
Mais où sont les neiges d'antan ? Elles sont là. Par je ne sais quel miracle, je retrouve ma puérile et douce gentillesse et mon âme d'enfant. Heureusement car, égoïstement, je veux ignorer les méfaits de ce linceul blanc qui ensevelit les lignes électriques, les rails du TGV, les voies de l'autoroute, et, à Lyon, les rails du tramway, les circuits de bus et même... les rames du métro ! Oui, ce matin j'ai entendu dire qu'il n'y aurait que peu de métros !!!! Certes, l'altitude de nos deux collines rend leur accès périlleux mais nous ne sommes tout de même pas en Lozère, ni au Mont Aigual. J'ai une pensée pour tous les gens qui grelottent, dans le noir, regrettant amèrement d'avoir voué un culte immodéré à la Fée Electricité. J'avoue que je n'aime pas savoir ma Petite Famille en butte au verglas sur les routes de l'Ain.
Une pensée particulière les sans-abris, les mal lotis, les personnes très âgées et solitaires...
Seulement, voilà, aujourd'hui, j'ai 10 ans, comme notre Alain (Souchon, pas l'Autre, le Nôtre) et, surprise par le silence ouaté, j'ai soulevé le rideau pour admirer le sapin dont les branches croulent sous le poids du blanc fardeau... et les arbres redessinés à grands coups de gouache blanche, les fins grillages transformés en dentelles, les vélovs grelottant serrés les uns contre les autres, les voitures houssées de blanc. Le "coq" de bronze garde fière allure, campant sur sa placette immaculée. Mais je déplore que les trottoirs soient de perfides pièges pour les semelles glissantes et les abattis rhumatisants !
Oui, je sais, je ne vais pas m'habiller en vitesse pour descendre faire des boules de neige dans la cour ! Je ne remonterai pas à la maison pour m'ébrouer avec l'onglée aux mains et aux pieds ! Mais j'entends Maman et Mémé dirent, la veille des chutes de neige : "Il fait un temps à neige. Les gones sont énervés comme des puces. Et j'ai les pieds à la glace, j'arrive pas à me réchauffer, je suis gelée jusqu'aux os"... Pas de crainte à avoir : la provision de traverses SNCF, de sarments odorants, d'anthracite et de boulets est faite, les "cornets" du poêle LEAU et du fourneau bien ramonés et passés au Zébralu... le duvet et la plume des édredons renouvelés, et retricotés les pieds des chaussettes en laine brute. Pas de problème pour se rendre à l'école, de l'autre côté de la rue. Mais, aura-t'on l'autorisation de sortir à la récré ? Sans doute que non ; la directrice a ouvert la porte du couloir côté rue afin de nous accueillir directement dans les classes chauffées par le gros poêle de fonte.
Bon, reprenons pied dans la vraie vie d'aujourd'hui : "la neige tombe en avalanche, après la plaine blanche, une autre plaine blanche"....
Chère Taty, t'avouerais-je que hier quand jai entendu les chants sur la grand place de notre capitale et les lumières qui scintillaient, les larmes au bord des yeux comme un sentiment d'enfance. Petite fille j'étais redevenue et puis ben je me suis un peu calmée. Notre âme d'enfant resurgit durant cette période et tant mieux...Bisous du vent du nord
RépondreSupprimerC' est vrai : quelle frustration quand on ne pouvait pas sortir à la récré !
RépondreSupprimerLe Barbu avait un collègue grenoblois exilé à Laval qui rigolait : "En Mayenne, dès qu' il tombe 3 flocons de neige, la vie s' arrête !" C' est vrai qu' on est assez bêtes et maladroits dans ces cas là.
Encore des souvenirs dont certains communs !
RépondreSupprimerJ'aime bien ta façon de raconter !!
Bravo Ptilapin, garde ta faculté à t'émouvoir, surtout (voir billet sur "tristesse"). Bof, tu sais, les Grenoblois sont guère mieux lotis que les Lyonnais en ce qui concerne les rues de la Ville ! Merci Antiblues, chaque fois tu apprécies mes "rédactions" ; ça réconforte !
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