Je vous avais déjà parlé de ce peintre, retiré dans sa maison au coeur du village de Vallon. Une exposition avait eu lieu à la Mairie au printemps 2008 et j'avais été surprise et saisie par la force de cette peinture surprenante. Et voici que je découvre aujourd'hui, par hasard, (après avoir parlé peinture avec "gymnastiqueuse" qui peint elle aussi,) un article paru dans LYON PEOPLE le 8 mai 2009 et écrit par
Alain Vollerin le 8 mai 2009.
Il était né en Espagne, à
Torre de l'Espagnol, province de Tarragone, le 24 Juin 1923, dans une famille
modeste. Son père s'engagea dès les premiers jours de l'Insurrection contre le
franquisme dans les colonnes de Durruti. Il sera rejoint par le frère aîné
d'Evaristo, Manuel.
Obligés de fuir, EVARISTO
arriva en France avec sa mère et sa sœur. Léon Blum était au
gouvernement. Après avoir marché pendant plusieurs centaines de kilomètres, ils
furent internés dans un camp spécial à Bergerac. Cette épopée laissera dans
l'esprit d'Evaristo des stigmates
indélébiles. On peut dire que toute une première partie de son œuvre évoque ces
émigrés obligés d'abandonner leur terroir, leur famille, leurs amis, leurs us
et coutumes.
La famille trouvera refuge à
Saint-Fons, où, les premières années furent très difficiles. Lentement, Evaristo pénétra le milieu fermé de la
peinture lyonnaise. Il exposa à la Galerie Bellecour. Il découvrit l'art
de Jean Couty dont il retint la couleur rouge, si révélatrice du
caractère déterminé du maître de l'île Barbe.
Evaristo retrouvera en
Ardèche, un climat, une géologie rude et sauvage qui réveilla en lui le
souvenir de son Espagne abandonnée. Il avait installé au rez-de-chaussée de sa
maison de Vallon-Pont-dArc) une galerie où il montrait ses sculptures en bois (souvent de
l'olivier), et ses peintures.
Les années passaient sans que la
reconnaissance de son art ne s'officialise.
Une brouille profonde avec le critique d'art René Deroudille, alors
grand maître des clefs dans l'univers de la peinture lyonnaise EXPLIQUE
PROBABLEMENT CETTE SITUATION IMMERITEE.
Après 1992, date du décès de René
Deroudille, la situation d'Evaristo s'éclaircit.
Lyon lui rendit souvent hommage. En 1996, avec Charles Gourdin, nous
organisions une rétrospective à la mairie de Villeurbanne. Les éditions Mémoire
des arts publièrent un livre et un film. Touché par la maladie d'Alzheimer,
depuis quelques temps, il ne peignait plus. Atteint par un mal foudroyant, il a
quitté brutalement l'affection de sa famille et de ses nombreux amis. Nos
condoléances vont à sa famille et particulièrement, à notre ami Ariel, à
son épouse Monique, et à leur fils Alwan.
Dans le
musée qui un jour défendra l'histoire de la peinture à Lyon au XXe siècle, Evaristo doit avoir sa place.
Il repose désormais dans le cimetière de Saint-Fons.



J'aimecette peinture grave, sombre malgré le rouge éclatant.
RépondreSupprimerLors de l'exposition à Vallon, en entrant dans la salle, on a été surpris, un peu déconcertés. Les "points noirs" qui servent de regard à ses personnages sont "graves", tu as trouvé le mot... interrogation ? pas de reproches mais un questionnement.
RépondreSupprimerImpressionnant ! Ce qui me fait bouillir, c'est l'anecdote de Deroudille : ces critiques qui font la pluie et le beau temps, qui décide ce qui est beau ou pas. Ce peintre ne vaut rien parce que Deroudille n'aime pas l'homme (modeste ouvrier de chez Berliet dans la banlieue lyonnaise), qu'il ne fait pas partie du cercle très fermé de sa cour de vils flatteurs. Actuellement, plusieurs galéristes lyonnais l'apprécient et l'exposent régulièrement.