mardi 4 septembre 2012

Rentrée des classes, année... ???

Deux soeurs, l'une est née en 1909, l'autre en 1913. L'aînée est ma tante, la petite brune à la peau mate est ma Maman. L'aînée porte le fameux modèle de tablier que leur mère, devenue ma grand-mère, confectionnera encore souvent pour mes soeurs et moi.
Voilà, c'est tout ce que je peux dire. Cela se passait où, et quand ??? Jamais Maman ne m'a parlé de ses rentrées scolaires ni de sa scolarité.
Les souvenirs s'éparpillent ainsi que des feuilles d'automne. D'abord parées de couleurs somptueuses, elles se dessèchent et tombent pour se racornir sur le sol et finir par devenir humus.
Dans une boîte, dans les pages d'un album, dans un tiroir, on retrouve cette photo ; feuille morte dont on ignore tout de l'arbre l'ayant porté. Elle nous échoit parce qu'un familier nous dit : "tiens, là, c'est ta mère". Je demande des explications et reçoit en réponse un évasif : "Alors là, je n'en sais rien"... ou pire encore : "Je ne peux rien te dire". Ne rien pouvoir dire ! Alors je subodore des secrets. J'interroge, je suppute, j' extrapole.
Et me voici partie à l'aventure sur des chemins  creux, aux odeurs de terre mouillée, de mousse, de pierres humides, de chataîgnes et de champignons. Je glane, par ci, par là, une feuille morte encore colorée, une autre, sèche et rêche, une autre encore ne gardant que le squelette de ses nervures...
Ca sent très fort la nostalgie, le vieux papier, le moisi et la naphtaline... et aussi la rancoeur, les regrets, les peines inavouées, les secrets trop lourds.
C'est pourquoi je me résigne et me contente des actes officiels de naissance, de mariage, de décès. Je fais appel à ma mémoire pour mes propres souvenirs ; ceux, intacts, sans commentaires ni jugements de l'entourage. Et je laisse remonter à l'horizon de ma promenade les couleurs, les saveurs, les odeurs et les bruits de mon enfance.

8 commentaires:

  1. Elle est belle, cette photo. Tu parles d' une petite brune à la peau mate, y' en a plusieurs!
    La seule rentrée scolaire dont ma mère m' ait parlé, c' est celle de l' année où elle est arrivée en France et qu' on l'a mise en maternelle parce qu' elle ne parlait pas un mot de français! Elle avait 9 ans !!! Et pendant un an, elle a rabâché : 1 buchette et 1 buchette, ça fait 2 bûchettes.
    ça la fout encore en rogne ...
    Raconte tes rentrées à tes petits enfants. J' te bise.

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  2. Fidèle Pierrot Bâton, en plein milieu du deuxième rang, il y a une grande en tablier clair et à côté, à sa gauche, une petite brune en sombre... Quelqu'un a d'ailleurs dessiné une croix au stylo bille sur la poitrine de chacune ! J'ai écrit sur ma rentrée et je raconte à Héloïse celle de la rentrée de sa maman en maternelle (elle voulait que je la laisse au bout du chemin et rentrer toute seule comme sa grande soeur) et au collège (un an d'avance, robe chasuble de flanelle grise, chemisier liberty à col claudine et collants de couleur assortis). Maintenant, les rentrées scolaires de la maman d'Héloïse ont pris une autre dimension. C'est elle qui préside aux destinées scolaires des têtes blondes et brunes et elle prend cela terriblement à coeur !

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  3. Tu as raison de glaner ces souvenirs "feuilles mortes", il faut songer à les garder précieusement pour la descendance ! Un jour elle se posera elle aussi des questions et sera bien heureuse de découvrir la prévoyance de TatyDany !!
    J'ai scanné et identifié de nombreuses photos de famille, j'en ai fait un diaporama, monté sur un cd visible sur un téléviseur et distribué à toute la famille !

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  4. Mais kess vous avez tous à causer de la rentrée scolaire ?
    ... encore un marronnier !
    Et le prix du gaz qui va fluctuer à la sauce de Gauche, ça te fait pas gronchonner ?
    Ca va ?
    Je suis un peu débordée par mon emploi du temps personnel, ça ira mieux la semaine prochaine et après, je "composte" Youpi !
    Bises d'O.

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  5. Du calme, ma douce Soène ! On te sent à bout ! Il est gran temps en effet que tu composte sinon tu vas te décompos(t)er !!!! Si l'on ne profite pas des marronniers pour bloguer, on risque de manquer d'idée ! Courage, tiens bon !
    A tous, je vais revenir commenter mais je suis en retard, pas douchée, pas prête, appart' en désordre... et il faut que j'approvisionne le frigo ! A plus et bien des choses aux passants qui passent.

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  6. J'avais horreur de la rentrée des classes et bien que n'étant pas mauvais élève je ne garde aucun bon souvenir de ma scolarité. Le seul truc qui me fait marrer en regardant ma photo de classe des années 50, c'est que le jeudi précédant la fameuse photo nous passions tous chez le coiffeur du chef-lieu : Coupe "au bol" bien dégagée sur les oreilles !
    On dirait en voyant nos tronches qu'on était tous du même père. Tiens ça me fait penser, ils ne nous photographiaient pas avec le béret, dommage on se rendrait mieux compte de ce qu'était le monde rural il y a juste un demi siècle;
    Bizzz
    JMB

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  7. J'ai cliqué pour agrandir la photo , et j'ai été frappée par la tristesse de certains visages , peut être qu'on leur avait interdit de sourire

    Je comprends très bien ce que tu ressens , ne rien connaitre , ou si peu , inventer sa propre histoire ...
    j'ai la chance de pouvoir encore aujourd'hui mes deux parents , et je conseille à mes enfants de parler avec leurs grands parents
    C'est une bonne idée de raconter à ta petite fille tes souvenirs de mère , ce que tu observais ...j'aurais vraiment aimé que ma grand mère le fasse aussi , elle en était incapable , sujet tabou
    Les secrets et les drames ...je connais ça aussi
    Bises à toi Taty

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  8. Jeanne : Ma Maman et ma tante ont été pensionnaires. Cette photo date-t'elle de cette époque ? Toutes ces petites filles en tabliers noirs m'ont tjrs fait m'interroger. Etaient-elles orphelines de père (la guerre de 14avait sévit) ? Cela se passe dans une de ces bourgades ouvrières de la Loire où le Chemin de fer commence à s'installer, où il y a du minerai, du tissage, du travail aux champs. Mon quartier de Gorge-de-Loup était regroupé autour de la Rhodiacéta qui employait un nombre impressionnant d'ouvriers pour lesquels les HLM avaient été construits. La SNCF, l'OTL (actuels TCL), les nombreux ateliers métallurgiques et autres employaient le reste des locataires.

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