mercredi 25 août 2010

LES JOLIES COLONIES DE VACANCES... suite

Je ne sais plus comment et à quelle heure nous étions arrivés à la colo. Je ne revois plus ni la couleur des murs des chambres de 4 ou 5 lits, avec lavabo, ni de ceux du réfectoire largement éclairé et aéré par de vastes baies se terminant en arrondi. Mais il me reste en mémoire l’odeur du cacao et du pain frais du matin, et le joyeux brouhaha des bancs que l’on approche des longues tables, des brocs entrechoqués, des couverts, des verres, le gai babil des petits colons en short marine et chemisette. L’appétit ouvert par le grand air, j’aimais tout ce que l’on me servait à manger. J’aimais ces goûters partagés en rond, dans une clairière, à la mi-temps de la promenade : une tranche de gros pain, une pâte de fruit ou une barre de chocolat... J’aimais les jeux sur les pelouses du Parc : la clé de St Georges, les rondes, colin-maillard... J’adorais les promenades au long des routes et des chemins, au rythme des chants : « le matin tout resplendit, tout chante »... « Mon hibou ululera, tiyou, tiyou, lalala », « elle descend de la montagne à cheval », « on m’appelle, on m’appelle fleur d’épine, fleur de ronce, c’est mon nom »... « Un kilomètre à pied », c’était pour le retour, un peu lasse, saoulée de grand air, de soleil, de gambades sur les rochers, d’odeurs de mousse, d’aiguilles de sapin, d’herbes sèches, de pierres chaudes, de myrtilles. Heureuse parce qu’entièrement tournée vers l’instant présent, à rire, à bavarder, à bouger, à profiter de tout ce qui pouvait s’offrir à ma vue, mon nez, mes oreilles.
Souvenir d’un encadrement par des monitrices calmes, gentilles, attentives ; mais n’étions nous pas, dans ces années 50, dociles, faciles, peu exigeantes ? Elles étaient chargées de veiller sur le linge qui revenait de la lingerie, de surveiller les toilettes, de présider aux douches et shampoing (petits berlingots Dop), d’officier pour la rédaction du courrier, de comptabiliser l’argent de poche. Ah, l’argent de poche et les sorties shopping dans les magasins de souvenirs : un petit ramoneur savoyard ou une broche (edelweiss, chamois, piolets croisés et chaussures de marche), un petit chalet tirelire, une boule qui fait neiger sur Combloux, un dé, un écusson ?
Hélas, venait le dernier soir, autour d’un feu de camp ou dans une grande salle : « ce n’est qu’un au revoir », et brutalement, de façon incontrôlable, la poitrine qui se gonfle et les larmes qui déferlent, raz-de-marée bienfaisant. Parce que ces moments passés étaient trop beaux, trop forts, trop vrais, trop purs... parce que « nous n’aurons plus jamais notre âme de ce soir » ... Pudiquement, de retour à Lyon, on a déclaré que la petite Danielle, qui continuait à pleurer pour un rien avait attrapé « le mal des montagnes » !!!!

3 commentaires:

  1. Comme j'aime lire tes souvenirs de colos , ce que tu décris , les joies du groupe , les séparations
    "fleur d'épine " ah oui , je me souviens !
    j'avais fait une colo à Sallanches , face au Mont Blanc , il fallait tenir le rythme , les enfants n'étaient pas tout calmes
    Je me demandais ce qu'ils garderaient au fond de leur coeur
    Ce sont de belles expériences, des moments forts qui forgent les parcours
    merci pour ces souvenirs d'été de ton enfance
    je t'embrasse

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  2. Comme c'est bien raconté!
    La puissance évocatrice par les mots si bien choisis ... Un vrai plaisir de te lire !
    Suis jamais parti en colo, tu me donnes des regrets !

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  3. Je n'ai pas de tels souvenirs, n'ayant jamais été en colo !
    Mais on me planquait "à la ferme"... c'était pire, je pense !

    J'ai accompagné une seule fois, une classe verte, une galère de veiller 24 h/24 des gosses qui ne sont pas les nôtres ! Le soir, il fallait consoler les garçons qui pleuraient et faisaient même pipi au lit... les filles étaient plus dégourdies et plus autonomes !

    Les filles n'ont pas été non plus en colo, à part une fois pour Stef, il me semble...

    Heureuse que tu sois de retour sur ton espace, ton été a été un peu comme le désert... et je n'aime pas ça du tout, du tout !

    Mais, pas trop vite, pas trop fort, j'pourrai pas suivre et tu seras pas contente !

    Bon retour en douceur... l'été indien est programmé à Lyon !
    Ce sera chouette...

    Bisous frisquets

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