Pour moi, la colo c’était formid’. Et la S.N.C.F. gâtait particulièrement ses colons. Par pudeur, Maman disait que "c'était pas plus cher que de nous nourrir à la maison". La dépense faite était remboursable par prélèvements sur la paye tout au long de l'année et je pense que ce n'était pas toujours facile de vivre avec ce salaire amputée. La colo : plus de frères, plus de sœurs, une petite fille nouvelle que personne ne juge. Car je redoutais les conflits familiaux ; me faire oublier, ne pas faire de vagues, ne pas créer de conflits, obéir, faire plaisir. Je ne me suis pas construite « contre » mais avec ce que j’avais, sans trop de révoltes, ni d’ambitions. Adulte, on appelle cela être lâche et servile, personnalité effacée. J’étais donc heureuse de ces vacances offertes, de la découverte de la montagne, puis de l’Océan et enfin de la campagne. La campagne, ce n’était pas une nouveauté car, pour moi, les souvenirs d’enfance, c’est plus la maison de mes grands-parents que mon HLM de Gorge-de-Loup. Libre, à ne rien faire d’autre que de courir du jardin au pré, à suivre Mémé partout, à observer Pépé au jardin, à la vigne... etc. (L’imagination m’apportait des délices infinies, a dit Gérard de Nerval). Bref, je n’ai jamais eu un seul été sans vacances. Ah, le camping avec les parents ! Pas question d’être des ados « tirant la gueule » : de toute façon, j’avais des petites sœurs et j’avais un rôle à jouer... et Maman avait bien le droit d’être en vacance elle aussi ! La seule année sans vacances est celle où j’ai terminé les cours en Juin pour commencer à travailler. C’est peut-être à partir de ce moment là que j’ai compris que le temps de l’enfance, de l’insouciance, de l’inconscience (disons le) était révolu !!! Et, choix ou pas choix, rebelle ou pas, réaliser qu'il faut consacrer 8 h de sa journée pour gagner sa vie, et subir la loi du travail. Plus tard, certaines femmes feront de ce choix une libération... Mais, les pères chargés de famille se sentaient comment, à mon époque ???
Et ensuite... et bien chaque année Ma petite famille est partie : maison de la belle-sœur dans le Midi, maison d’amis en Savoie, Maison familiale et V.V.F, puis camping, camping, camping... Côte d’Armor, Dordogne, Gap et le Queyras, les Landes. Mais là il faudrait laisser la parole à Princesse Aînée (qui n’a guère aimé) et à Princesse Cadette (toujours contente parce que sachant profiter de chaque bon moment comme d’un cadeau).
Pas facile de commenter ce billet. Du reste je suis le seul à m'y risquer on dirait !! :)
RépondreSupprimerTu as su trouver les mots pour exprimer des regrets. Mais est-ce vraiment lucide ? Il faudrait le regard d'un autre qui a partagé ces mêmes moments et comparer ...
Enfant, quand on doit se sacrifier, s'effacer, l'éducation parentale est souvent déterminante ...
Je ne parlerais pas de lâcheté ni de servilité qui ont un sens bien trop négatif mais plutôt la création d'une faible estime de soi par pression familiale . Une blessure qui ne s'est jamais guérie semble-t-il ...
pas facile non de commenter ce billet...
RépondreSupprimerBillet écrit par Tatydany adulte, je pense que cette enfance là n'était ni effacée, ni complexée, et n'avait pas encore une faible estime d'elle, d'ailleurs l'a t'elle ?
Non sans doute du mal a être l'ainée d'une famille dont certains membres avait une très forte personnalités, cette enfant là avait une intelligence et une sensibilité particulière ! et elle l'a toujours, et avec des mots d'adultes, elle habille ses souvenirs, mais ces blessures n'ont elles pas réelleement pas vu le jour dans un monde d'adulte qui a "dé-construit" ??
Je reviens. J'avais déjà fait un tour sur ce billet et une première lecture...
RépondreSupprimerQuand on est parents d'enfants, on fait pour le mieux, sur le moment, avec tous les aléas de la vie...
C'est seulement après, quand les enfants sont à leur tour parents, puis grands parents, qu'ils se rendent qu'ils auraient peut être dû faire autrement, plus, etc.
L'essentiel c'est d'en être conscients.
Faire ce que l'on peut, du mieux que l'on peut...
Tu as su te construire de belle manière, chère TatyDany. L'image que tu nous offres de toi est adorable. Ne change rien. Ne réfléchis pas trop. Laisse toi porter par l'air du temps !
Je t'embrasse
Les Landes, c'était sans nous... Vos premières vacances sans les enfants, votre "colo" d'adultes...
RépondreSupprimerPour le reste, tu as oublié la maison de campagne, les balades pour aller acheter les gros pain, les repas sous le grand tilleul, la boutasse, Tartine et Mandarine, Canou... J'ai construit des souvenirs sans m'en rendre compte, mais ils sont heureux ! Et sans cesse ma petite princesse me demande "Maman, raconte comment c'était quand tu étais petite !", sans doute parce que lorsque je raconte, elle entend tout le Bonheur que je mets derrière chaque mot, chaque anecdote...