mercredi 14 décembre 2011

Bouche à dénonciation !!!!

Dans un mur du Palais des Doges à Venise
Glisser une dénonciation dans cette "bouche", c'est un peu comme jeter un billet sur la toile. Sauf qu'il est interdit de dénoncer, de critiquer, de blasphémer, d'injurier... etc...
Mais, ce billet jeté en pâture aux anonymes, aux amis virtuels, aux lecteurs de passage, qu'elle sera sa destinée ? Qui le lira ? Qu'en pensera-t'on ? Eternel et insoluble problème de la communication : ai-je très justement transcrit ce que je pensais ? Et comment celui qui le reçoit le traduira-t'il ? Selon son humeur du moment, sa sensibilité, son imaginaire, que percevra-t'il ?
On prend plaisir à monologuer sur écran blanc ; pas de baffouillage, aucune hésitation, on rectifie, on efface, on enjolive... On réalise des exercices de style très réussis, des billets bien tournés. On s'éparpille, on se disperse. On raconte sans se raconter, on ne s'implique pas vraiment.
Pour faire une bonne lettre à un ami, pas besoin de littérature. Il suffit d'écrire comme l'on parlerait. Oui mais voilà, comment lui parler à l'autre, derrière son mur ?
En fait, j'écris parce que, justement, il n'y a personne derrière ce mur infranchissable, personne de réel  à m'attendre, à me piéger, à me juger. Seulement du virtuel, de l'aléatoire, du dérisoire. Parfois je râle, je me plains, je me livre, je pleure en silence, j'appelle au secours. Rien derrière le masque !
En vérité, je m'écris.
Tous, à un certain moment, nous nous sommes posé ces questions sans réponse, ou bien nous n'avons pas voulu leur donner de réponse. Et, las, déçus, un peu désabusés, nous avons abandonné, partis sans que personne ne s'en aperçoive. Parfois regrettés.
L'amour platonique existe : je ne pense pas qu'il en soit de même pour l'amitié.
Faut-il apprendre à faire face à la solitude plutôt que de rechercher des rapports ambigus de flatterie ?


6 commentaires:

  1. Je me suis posé les mêmes questions. Je n'en cherche plus les réponses. Je préfère être l'imbécile heureuse qui ne sait rien et vit dans l'insouciance.
    Je n'ai jamais tant affiché ce sourire béat depuis que je ne ponctue plus mes pensées d'un point d'interrogation. Je les agrémente désormais d'un "smiley" heureux, laissant à d'autres le soin de grimacer.
    Faut pas te morfondre ainsi ma Taty. L'amertume ne te va pas au teint ;-)
    Bisous

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  2. Y'a un peu d'amertume dans ce billet on dirait
    Il ne faut pas se leurrer , on écrit pour soi , en quête de reconnaissance devant notre écran
    Quelle reconnaissance ?
    dans cette immense toile , ça va , ça vient , on est presque rien , si vite oubliés ..
    Pourquoi ne pas croire tout de même à la sincérité des échanges , amis , j'en sais rien , mais à la bienveillance , à la fidélité
    oui , crois à cela Tatydany
    bises ventées

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  3. Le curé : A qui écris tu?
    Le garde : Je m'écris à moi-même.
    Le curé : et que te racontes tu ?
    Le garde : j'en sais rien j'ai pas encore reçu la lettre.

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  4. "en vérité je m' écris": ben, t' as tout dit! Mais quand y' en a un qui s' arrête (et y' en a...), c' est bien.
    Bonnes bises ventées-trempées!

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  5. Je repasse, je relis et je ne comprenais plus ce que j' avais voulu dire! Alors voilà: je voulais dire: quand y' en a un qui s' arrête POUR LIRE, c' est bien...
    Ouf!

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  6. Ah, bon, PB, je comprends mieux. Je n'osais rien te demander. Parano, j'avais compris que ce serait bien que je m'arrête ! Non, je rigole ! Y'a plu et venté toute la journée sur Lyon. Jai lavé et repassé mes petits rideaux pour que ça soye plus gai malgré tout !
    Bisous du soir, espoir !

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