vendredi 9 décembre 2011

Vendredi, au tableau noir....

Veille en ta parole
Andrée Chédid
S’écoulent les mots
 Qui délivrent le cri
Relais
De fièvres et d’aube
De chant ou de chagrins
Frémissent les mots
Qui relient l’être aux chose
Et puis les choses aux choses
Se dressent les mots
Qui se meuvent d’âge en âge
Veille en ta parole
Qui n’a ni forme ni loi.




Ces dernières années, son œuvre lumineuse se voilait des tristesses de la vieillesse et de la maladie. Andrée Chedid était atteinte d’Alzheimer. En 2005, elle l’évoquait dans plusieurs poèmes : « Ces souvenirs/ Bientôt finis/ Cette absurdité/ Cette ouverture/ Sur l’infini/ Cette interruption/ De toute mémoire/ Ce point final/ Non souhaité » (« Vieillir VI ») ; « J’en ai assez de périr/ Jour après jour/ Et de perdre dans l’oubli/ Tous mes lendemains » (« Mourir IV).
Elle découvrit et transmit les souffrances de la vieillesse avec une grande délicatesse, révélant dans l’épitaphe qu’elle s’était composée en 2003 pour le « Dictionnaire des écrivains contemporains de langue française par eux-mêmes » que « son souci, l’âge venu, était de ne pas dépasser certaines limites du vieillissement et de ne pas se trouver en ‘’délit de longévité’’ ». Elle y révélait aussi qu’elle n’oublierait jamais l’image du Nil qui – chose étrange pour un fleuve – semblait être sa source. Elle s’en expliquait : « Je relève d’un pays où personne ne règne. Un pays sans fanion, sans amarres. Le Nil à mes yeux contient tous les fleuves. (…) Je n’éprouve pas et je n’ai jamais ressenti le besoin d’un dessein final, la soif d’une certitude, cette passion terrible des hommes pour les vérités intangibles, et auxquelles ils sacrifient tout. Au contraire, j’aime le mystère de la condition humaine, l’énigme est le langage même de la vie et je me suis toujours vécue de passage dans ce mouvement. C’est comme ce fleuve, qui ne s’arrête pour personne et qui continue sa route. »

8 commentaires:

  1. Aaaah MADAME CHEDID! Quelle belle âme!

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  2. Bravo pour ta constance, P.B. Tu es une des rares à continuer à t'accrocher. Ceci dit, j'aime beaucoup A.Chédid... Sympa, mon "menuisier-ébéniste-au-tableau-noir", non ? Il mériterait un prix pour son petit morceau de bonheur hebdomadaire offert aux très très rares passants de cette rue très très très peu passante ! Bon ouiquende et bises yonnaises (ne se donnent pas pour un oui ou pour un non mais sont sincères)

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  3. Faudrait que tu nous en dises un peu plus sur ce personnage.
    J' te bizoçi!

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  4. P.B. tu trouvera tout sur Andrée Chédid en consultant Google. C'était une belle plume, et une belle personne !
    C'est de mon menuisier dont tu veux que je te parles ? C'est un artisan d'une quarantaine d'année qui possède un atelier dans une petite rue très peu fréquentée. Par les deux grandes "vitrines" poussiéreuses, on peut aperçevoir des machines, et un amoncellement de bois, planches, chaises, petits et gros meubles, outils, le tout saupoudré de très fine sciure. Près de la porte, il y a le fameux tableau noir avec, toujours, quelques phrases ou un poême. Parfois, il y un message. C'est ainsi, il y a longtemps de cela, que nous avons appris qu'il venait d'être papa de deux jumeaux métis. Plus tard, il nous a informé que la boutique serait fermée très longtemps car il partait, avec sa femme de couleur et ses deux petits, pour un long voyage que l'on pourrait suivre sur son blog. Dans la rue, en face de sa boutique, il gare son incroyable "camping-car" que je ne manquerai pas de prendre en photo un de ces jours. Bon dimanche et bizematinales !

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  5. C' était effectivement de lui dont je voulais causer.
    Salut t' à vous!
    Au fait, la p' tit soeur ?????

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  6. à PB : l'a pas récupéré son ordi !
    Son aïe-aïe-phone ne fonctionne pas chez elle... l'a pas encore de connexion... De toute façon, ne reprendra pas son blog !

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  7. Bin moi j'te laisse pas tomber non plus mais j'ai eu des soucis de connexion car j'ai changé d'opérateur. Enfin hier soir j'ai réussi à tout réinstaller à nouveau, il ne devrait plus y avoir de problèmes..... ???
    enfin tant que ce n'est que la bécane qui est Alzheimer le malheur n'est pas grand, il y a hélas autour de nous de plus en plus de nos proches atteints par ce fléau.
    gros bisous de nous deux.
    JMB

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  8. Gardons, gardons tout ce que nous pouvons : le moral, la bonne humeur, la bonne habitude de faire travailler le cerveau avec l'ordi, gardons-nous de nous aigrir, de râler sans cesse... Bises à vous deux !

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