dimanche 5 février 2012

L'ECOUTE

Extrait de "Toute une vie pour la chanson" André SEVE interroge G.BRASSENS - Le Centurion - Paris 1975

Georges Brassens : tu sais à force de de réciter des poèmes, en classe, d’écouter des chansons, on voit peu à peu comment ça se fabrique
André Sève : mais, tu as travaillé la versification ?
G.B : la plupart de ceux qui écrivent des chansons n’ont pas étudié la versification. Si on est fait pour ça, on n’a pas tellement besoin d’apprendre de règles.
A.S : toi, tu les as apprises ?
G.B : ouI, plus tard, parce que je raffinais un peu, mais…
A.S : tu en as conservé de tes premières chansons ?
G.B : non, on peut écrire des chansons sans… Tu ne m’écoutes pas ?
A.S. : non, c’est parce que...
G.B : tu suis ta pensée, je sens ça. Tu viens ici avec des idées préconçues et tu veux toujours suivre ton chemin, pas le mien. Quand j’avance quelque part sur une idée, il faut me laisser partir et tu m’arrêtes. Là, j’aurais pu dire des choses mieux, mais il faut le temps pour que ça vienne.
A.S : on y reviendra.
G.B. Il ne faut même pas dire qu’on y reviendra, il fauT qu’on continue de parler ans que tu t’occupes des questions que tu as préparées ou que  toi tu veux suivre. Veux-tu Brassens ou veux-tu fabriquer du Brassens ? Si tu suis ton idée, tu perds ce que moi, en suivant ce qui me venait ; j’allais te dire.
(SILENCE)
A.S : les spécialistes n’ont pas su m’ouvrir à tes musiques, ni même tellement à tes textes.
G.B. parce que toi tu ne t’ouvres que si tu veux. Depuis que tu me questionnes, je le vois bien. Quand je t’explique quelque chose qui ne coïncide pas avec ce que tu voulais que je te dise, tu détournes la conversation.
A.S : moins maintenant, après trois jours d’écoute.
G.B. D’écoute ?! si on veut. Non, tu attends, tu attends, et quand ça coïncide avec ce que tu attends, pof, ça fait tilt, tu me regardes d’une façon vivante, tu es ouvert. Mais quand ça ne coïncide pas, je vois ton visage sans vie, je te surveille, tu ais j’en apprends beaucoup sur toi en observant on comportement d’interviewer. Tu arrives ici avec un Brassens entièrement préfabriqué dans ta petite tête, et tu veux me faire rentrer là-dedans. La seule chose qui t’intéresse, c’est de me faire dire ce que, d’après toi, Brassens doit dire, ce que Brassens doit être. Tu pourrais avoir le VRAI Brassens, et en tout cas un Brassens inattendu. Mais tu t’es préparé au Brassens que tu veux.
On attend toujours les êtres comme on les veut, on n’est pas prêt à la surprise.

En triant de vieux papiers et en jetant un dossier sur un stage de remise à niveau,  j'ai retouvé ce texte, un peu long certes (pardon) mais qui résume bien le problème de l'écoute et de l'ECHANGE, que ce soit oralement ou sur un blog !!!!

16 commentaires:

  1. Dans un stage de communication j'ai appris ceci: Si tu veux que l'on t'écoute comprends bien que la seule histoire qui intéresse ton interlocuteur c'est la sienne, à toi de la lui mettre en valeur.
    Bon avec ça je ne suis pas sûr que l'on ai compris la vie mais on doit pouvoir vendre des aspirateurs.

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  2. Me v' là chez moi!!! Sandro nous a offert ce poster encadré il y a une dizaine d' années et il trône au Bout du Monde. Quant au dialogue , on a l' enregistrement sur K7! Si, si! J' te jure!

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  3. P.B. décidemment, on a des points communs à défaut de "rencontre". Gard'àtoi, on a compris de la vie ce que l'on voulait bien comprendre et l'on a toujours du mal à caser notre camelote !

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  4. Elle est culte cette photo
    PB me fait rire avec ses K 7


    En entretien d'embauche , j'ai toujours appliqué ce dont parle Jean Michel , ça marche , rebondir sur ce que l'autre attend , son histoire , pas la mienne , c'est dingue , j'ai toujours décroché les postes , faut juste saisir le moment

    merci d'avoir rangé tes tiroirs , c'est précieux ces mots là

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  5. Jeanne, ne ris pas des K7 de P.B. Il s'agit de ces cassettes que l'on glissait tjrs dans le mauvais sens dans le "radio-cassette" ? J'en ai des tas, pleines de trésors oubliés. Je cherche à m'acheter un nouveau lecteur CD+cassette+radio FM sans autres trucs techniques compliqués car j'ai ce qu'il faut dans le salon. C'est juste pour mes insomnies... pour me bercer avec mes chansons préférées ou certains morceaux de musique classique qui me font du bien.

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  6. Jeanne, je pense que les patrons sont là avec une employée toute fabriquée dans leur tête et les plus habiles se fabrique le rôle qui rentrera dans le cadre. A force d'apprendre, de part et d'autres, ce qu'il faut faire ou ne pas faire, dire ou ne pas dire, je crois qu'on rencontre beaucoup de visages sans vie trop bien maquillés !!!!

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  7. Ahhhhh!!! Enfin quelqu' un qui a le sens des valeurs ......

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  8. J'imagine P.B. courant après Jeanne : Ma K7 ? Qui a volé ma K7 ?
    Bizzz
    JMB

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  9. Un CD c'est quand même plus pratique. Quand la bande de la K7 s'enroulait ou se déroulait mal, la K7 était fichue !
    Et moi j'dis, entre la théorie et la pratique, ça fait 2 !
    Une pièce "collector" TTD, tu dois pouvoir la vendre un bon prix...
    J'espère que MaDoRa lira les commentaires des Aminautes, leurs conseils sont bons à prendre.
    Bisous congelés

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  10. Je ne rigole pas , j'ai gardé toutes mes K7 , et ma fille quand je lui ai offert un lecteur CD mp4 , elle m'a dit " il lit pas les cassettes ??"
    ça n'existe plus .... snif

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  11. Excellent, je ne connaissais pas ce dialogue !
    Je le garde pour mes cours de "mécanismes de la communication orale" !!
    N’empêche, j'écouterais bien la cassette de PB, moi !

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  12. Jeanne : tu ne possède pas de mini-chaine stéréo lisant les fameuses cassettes ? La nôtre nous ayant lâché, nous n'avons plus cette possibilité mais j'ai, dans la caravane, une radio qui lit les fameuses cassettes et les CD et ma petite fille, bien que possédant un MP3, se régale car cela nous permet de prendre des livres avec CD à la bibliothèque de Vallon. Et la fameuse "tentative de description d'un dîner de tête" de Prévert, par Regginani a fait longtemps nos délices avant d'être devenu inaudible !
    Antiblues : si tu supplie P.B. elle peut peut-être te la prêter ? A moins qu'elle te précise sur quelle radio et à quel moment elle a eut lieu, auquel cas les archives de l'INA peuvent te la fournir. J'avais d'incroyables radioscopies "ratées"de Jacques Chancel et je crois que, maintenant, on peut les trouver en archives justement.

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  13. A l'attention d'Antiblues, le grand communicant.
    « L’autre, chaque autre existant pour chacun, les relations quotidiennes n’en seraient elle pas changées ? Accueillir, se découvrir, s’apprivoiser. Si l’on consent à abandonné ses préjugé, si l’on apprend à observer avec un regard intéressé et vraiment ouvert. L’expérience de la vie montre que les gens ‘ordinaires’ sont tous extraordinaires. Ils peuvent être agaçants, déconcertants, méfiants, hargneux, aucun n’est d’pourvu d’intérêt. Encore faut-il apprendre à voir, à écouter, et… sourire. Par l’échange de paroles (demande, renseignement donné), par les gestes, les regards, les mots prononcés, on entre peu à peu dans l’univers de l’autre. … (…)… A condition que cet apprivoisement ne soit pas un conditionnement, mais un laisser-venir et un aller-au-devant, une approche mutuelle ouverte. Savoir accueillir c’et peut-être s’attendre toujours à l’inattendu. »
    J'en ai des pages comme cela sur les conditions psychologiques et naturelles de l'accueillant : conseils judicieux pour tous ceux qui veulen en faire leur mêtier mais adaptable à tous ceux qui veulent bien recevoir et donner à tous les gens de rencontre !

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  14. Merci pour la citation, elle est très belle.
    La communication est bien sûr universelle et commence dès la naissance.
    Mais il y a un monde entre les conseils, les injonctions (fais comme ci, fais comme ça) et la capacité réelle à mettre en œuvre. C'est une vraie démarche personnelle qui nécessite une remise en cause.

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  15. Oui, cher Antiblues, d'aucuns conservent longtemps le réflexe "adolescent" de dire ; "on me prend comme je suis ou on me laisse" - d'autres montrent un tel désir qu'on les aime que cela les rend vulnérables et que celui qui est en face à tôt fait e déceler les défauts de la carcasse ! Ca commence par le rôle de "souffre-douleur" à l'école pour finir par celui de "tête de turc"... La démarche personnelle demande une certaine "intellectualisation" que tout le monde ne possède pas, et encore moins ceux que l'on veut absolument "former" (disons formater) en sautant les étapes !

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  16. Allo ? Téhou ? Plus personne à l'écoute ? Gelés, transis ? Bon wend à tous et bonnes vacances pour certains !!!

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