
« 4 heures ! Ils ne sont pas venus goûter ! Où sont les enfants ?... » - « 6 h 30 ! Rentreront-ils dîner ? Où sont les enfants ?... » La jolie voix, et comme je pleurerais de plaisir à l'entendre... Les enfants, jour par jour vieillissent... S'il est un lieu où l'on attend après la vie, celle qui nous attendit tremble encore"(COLETTE)
J'aime et admire beaucoup l'écriture de Colette, parce que ça foisonne, ça pétille... Et aussi, sans doute parce que, pour moi, c'est évocateur de mon vécu. Souvenir d'une enfance avec des dimanches et des vacances à la campagne à ne vivre que de ressentis, tel un animal ou une sauvageonne ; la chaleur, le vent, l'eau et la fraîcheur sur la peau, le goût des fruits, la saveur des légumes, et les odeurs, ah, les odeurs !
Mais où sont les enfants ? Ils ont quitté la grande table de fête sitôt après les œufs à la neige, gâtés, gavés, repus. Les femmes s'affairent, débarrassant le couvert, secouant la nappe immaculée, lavant et essuyant la vaisselle tandis que les hommes boivent la gnole et commencent une partie de cartes. Elles n'ont pas le temps de se préoccuper de ce que font les gamins. Ils ont troqué leurs habits du dimanche pour ceux de la semaine. Sont-ils dans le grand pré à courir après les sauterelles, cueillir des marguerites, se barbouiller en mangeant des cerises trop mûres ? Sont-ils à faire des galipettes dans le talus en pente douce qui descend jusqu'au ruisseau ? Mon Dieu, le ruisseau, s'ils le suivent et arrivent au puits ? Sans compter qu'ils risquent de s'accrocher aux barbelés ! Sont-ils encore à grimper aux branches basses du sapin pour revenir tout poisseux de résine ? Ou à faire le cochon pendu pour se rompre le cou ? Sans doute disent-elles "ah, on pourra dire qu'ils nous en ont donné du mal, ces enfants" !
Il est trop tard pour demander pardon, Maman. Mais je ne cesserai de dire merci, et encore merci pour m'avoir donné toutes ces années d'innocence, de douceur, de tendresse et d'amour ! Ne tremble plus ! Mon tour est venu de trembler pour mes petits Princes et c'est... délicieux !
BONNE FETE LES MAMANS !!!
tatyn que d'émotion en lisant tes si beaux mots. j'ai encore cette chance d'avoir mes parents et dire bien souvent merci à ma maman pour l'enfance que j'ai eue, sans entraves, à courir à travers champs, grimper aux arbres en toute liberté. voler les poires, les cerises, les prunes gorgées de soleil. Bisous...
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