Me voici rendue sur les terres de Grignan, voyageant dans la pensée de la Marquise du Septième-Nord.
Oh, combien mon château, reconstruit, restauré, a belle allure sur son promontoire audacieux. Après maints aléas et sauvages destructions subis dans les affres d'une histoire mouvementée, l'harmonieuse façade a retrouvé sa majesté et son véritable caractère.
Claire et belle, la Collégiale - (où repose mon corps après que mon âme et lui se furent séparés au bout de 70 ans de collaboration) - entend résonner sous ses voûtes altières les échos harmonieux des meilleures exécutions d'orchestres choisis.
Oh combien, oui, combien j'ai aimé et haï à la fois ce pays de soleil brûlant, de chants de cigales, de pierres, de vent.
Aimées, les odeurs de lavande, de terres sèches, de pierres chaudes, de cyprès, de roses et de foins coupés, de fruits mûrs et de vendeanges, de truffes terreuses et de feuilles sèches.
Haï, ce vent sauvage balayant la terrasse- promontoire pour s'engrouffrer dans les moindres recoins, les corridors, les escaliers, refoulant la fumée âcre des cheminées dans les salons trop froids, fatiguant mes poumons et glaçant mes épaules malgré les châles de cachemire.
Aimés les bucoliques séjours reposants dans ma Grotte de Rochecourbière, verte et moussue, fraîche, et close aux bruits et aux curieux.
Haîe, cette distance, épuisante à parcourir, m'éloignant de ma fille, ma chair, mon sang, mon coeur, ma vie, mon âme.
Epistolière célèbre ? Je ne l'ai point appelé de mes voeux. Ma petite fille a sauvegardé les missives griffonnées par ma plume enfièvrées, procédant sagement à un tri qui a su préserver pudiquement notre intimité familiale et celle des connaissances trop impliquées. Des scandales, point n'en faut, sinon les écrits eussent terminé leur vie dans la cheminée.
Et voilà que, sans le vouloir, sans le chercher, sans tenir compte d'obséquieuses flatteries ou de viles et mesquines critiques, la célébrité posthume m'a éclaboussée de sa lumière ! On tient salon en mon village. On y découvre poètes et écrivains. Des fêtes somptueuses font revivre la bâtisse honorable des Adhémar.
Moi Marie de Rabutin-chantal, Marquise de Sévigné, immortalisée plume à la main, en robe de bronze, sur une place à l'entrée du village, je demande que l'on n'oublie pas la Comtesse Françoise-Marguerite de Grignan épouse de ce Gouverneur de Provence qui l'a éloignée de Paris et sans qui mes lettres n'auraient point existé.
Merci à la Marquise du Septième-Nord pour m'avoir prêté son esprit le temps d'une promenade.
(Les photos ont été empruntées à Google. Vous trouverez sur le Net tout ce qui concerne la Semaine de l'écriture du 1er au 7 Juillet, ainsi que le programme des fêtes du Château. Et n'hésitez pas à parcourir les tortueuses ruelles où croûlent les rosiers à chaque angle de façade).




Empruntées à google ? je dois avoir des dizaines de photos de Grignan...Faudra que je fasse un billet un de ces jours !
RépondreSupprimerBizzz
JMB
J'en avais aussi, mais d'avant l'APN, donc pas dans mon Asus. Nous y avons passé des vacances délicieuses et j'aime ce village, ses ruelles, sa collection de rosiers... Et tous les petits villages alentour, perchés sur des promontoires, et les petites "villes" ; Nyons, Vaison la Romaine, Valréas (la nuit du Petit St Jean). Je parie que tes mollets musclés et nerveux se sont essayé au Ventoux ! Merci d'être passé dans mes petits chemins, parmi les chênes truffiers et la lavande. J'y suis solitaire, mais tellement bien !
RépondreSupprimerC'est bien le genre de billet qui inspire et t'évite l'angoisse devant la page blanche (enfin plutôt l'écran blanc !! )
RépondreSupprimerA nos plumes-claviers :)
Avec Framboise nous avons fait deux fois le Ventoux en vélo, une fois tous les deux, une fois avec le club dont nous faisions partie, même rodés à la montagne nous l'avons trouvé très dur et impressionnant.
RépondreSupprimerLe père de Framboise était originaire de Mollans sur Ouvèze, c'est une région que l'on connait bien et que l'on adore.
Bizzz
JMB
J'me disais aussi, de tels mollets au Mollard ! Même en voiture, la dernière partie, blanche, nue, est vertigineuse. Avant d'y arriver, la forêt traversée est très belle mais la route, traitresse, n'arrête pas de grimper, grimper ! J'en parle par ouïe dire car mes mollets sont moll... assons !
RépondreSupprimerCher Antiblues, personne n'a répondu à ton appel : "aux armes citoyens, non pardon, aux plumes à la main" ! M'en fiche, ma lessive sèche au vent. Le barbecue est prêt à l'ombre de l'arbre, et le rosé bien frais ! Superbe temps pour pisciner cet aprèm'. Hier, concours de boules avec pébroc et K-ouai ! 13/1 - 13/2 - mais hélas la dernière 13 pour l'ennemi contre 9 pour moi ! Bien ri quand même !
A plus ? Mon château n'est pas propriété privée. Vous pouvez entrer !
Quand mon mari travaillait à Vaison la Romaine (de 2005 à 2009), il m'est arrivé d'aller à Grignan. J'en avais fait un billet.
RépondreSupprimerJe me souviens vaguement d'un festival de la Correspondance.
Je suis restée une môme.... Quand on me fait la lecture, je m'endors ! Ce fut le cas à Grignan, pendant une lecture faite par Anny Duperey (je crois, car même de ça je ne suis plus sûre. C'était peut être Giraudeau... ?). Je ne me souviens plus ce qu'elle lisait.
Par contre, j'avais beaucoup aimé la visite du château. Ca, c'est certain.
Ma brave Mouche à miel de Provence : 17 ans, qu'il a, le fameux festival ! Ca ne nous rejeunit point tout ça ! Je crois que nous avons découvert Grignan un peu avant. Tu t'endors même en plein jour, ou bien c'était le soir ? Pour les Fêtes au château, une année, j'ai écouté "les lettres de la religieuse portugaise", une merveille, mais hélas j'ai oublié le nom de la fabuleuse actrice. Je suis admirative de ces pièces à seulement un ou deux personnages car, là, on mise énormément sur le talent des acteurs : le Neveu de Rameau, pour un oui ou pour un non, l'affrontement... et un excellent texte, bien sûr, sinon gare aux ronflements de... Mouche !!! Bises.
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RépondreSupprimerA part ça qu'est ce que tu as fait de Madora ? Tu l'as mise sous clefs avant de partir en villégiature ?
RépondreSupprimerBizzz de nous deux
JMB
Merci de prendre des nouvelles de Madora. Elle travaille ! Tout va pour le mieux pour le moment et j'en suis très heureuse. Elle nous a téléphoné pas plus tard qu'hier mais elle n'internenette plus ! Beau temps sur Rives? Ici, soleil, ciel bleu, chaleur, donc tjrs le même programme : repas dehors, lecture à l'ombre, piscine, piscine... Il y a beaucoup d'Allemands en vacances donc beaucoup de petits dauphins indisciplinés dans "notre" piscine !!! Mais je ne ferai pas ma Tatie Danielle ! Promis ! Bonne journée à vous deux et bises.
RépondreSupprimerSuper content que ta soeur petite soit débordée, au prochain coup de fil bises la pour nous.
RépondreSupprimerIci beau temps aussi je fonce à l'atelier peaufiner mes jeux pour le 9 juin.
bizzz
JMB
Ne pouvant guère dormir la nuit, je m'endors facilement le jour. Peu importe, le problème est en passe d'être règlé !
RépondreSupprimerC'était donc en pleine journée que je me suis assoupie. ce qui ne veut pas forcément dire que le texte était ennuyeux. C'est peut être que la voix était si douce qu'elle s'est faite berceuse.
Vraiment contente pour Madora. Je salue encore une fois sa ténacité dans la recherche de travail. Rien que pour cette volonté là où d'autres râlent plus qu'ils ne cherchent activement, elle mériterait double salaire ! Il faut dire qu'elle a sans doute des qualités et compétences que d'autres ne peuvent pas mettre en avant. C'est dit !
Ma Taty faut venir à Vitré en Ille et Vilaine, visiter le Château des Roches qui était la résidence bretonne de cette bonne Marquise. Elle avait fait planter à côté une allée d' arbres pour se pomener. C' est un très joli site (dommage qu' une partie des communs ait été récupérée pour un resto et un golf...).
RépondreSupprimerC' est là qu' elle a écrit une grand partie des lettres à sa fille.
@ Pierrot Bâton : tu crois que je trouverai les mots qu'il faut pour écrire à mes filles ? Ah, la communication entre "taiseuses", pas si facile que cela ? J'adore les rangées d'arbres qui amènent doucement jusqu'au perron de la demeure... et aussi les bancs de pierre sous les cèdres sans âge! En attendant, je me contene de l'Asus sur la table du salon de ma "Coquille" ou sur la table de amping à l'ombre de l'arbre et de la haie, avec chants d'oisaux en accompagnement !
RépondreSupprimerBen justement: entre taiseux, c' est plus facile d' écrire que d' causer, non ? As-tu essayé ?
RépondreSupprimerJ'ai bien aimé ce billet, TTD, tu n'en doutes pas.
RépondreSupprimerJe tembrasse
Bon we à tous les deux ou en famille, dimanche
Merci SOENE, je me sentais un peu abandonnée par toi. Beau et bon dimanche à toi aussi. Bisous
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