Dimanche 9 h 30, notre groupe de 30 randonneurs prend la route des Etangs au départ de St Nizier-le-Désert : 4°, ciel gris, bruine palpable.
Nous pénétrons dans un monde à part où le ciel se confond avec l'eau et semble composé de l'haleine diaphane émanant des étangs. Nos pas ne font aucun bruit : les sons étant absorbés par le sol spongieux. De toute façon, ils ne dérangeraient aucun oiseau, aucun animal... Au loin, évoluant doucement dans une vapeur laiteuse, un couple de cygne nous ignore.
A certains endroits, les berges boueuses, herbes grasses et boue noire mélangées, se prolongent par une roselière rousse au delà de laquelle on devine un étang, puis un autre, un autre encore. Pas un souffle d'air, pas un seul frisson sur l'eau. Un décor en "grisailles", tulle sale déchiré, mouvements fantomatiques de nuages au raz-de l'eau couleur étain, aluminium ou fonte noire.
Lorsque notre chemin traverse les bois, on aperçoit les troncs noirs, décharnés, tourmentés, comme pourrissant dans des flaques d'eau glauque.
Et voici le plus grand étang, joliment souligné à l'horizon par des silhouettes d'arbres élégants et mis en valeur par la masse sombre d'un bois de sapin.
Au fond, on distingue un mouvement, un courant : un souffle léger qui dessine une bande plus claire, diffractant la lumière devenu imperceptiblement plus présente et permettant le contraste avec la partie la plus proche de nous reflétant parfaitement le ciel et le décor de l'arrière-plan. Un peu de bleu, à peine, un soupçon, réparti de façon égale entre ciel et eau. Un héron solitaire marche doucement sur la berge. Un groupe de canards barbotent près de la rive. Une écluse ouverte laisse chanter un petit ru s'écoulant dans un fossé bordant notre chemin.
Souvent, en rentrant les soirs d'été par la route de Bourg, j'ai pu admirer des couchers de soleil inouïs déversant sur les étangs de l'or, de la pourpre, de l'orangé, du mauve, des tons surprenants. J'ai vu ces étangs surpeuplés d'oiseaux les sillonnant en tous sens. Je les ai vu blanchis par le gel et pris sous la glace.
Et je ne regrette pas cette promenade silencieuse, mystérieuse, étrange me révélant un autre aspect de ce "désert" marécageux, d'eau, de prairies, de bois, et de terrains cultivés.
Belle description de cette balade, j'y étais tellement c'est bien écrit !
RépondreSupprimerJe vois que tu fais partie d'un groupe de randonneurs, mais comment faites vous pour garder le silence ?
C'est souvent, à mon goût, bien trop bruyant.
J'aime bien ces randos dans le brouillard, oui cela donne un aspect mystérieux à la Nature, à la vie.
Bonne journée... de pluie ici.
Merci de ta visite, Praline. Souvent, nous étions contraints de marcher en file indienne. Sinon, ne suivant pas tous le même rythme, à tour de rôle, ceux qui arrivent à ta hauteur s'enquièrent de tes nouvelles, bavardent un peu de tout et de rien, puis repartent. Très disciplinés, nous reformons un groupe compact à chaque carrefour et nous avons un "serre-file", un "marcheur-balai" qui attend les photographes ou ceux qui font la pause "technique" !
RépondreSupprimerA Lyon, hier, pluie toute la journée. Ce matin, temps gris... Bonne journée !