Raconter ? Elle est bien
trop timide, trop réservée.
Personne ne saura si, quelqu’un, quelque part, a
longtemps gardé un bouquet d’immortelles noué de la dentelle de son jupon… ou
bien une photo en noir et blanc, jaunie, racornie… ou un petit mot… ou bien,
ulcéré, un morceau de tulle de son voile de marié. Peut-être le souvenir d’une
danse, d’un rire, d’un sourire, d’une conversation… d’une silhouette
furtivement entrevue à sa fenêtre telle la passante de la chanson de
Brassens ? Ses galants chantent sans doute la chanson de Reggiani :
« Ce soir mon amour
je ne te cherche plus
Parmi mes souvenirs au fond de ma mémoire
Je ne t'attends plus sur le quai d'aucune gare
Je me souviens à peine t'y avoir attendue ».
Parmi mes souvenirs au fond de ma mémoire
Je ne t'attends plus sur le quai d'aucune gare
Je me souviens à peine t'y avoir attendue ».
Et elle ? Et bien,
que l’on soit le 22, le 23, ou même le 24 septembre, l’automne, elle s’en
fout. Elle l’aime définitivement, n’en déplaise à Jeanne et aux automnophobes !
C’est vraiment sa saison : plus de lourdes chaleurs, pas encore le grand
froid, ces couleurs tellement vives qu’elle n’oserait porter, ces odeurs de
terre, de mousse, de champignons qui la rapproche de ses racines. Cette saison
où l’on s’emmitoufle, où l’on se fait discret dans les rues, c’est elle. Elle qui
ne se pose plus la question de savoir si la nostalgie la submergera telle une
vague dévastatrice… si elle sortira indemne de ce froid qui gèle la sève des
arbres… et combien d’automnes encore elle appréciera vraiment en promeneuse valide et vaillante.
Tristesse ? Regrets ?
… « Ce sont les faits, la réalité si l’on veut, à
condition de regarder la réalité comme quelque chose qui, parfois, par
endroits, ne s’accomplit et persiste qu’à l’encontre des souhaits les plus
fervents que l’on formait. Si l’on prend ces derniers pour principes d’appréciation,
ce qui s’est réalisé devient la mort de l’espérance qu’on a eu, la négation de
la vie qu’on aurait voulue » (Miette, Henri Bergougnoux).
Normal qu’elle ait fait des rêves insensés, formulé des
utopies délirantes, et tendu vers leurs réalisations. C’est ce qui fait
avancer, ce qui constitue une vie. Non, elle n’est pas triste, ni désabusée. Elle ne chiffre pas le bilan
de sa vie d’après un barème qui ne correspondrait pas à son budget.
Ne vous faites pas de soucis pour la Taty. Elle cocoone, peignoir douillet, petit chausson, thé et tisanes mais elle sort pour goûter, de tous ses sens, la beauté d’un automne qui lui correspond tellement !

On se fait pas vraiment de souci mais on aime bien avoir des nouvelles. Surtout quand on sait que la vie n' est pas toujours un long fleuve tranquille !
RépondreSupprimerSavoure l' automne, ma TatyD et prends ton temps.
T' as tapé un long billet : ça va la papatte ??
Oh quel beau billet, tout teinté de sensibilité et de réalisme et surtout, de sagesse !!!
RépondreSupprimerBonne semaine, chère Taty !!
Pierrot, le chir' reverra la papatte le 2 octobre seult. Je ne force pas, je ne porte rien de lourd mais je tapote. La crampe de l'écrivain(e) sur clavier me guette ! Merci à tous les deux. Mon fleuve est boueux, il charrie des branches mortes... Moi, vieux pont vermoulu, j'essaye de rendre plus aisé la traversée du déferlement des flots ! Dur, dur !
RépondreSupprimerJoli moment de poésie. Ne sollicite pas trop le carpien, et partage le cocooning avec l'époux !
RépondreSupprimerbizzz de nous deux
JMB
Très joli billet d'automne, plein de poésie teintée de nostalgie. Bonne journée.
RépondreSupprimerJe lis ça aujourd'hui, et je trouve cela superbe.
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