à roulette pour le garçon et une à partager avec Soeurcadette qui avait une idée très personnelle du partage équitable. Heureusement, je prenais ceux du frérot pendant qu'il jouait aux billes et, au lance-pierres, visait les plaques de rues, les poteaux indicateurs, les lézards, les moineaux et les chats. A chaque époque ses petits voyous !
A cache-cache, je cherchais pendant des heures car, peureuse, craintive, il est des "trous" ou je ne me serais jamais aventurée ! Et je ne courais jamais assez vite !
A la maison, les jeux de société avec Soeurpetite et Frèredeux tournaient très vite au pugilat dont je faisais toujours les frais ! Mais j'ai des souvenirs de "on joue à la maman ou à l'école" avec Filletrois ou Soeurpetite. On y jouait, l'été, dans la cour du HBM sur le trottoir cimenté : on dessinait des maisons à la craie, la chambre, le salon... on installait les poupées, la dinette... Un jour, la sentence tombe : les petites soeurs seules ont le droit de descendre dans la cour : "toi, tu es trop grande maintenant. Y'a autre chose à faire"...
Je garde un souvenir ému (et sans doute embelli) de mes vacances chez Mémé où l'on ne JOUAIT A RIEN sinon à observer, à découvrir, à respirer des odeurs, à goûter des tas de choses, à suivre Pépé ou Mémé du jardin à la cave, dans le pré, dans la vigne. Donner à manger aux poules, aux lapins, ramasser les oeufs, tenir un poussin dans les mains, enlever les mauvaises herbes... se faire arroser un tout petit peu avec le jet par Pépé... cueillir des coucous, des marguerites, et les cerises (ah, le temps des cerises !)... courir après les sauterelles... Faire de la balançoire.
Cet enchantement a durer longtemps, jusqu'à ce qu'il soit remplacé par l'aprentissage de tâches telles l'épluchage des pommes pour la compote, des poires pour les pâtés, le dénoyautage des cerises pour la confiture... des légumes pour la soupe, etc, etc... Cirer les meubles, allumer le fourneau, faire la poussière, apprendre à coudre ! L'été, la demeure grand-parentale se transformait en une ruche sans cesse active et bourdonnante.
Un jour, ces occupations sont devenues obligations et ont cessé de m'amuser ! Mais, à ce jour, j'ai horreur des jeux de société et des jeux de cartes et je fais mes mots fléchés en... solitaire.
La lecture et l'écriture restent mes RECREATIONS (re-crétions) favorites !
un délice à lire cette traboule ..
RépondreSupprimerOh si tu savais combien de fois aussi j'ai redouté d'être le fromage à battre du "fermier dans son pré " mini lynchage il fallait l'avouer ..
oui !!! 100 fois oui , "jouer à rien "
j'ai fait ça toute mon enfance , reine de la butinerie , regarder , toucher le blé , alimenter les animaux , les porter , leur parler , leur inventer une vie
il faut absolument relancer ça , le jeu du rien , ma Rose est spécialiste , une abeille
et surtout , que les parents arrêtent de jouer avec leurs enfants un peu aussi
"je sais pas quoi faire ?"
" joue à rien , comme Tatydany "
merci pour ce billet qui me parle beaucoup , je crois qu'avec ta permission il sera dans mon projet professionnel d'écriture
et dans la blogo , reste au milieu si tu t'y sens bien , on ira pas te chercher de force , mais on lâchera jamais ta main dans la ronde pour que tu tombes à terre ...
Magnifique cette traboule... vivante, émouvante, elle me parle :)
RépondreSupprimerLe jeu du rien.. à proposer.. à suggérer.. à apprendre.. je l'ai pratiqué aussi chez grand-mère, à regarder, réver, papoter à la fraicheur du soir, sur le banc en bois, à chercher et à compter les lucioles.. à observer les étoiles.. c'était si délicieux de ne rien faire avec Elle !
Moi aussi, j'ai joué à la marelle, adoré le patin à roulettes, jongler, sauter à la corde, jouer au cerceau (ah ! le cerceau !)... inventer des palais avec les feuilles mortes ou de la craie.. sourire, ça fait du bien de se souvenir
(Ah, au fait, j'emmène Coccinelle dans mes valises, elle retourne dans le Sud, va être contente !)
Et oui, ce n'est plus un secret pour personne, nous avons eu la même Mémé et j'ai révé aussi, les soirs d'été, la tête sur ses genoux, avec la conversation des grands se croisant au-dessus !
RépondreSupprimerEt nous avons remué les mêmes feuilles mortes, dans la même cour pleine de gros graviers, sous les mêmes immenses platanes ! Est-ce parce que nous savions apprécier ces riens que nous sommes si proches malgré nos 14 ans d'écart alors que d'autres de la même "nichée" ont tranformé leur enfance en roman de Zola ? Ou bien, pauvrettes, nous étions "innocentes" et peu fûtées !
Un petit fils m' a dit un soir: "demain, je me lève de bonne heure pour jouer à tout !"
RépondreSupprimerC' était comme ton "rien".
C'est sans doute aussi ce que voulaient dire mes filles lorsque je les récupérais à l'école et que je leur demandais ce qu'elles avaient fait : "rien"... Dans mes spectacles favoris de petite fille, il y avait le plaisir d'observer, depuis le premier étage de la maison, les blés déjà hauts mais encore verts qui ondulaient dans le vent : une merveille pour moi !
RépondreSupprimerTout un pan de l'enfance qui revient à la mémoire, délicieux ! A l'école, les lutins font aussi du sable doux en grattant les murs ... Mais ils creusent loin, les petits diablotins !
RépondreSupprimerAh Lily, quelque soit l'âge, on finit par avoir des bouts d'enfance qui se recoupent : mêmes rites, mêmes comptines. Pour moi, s'y ajoutent l'odeur des pupitres cirés, de l'encre, du grésyl servant à désinfecter les parquets de bois blanc... "Nul ne guérit de son enfance" chantait Ferrat...
RépondreSupprimerA Jeanne : "toucher le blé", pour moi c'était enfoncer mes mains dans le sac plein de grains lisses et dorés, c'était doux... un eu mon sable à moi !
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