mardi 27 mai 2014

RIEN, MOINS QUE RIEN...

"Bonjour la vie ! Bonjour les amis ! Et oui, nous voici ! Nous sommes là... que demander de plus".

Il y a deux ans, à l'automne, notre ami apprenait que son abcès dentaire cachait une atteinte bien plus grave de la mâchoire et de la joue !
La narration de la liste des opérations et des souffrances subies occuperait des pages et des pages. D'abord, extraire les dents et enlever l'os et la partie de la joue atteinte. Rayons, chimio... Prélèvement d'un morceau d'os du tibia et greffe... prélèvement d'un pectoral pour reconstruire la joue... Chaque jour, il faut refaire le pansement qui cache la joue en attente de reconstruction définitive. Pas de soleil sur le torse ni sur la jambe ! Pas de piscine ! Mais qu'importe...

Il y a deux jours, nous avons levé nos verres de champagne à la joie retrouvée, aux minuscules petits plaisirs qui ont révélé une autre saveur, au grand bonheur d'être là ! Ce soir là, le temps nous avait gâté : douceur, belle lumière dorée, ciel parfait, beau soleil couchant qui s'est attardé.

Hier, nous avons fait ensemble une partie de pétanque décontractée et souriante ; un vrai grand moment de détente !

Mais faut-il vraiment passer par ces épreuves harassantes pour retrouver un autre goût à la vie et lui donner son vrai prix ???

Allez, réfléchissez ! Je vous laisse. Nous partons tous les 4 faire une petite promenade en voiture pour visiter quelques jolis petits village !






mercredi 23 avril 2014

LAISSONS BRANGUES SE REPOSER;;;



Vue générale du village.... et quelques toits et pignons.


"BRANGUES... cette syllabe de bronze monnayée trois fois le jour par l'Angélus" a dit Claudel.

BRANGUES, aux couleurs de Stendhal... le rouge et le noir, le rose et le vert, la Chartreuse de Parme...

Exposition du 12 avril au 31 août.

Visites commentées du château : samedi 17 mai, samedi 14 juin, samedi 4 octobre.
 

BRANGUES, C'EST AUSSI PAUL CLAUDEL

Nous apercevons tout d'abord l'imposante ferme puis  nous longeons l'interminable mur d'enceinte cachant l'immense parc. Enfin, nous apercevons, au bout d'une longue allée de platanes, ce fameux château, édifice privé appartenant à la Famille Claudel et que l'on ne peut visiter qu'à certaines dates.
Sa construction débute au XIVème siècle sous l'égide de la famille Rossillon dépossédée ensuite par Louis XI au profit de Imbert de Baternay. Jeanne de Baternay épouse Jean de Poitiers et leur fille unique, Diane, favorite de Henri II possède quelques temps les terres de Brangues et du Bouchage.
1609 : les Gratets font construire 2 ailes,
1830 : appartient au Marquis de Quinsonnas,
1856 : appartient à la Famille de Virieu,
1927 : Paul Claudel l'achète et s'y installe.




 
Nous nous rendons sur la tombe de Paul Claudel qui repose en compagnie de sa femme et de son petit fils. Elle porte cette inscription sibylline :
"Ici repose les restes et la semence de Paul Claudel". Ne nous méprenons pas.
Cette inscription est inspirée de l’épître de Saint Paul aux Corinthiens : « cette semence que l’on met en terre à l’automne, semble mourir pendant l’hiver, mais germe et revit au printemps« .
Il s’agit d’un message d’espoir.
Déjà en 1892 Paul Claudel aborde ce thème :
« Au-dessous de la raison, au-dessous de la conscience, au-dessous du sens,
Au-dessous de l’instinct et de toute partie allumée de nous-mêmes,
Voici que, tout éperdu dans une révolte comme celle de la Conception,
Nous sentons que nous ne pouvons plus défendre ceci en nous,
Qui est comme le noyau germinal, le grain intime, la semence de notre propre nom ! »

         (Paul Claudel – La Jeune Fille Violaine)e e
Autour de la tombe se trouve un petit jardin Japonais offert en 2001 par Takatoshi Takemoto, mécène, pour remercier le poète ambassadeur admiratif de la culture de ce pays. Il fut réalisé par Olivier Brière.
"Creuse ce jardin comme une tasse où tu viendras goûter l'élixir de tout ce paysage aromatique" (Paul Claudel)



 Laissons le reposer en paix... mais n'oublions pas sa Sœur, Camille Claudel, et surtout l'attitude qu'il a eu envers elle, devenue tellement gênante pour sa carrière.



Claudel n'a pas eu que des admirateurs, mais aussi des détracteurs. Après la mort de Claudel, André-Paul Antoine, journaliste à L'Information, à publié cet épitaphe littéraire dans son journal : « Si M. Paul Claudel mérite quelque admiration, ce n'est ni comme poète, ni comme diplomate, ni comme Français, c'est comme maître-nageur »

lundi 21 avril 2014

BRANGUES... EN ROUGE ET NOIR

Photo : La maison MICHOUD

A BRANGUES s'est déroulé un drame qui a inspiré STENDHAL (Henri Beyle 1783-1842) pour son célèbre roman "Le Rouge et le Noir".
Le héros du fait divers sanglant est Antoine Berthet, né le 4 mars 1801), 7ème enfant d'un maréchal-ferrant possédant sa maison à Brangues. D'une intelligence remarquable, il est distingué par l'Abbé Michoud qui l'envoie au séminaire. Antoine y tombe malade et revient dans sa famille. Au séminaire, dans sa malle, on découvre des lectures "contraires aux bonne mœurs" et on l'invite à ne pas revenir.
Il est placé chez Monsieur MICHOUD DE LA TOUR comme précepteur. Il se prend de passion pour la maîtresse de maison, née Eulalie Giraud.  En 1823, il est envoyé au séminaire de Belley d'où il est renvoyé 3 ans après.
Il devient précepteur des enfants du Comte CORDON au Château de la Barre. Henriette, fille du Comte, en tombe follement amoureuse. Le projet de mariage est contrarié par une lettre de non-recommandation, aux termes très défavorables, de Mme MICHOUD DE LA TOUR souffrant d'une jalousie morbide. Antoine est renvoyé en 1827.
Maître Trolliet, Notaire à Morestel, l'embauche.
Mais, plein de rancœur et de jalousie, il prépare sa vengeance.
Le 21 juillet 1827, il se rend à la messe à BRANGUES et se place derrière Madame MICHOUD. Il lui tire une balle dans la nuque au moment de la communion puis tente de se suicider.
Arrêté et emprisonné à Morestel, puis Bourgoin, puis Grenoble, il est jugé coupable tandis que Mme MICHOUD se remet lentement.
Le couperet tombe : Antoine avait 26 ans.
L'Eglise profanée sera démolie puis reconstruite.

mardi 15 avril 2014

IL SUFFIRAIT DE FRANCHIR LE PONT... et l'on passe de Rhône à Ain

Le pont de Groslée est un pont suspendu franchissant le Rhône entre les communes de Groslée (Ain)et de Brangues (Isère). Conçu par Ferdinand Arnodin et achevé en 1912, il a une portée principale de 177,20 m de longueur.
Il a été partiellement détruit en 1940 pour stopper l'avancée allemande mais rapidement rétabli.
Ferdinand Joseph Arnodin est un ingénieur et industriel français né le 9/10/1845 à Ste-Foy-Lès-Lyon (69) mort le 14/4/1924 à Châteauneuf-s/Loire (Loiret).
La construction des ponts suspendus s'était arrêtée en France à la suite de l'effondrement du pont des chaînes d'Angers en 1850, et celui du pont de La Roche-Bernard en 1852. Il va en relancer la construction en améliorant leur stabilité vis-à-vis des actions dynamiques : augmentation de la rigidité des poutres latérales du tablier, invention des câbles toronnés à torsions alternatives. Il a construit un grand nombre de ponts suspendus de la seconde génération (fin XIXe - début XXe siècle), et il a aussi restauré et consolidé quantité de ponts suspendus anciens à câbles de la première génération (avant 1860) : les tabliers étaient renforcés et les vieux câbles de fil de fer remplacés par des câbles d'acier à torsions alternées, souvent avec adjonction de HAUBANS (modification structurelle connue sous le nom de "Système Arnodin").
(Je suis l'auteur de la grande photo : comme de nombreux curieux, nous sommes descendus sur la berge pour mieux admirer le pilier - la petite photo a été trouvée sur Wikipédia).





Bon, voilà que Tatydany ne cesse de passer d'un Pont à l'autre... que ce soit à Lyon à la campagne... en attendant les ponts des Fêtes de Mai ! Et encore, encore, voilà qu'elle glorifie ce Rhône qu'elle a vu musarder, autour de Brangues, s'alanguissant en méandres, prenant des airs bucoliques entre lac et étangs... étirant un bras paresseux pour longer les plantations de peupliers, les bois, les bosquets Mais toujours de cette incroyable couleur d'émeraude jouant avec les reflets de l'azur. Roi de cette plaine alluviale, il règne sur un immense domaine très verdoyant, aux riches prairies grasses, aux plantations de peupliers, gîte et refuge d'une incroyable faune et d'une très riche flore.

samedi 12 avril 2014

ARSENIC... ET VIEILLES DENTELLES


Arthur Rimbaud
POISON PERDU
 


Des nuits du blond et de la brune
Pas un souvenir n’est resté ;
Pas une dentelle d’été,
Pas une cravate commune.

Et sur le balcon, où le thé
Se prend aux heures de la lune.
Il n’est resté de trace aucune,
Aucun souvenir n’est resté,

Au bord d’un rideau bleu piquée,
Luit une épingle à tête d’or
Comme un gros insecte qui dort.

Pointe d’un fin poison trempée,
Je te prends, sois-moi préparée
Aux heures des désirs de mort.
 
Le menuisier au tableau... noir... aurait-il un coup de blues ? ou un trou de mémoire ?
Je crois qu'il avait déjà affiché ce poème de Rimbaud.
Mais, après tout, une piqure de rappel, ça ne fait pas de mal !!!

REPONSE.. à bâtons rompus

Merci Jeanne, un compliment fait toujours chaud au cœur. De plus, j'ai le sentiment que tu as saisi ce que je voulais faire passer : la nostalgie de l'enfance qui me reprend à chaque printemps avec ce manque tjrs profond de ces personnes que j'ai tant aimées... et celles qui se sont éloignées sans que l'on sache ni pourquoi ni comment... mon rapport difficile avec l'écriture qui me sert d'auto-analyse. Je vais boire un grand coup de sirop Vermifuge Lune... et je serai mieux "lunée" !!!!!
Merci Madora : Je les aime tant, ces objets... J'aimerai en dresser l'inventaire pour expliquer leur histoire ! Mais c'est imposer un lourd héritage. Autant que chacun se les approprie et les fasse vivre, comme tu le dit ! Tu sais combien Sœurgrande a des raisons de se sentir triste, accablée, déçue. Tellement solitaire ! Et tellement "solidaire" de tous ces ennuis qui accablent les miens !
Merci Praline : merci de ta compréhensive gentillesse. Le temps qui file entre les doigts comme du sable... regrets, remords, souvenirs gais et tristes, le mot avenir qui ne veut plus rien dire, le mot passé qui a pris la place du présent sans que l'on s'en rende compte... Dix années de moins font la différence ! Merci pour les compliments sur l'écriture : je m'applique et cela me tient à cœur !