samedi 26 mai 2012

La Marquise de Sévigné en ses terres

Me voici rendue sur les terres de Grignan, voyageant dans la pensée de la Marquise du Septième-Nord.
Oh, combien mon château, reconstruit, restauré, a belle allure sur son promontoire audacieux. Après maints aléas et sauvages destructions subis dans les affres d'une histoire mouvementée, l'harmonieuse façade a retrouvé sa majesté et son véritable caractère.
Claire et belle, la Collégiale - (où repose mon corps après que mon âme et lui se furent séparés au bout de 70 ans de collaboration) -  entend résonner sous ses voûtes altières les échos harmonieux des meilleures exécutions d'orchestres choisis.
Oh combien, oui, combien j'ai aimé et haï à la fois ce pays de soleil brûlant, de chants de cigales, de pierres, de vent.
Aimées,  les odeurs de lavande, de terres sèches, de pierres chaudes, de cyprès, de roses et de foins coupés, de fruits mûrs et de vendeanges, de truffes terreuses et de feuilles sèches.
Haï, ce vent sauvage balayant la terrasse- promontoire pour s'engrouffrer dans les moindres recoins, les corridors, les escaliers, refoulant la fumée âcre des cheminées dans les salons trop froids, fatiguant mes poumons et glaçant mes épaules malgré les châles de cachemire.
Aimés les bucoliques séjours reposants dans ma Grotte de Rochecourbière, verte et moussue, fraîche, et close aux bruits et aux curieux.
Haîe, cette distance, épuisante à parcourir, m'éloignant de ma fille, ma chair, mon sang, mon coeur, ma vie, mon âme.

Epistolière célèbre ? Je ne l'ai point appelé de mes voeux. Ma petite fille a sauvegardé les missives griffonnées par ma plume enfièvrées, procédant sagement à un tri qui a su préserver pudiquement notre intimité familiale et celle des connaissances trop impliquées. Des scandales, point n'en faut, sinon les écrits eussent terminé leur vie dans la cheminée.
Et voilà que, sans le vouloir, sans le chercher, sans tenir compte d'obséquieuses flatteries ou de viles et mesquines critiques, la célébrité posthume m'a éclaboussée de sa lumière ! On tient salon en mon village. On y découvre poètes et écrivains. Des fêtes somptueuses font revivre la bâtisse honorable des Adhémar.
Moi Marie de Rabutin-chantal, Marquise de Sévigné, immortalisée plume à la main,  en robe de bronze,  sur une place à l'entrée du village, je demande que l'on n'oublie pas la Comtesse Françoise-Marguerite de Grignan  épouse de ce Gouverneur de Provence qui l'a éloignée de Paris et sans qui mes lettres n'auraient point existé.
Merci à la Marquise du Septième-Nord pour m'avoir prêté son esprit le temps d'une promenade.

(Les photos ont été empruntées à Google. Vous  trouverez sur le Net tout ce qui concerne la Semaine de l'écriture du 1er au 7 Juillet, ainsi que le programme des fêtes du Château. Et n'hésitez pas à parcourir les tortueuses ruelles où croûlent les rosiers à chaque angle de façade).

mardi 22 mai 2012

Et si on allait au cinéma ?????

Festival de CANNES, d'accord !

 Mais n'oublions pas nos célèbres Frères LUMIERE, de LYON, Ville des Lumières, s'il vous plait !







Deux affiches prémonitoires ????
Alors, l'avenir , ce sera quoi ???????
Et une petite dernière ; pas mal, non ????
(Affiches photographiées lors d'une exposition au Musée des Moulages à Lyon)


Vendredi 25 mai 2012

"La lumière s'éteint déjà
La salle est vide à pleurer
Mon voisin détend ses bras
Il s'en va boire un café
Un vieux pleure dans un coin
Son cinéma est fermé,
C'était sa dernière séquence
C'était sa dernière séance
Et le rideau sur l'écran est tombé" (Eddy Mitchel)


lundi 21 mai 2012

DIMANCHE


Le dimanche est le septième et dernier jour de la semaine civile dans plusieurs pays du monde; La norme internationale ISO 8601 considère que le dimanche clôt la semaine et le code avec le chiffre 7.
D'un point de vue religieux, il est le dernier jour de la semaine chretienne et le premier de la semaine juive  et anglicane.  Il en va de même pour l'islam qui lui donne explicitement le nom de premier jour (Yawm al-Ahad).
Le dimanche est considéré comme un jour de repos en Europe, depuis le règne de Constantin Ier.

Ah bon, la norme Iso est passé par là.
Mais n'oublions surtout pas de remercier Constantin Ier.

Dimanche pluvieux, dimanche heureux ? Et bien, le bonheur nous dégringole sur la tête à pleins seaux et nous savons enfin ce qu'est hiverner ; tenue souple et chaude, petits chaussons, thé, café, lecture, écriture, ordi... télé.
La pluie s'arrête un moment : allons jusqu'à la rivière, prenons des nouvelles des voisins... Tiens, un peu de nuages blancs, un minuscule coin de ciel bleu. Non, il ne faut pas se leurrer... allons vite faire la vaisselle, la toilette, la provision d'eau.
Pour info, la pluie reviendra à minuit et, ce matin, elle est là, obstinée, régulière.

Mais que faisions-nous, enfants, lorsque les dimanches étaient pluvieux ? Pas de lecture dans la chambre, à plat ventre sur le lit. Les chambres ne servaient qu'à dormir ! Une partie de petits chevaux qui se terminaient toujours par les caprices de la "mauvaise perdante" ? La "grande" qui essaye de lire pendant que les petits se crêpent le chignon, rechignant d'obéir à la "commandante" ?

Décidemment, mon cerveau sélectif ne se souvient que des dimanches ensoleillés chez la Mémé, ou bien des promenades estivales dans les environs ; tenue du dimanche et chaussures neuves blessant les pieds. Amusantes ces photos en noir et blanc : la mère et la fille en tailleur, le père en costume, le petit garçon en dimanche,  qui posent devant la 202 qui les a amenés en Ardèche chez l'oncle, la tante et la petite cousine en robe à smoks, noeud dans les cheveux. Et les pique-nique en cravate et robes juponnées... Les promenades du dimanche, sur les quais du Rhône, avec dames chapeautées et gantées et gamins en chaussettes blanches.

A l'heure actuelle, les gens sont tous les jours "en dimanche sur la semaine" ! Mais j'ai gardé l'habitude bien ancrée de la tenue "pour me changer" !



samedi 19 mai 2012

Profitez du soleil...

et venez flâner avec nous au bord d'une rivière sauvage, à l'eau incroyablement transparente qui prend une couleur émeraude au plus profond de son lit. 
Elle poursuit sa route en serpentant suivant les caprices de la vallée resserrée par les rochers de calcaire gris recouverts d'une végétation -  type méditerranéenne - d'arbustes et arbrisseaux : chênes verts, chênes-liège, épineux... Elle s'étale tantôt sur de larges dalles, tantôt sur un lit de galets amalgamés par le calcaire,  ou bien encore s'écoule sur un lit de pierres que ses crues colériques déplaçent avec fracas modifiant son lit chaque année.
A l'abri du vent, il fait bon se chauffer sur les quelques bancs de sables fins. Mais ne vous aventurez pas encore dans les trous profonds : il est trop tôt, l'eau est glacée ! Lorsqu'elle sera enfin à la bonne température, le soleil aura asséché la rivière fantasque et les touristes auront envahi, telle une nuée de criquets malfaisants, les moindres coins offrant des possibilités de baignade.   
Pour le moment, les oiseaux chantent à tue-tête et le bruit de l'eau sur les cailloux apaise l'esprit. On respire l'odeur des pierres chaudes et  du thym sauvage.

lundi 14 mai 2012

MOI, MISTRAL, FILS D'EOLE....

aujourd'hui, je me calme. Oui, c'est ainsi, je prend enfin pitié de ces pauvres campeurs retraités suffisamment "aérés"et transis.     Transis, car si je leur offre ciel magnifiquement bleu et soleil éclatant, mon souffle traite est glacial. J'ai joué à  maltraitrer  les piquets de tente et d'auvent, à secouer les caravanes, à tenter d'arracher les lessives séchant sur le fil, à disperser les poubelles, les objets mal amarrés. De toutes mes forces, j'ai malmené les grands arbres orgueilleux, riant de les voir plier sous mon souffle irrésistible. Les peupliers grondaient en se courbant sous mes assauts.  Pour me reposer un peu, je me contentais d'éparpiller les derniers pétales des fleurs d'acacias, les flocons légers des peupliers, jetant au passage des poignées de sable dans les yeux des boulistes. Sur le miroir de la rivière, j'admirais les friselis miroitants naissant sous ma respiration apaisée.
Aujourd'hui donc, à l'heure de la sieste, les vacanciers somnolent tranquillement à l'ombre de leurs parasols enfin ouverts sans crainte.  Les oiseaux volettent alentour en toute tranquillité.
Seulement, voilà, des nuages vaguement grisés arrivent à l'opposé de mon lieu de naissance et l'azur cède du terrain.
Je suis là, en attente, vidant de temps en temps mes joues, doucement.
Ces nuages qui voilent le soleil provoque une sorte de courant d'air thermique qui me titille et m'incite à m'engager dans le couloir offert.
Je vais tenter de résister le plus possible mais si, innocemment, les vacanciers regrettent le bleu éclatant du ciel de ce matin, je ferai le grand ménage... et ça va déménager, foi de Mistral, digne fils d'Eole.

ET AUJOURD'HUI, MERCREDI 16.... après un magnifique lundi et un non moins beau magnifique mardi, voilà que sa Majesté EOLE s'est agité toute la nuit et que,  ce matin,  il bouscule son troupeau de nuages et s'accage tout sur son passage. Fait-il le grand ménage afin que ce week-end soit agréable pour tous ceux qui veulent savourer un avant-goût de vacances ?

vendredi 11 mai 2012

CLIN D'OEIL A SOENE ET PIERROT BATON POUR LES 26 MOTS.....

diplomatie – église – inspirante – croquis – vocation – escarpin – impureté – altitude – destination – esperluette – solitude – anaphore – parcimonie – inquiétude – identité – faux (outil) – surprise – tour – papier – porte – assassin – vacances – jalousie – ensoleillé – victoire – pyramide

Le désert, dans sa tour, porte fermée, Sœur Anne y songe.
Le désert, son  atmosphère sans impureté fait naitre la vocation inspirante de croquis sur papier à destination d’auteurs de manuels de voyages, de vacances.

Elle consulte avec surprise une de ces brochures pourvoyeuses de rêves.  Aïe, son regard s’arrête sur un  reportage concernant une église - pierres grises dans paysage ensoleillé -  qu’elle a été la première à découvrir. Verte de rage et de jalousie pour ce succès volé, elle se sent l’âme d’un assassin. Sans aucune parcimonie, elle manie l’anaphore sans diplomatie pour déclarer : moi, qui suis la première à avoir découvert ce joyau – moi, qui suis la première à avoir pris des photos – moi, qui suis… - moi, qui suis….

Elle a quitté un escarpin, aussi écarlate que ses joues,  et ponctue rageusement chaque phrase à coup de talon sur son bureau. 

C’est un peu son identité qu’on lui a volée ! Ah, comme elle aimerait manier la faux pour dégager le terrain et faire le tri entre le bon grain et l’ivraie dans ces semeurs de bonnes et mauvaises nouvelles.

Une idée lui vient tandis que son regard s’arrête sur l’esperluette discrètement allumée sur sa live-box. Esperluette, ce mot si joli, ce signe gracieux et léger. Elle a toujours aimé le prononcer en chantonnant mais, pour une fois, elle ne s’arrête pas à ses digressions.

Ah, pour une surprise, ce sera une surprise, à la rédaction du Jour-Nal lorsqu’ils liront le message révélateur et venimeux ! Elle la tient, sa revanche ! Un procès ! Des dommages et intérêts, qu'elle va leur réclamer, et percevoir !

Ouf, se dit-elle, enfin je vais pouvoir prendre de l’altitude et contempler ma victoire du haut d’une pyramide.
La solitude, pas d’inquiétude !


mardi 8 mai 2012

MARDI 8 MAI


Quatorze heure trente : léger crépitement sur le toit de la caravane.
Depuis ce matin, le ciel avait envie de pleurer et l'air était frisquet.
Demain, "on" nous promet 25°.
En attendant, il faut rentrer les serviettes de toilette, plier le parasol, remettre la vaisselle à plus tard... et digérer tranquillement en attendant une éclaircie. Pour la piscine, c'est rapé aujourd'hui ! Lépoux dort, bercé par Reggiani.
Tiens, c'est le "zouave du pont de l'Alma". Ma Mémé avait un jeune frère, enrolé en 14 dans les zouaves, et qui a été tué le dernier jour de la guerre, alors qu'il avait à peine 20 ans. Son portrait, en uniforme avec la curieuse chéchia, dans un imposant cadre de bois, trônait majestueusement dans la salle-à-manger...
Tiens, le temps que je me remémore cela et c'est "les objets perdus" qui me font penser à Pierrot Bâton. Je ne m'engagerai pas à suivre le long chemin de tous ces objets que j'aime et qui ont tous une histoire. Demain, on y serait encore. 
Donc, je reprend. Je pianote pour vous, lecteurs absents. Puis j'irai relire mes "mémoires"... je reviendrai faire un tour sur Internet, repartirai. Je lirai, ferai des mots fléchés... Et puis, on verra bien.
Et il y a la télé. Zut, pas terrible le programme de l'après-midi.
......
Ciel couvert et blême, clapotis, tapotements, bruit minuscule de la pluie fine mais obstiné.

Au loin, roulement grave de la rivière qui dégringole de la digue.
Lumière indécise,  temps immobile, pas un souffle de vent.
Les heures s’obstinent à s’écouler, toutes semblables, ni plus ni moins de clarté, ni plus ni moins de pluie.
Quelques va-et-vient fantomatiques, silencieux.
Il est 16 h quart comme diraient nos copains belges.
Un thé serait le bienvenu.

Et, à propos de thé, qui se souvient de ces tasses à thé en porcelaine très fine, rouges, décorées avec des chinoiseries, et avec personnage en transparence dans le fond ???