dimanche 20 novembre 2011

Cinq minutes sur un banc avec toi....

...  "Chercher des lieux secrets où rien ne me déplaise,
Méditer à loisir, rêver tout à mon aise, ... (...)
Ecrire dans les bois, m'interrompre, me taire,..... (Théophile de Viau, Ode)
                    

Oui, je viens m'asseoir près de toi, mais tu es muette. Je respecte ce silence peuplé de voix intérieures.
Je sais que tu aimes ces arbres imposants, si beaux, si vivants. Ils sont là depuis tellement de temps, et ils demeureront, saisons après saisons, années après années, obstinément jusqu'à aditionner un siècle, peut-être deux. Fascination. Déjà, ils ont vu tant de promeneurs passer devant ce banc, s'y arrêter : bambins affamés nourris par une mère attentive, enfants vifs, gais et remuants comme des nuées de moineaux, promeneurs las, ou malades, amoureux, ados graves ou rieurs.
Triste ? Songeuse ? Oui, je te vois songeuse fixant la masse mouvante d'un feuillage déjà roux. Une feuille se détache, tourbillonne, s'attarde comme un souvenir dans tes pensées. 
Un livre oublié que l'on retrouve. On l'ouvre. Une feuille de cerisier s'en échappe. Tu ris. Tu me demandes si je me souviens de ces belles feuilles de platane que l'on collectionnait et qui finissaient, toutes racornies, dans le seau à charbon.
Et ces cascades de vigne-vierge, coulées saignantes éclaboussant une haie dans un éclat de lumière.
Je ne me souviens pas de l'araucaria dressant sa silhouette insolite au milieu du bois de sapins, entre Silhac et Chalancon ? Un araucaria en Ardêche ? Si, bien sûr, je n'ai pas oublié, même si nous avons fini par égarer la photo-témoin fournie à une institutrice incrédule.
Petite fille, tu me parlais souvent du grand cèdre immense dont les branches couvraient la moitié de la route, juste au tournant. Par jour de grand vent, sa ramure tourmentée par le courant d'air violent, émettait une rumeur de ressac, un vacarme inquiètant, qui te terrifiait.
Tu vois, la contagion m'a gagnée. Mes pensées virevoltent l'une après l'autre comme cette pluie de feuilles mortes. Sans bruit, sans un mot, sans mot dire... mutisme.

5 commentaires:

  1. Ton mutisme est source de belle inspiration...
    Paradoxale Taty cachée derrière le rideau de la scène et qui montre juste le bout de son nez !! :)
    Il reste de la place sur ton banc? je viendrais bien m'assoir moi !

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  2. J'viendrais bien aussi avec Dame Framboise, mais un garde-champêtre ça dépoètise un peu...
    Allez on te claque une miaille ainsi qu'à toute la famille.
    JMB

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  3. Antiblues, si le coeur t'en dis, il s'agit d'un banc au Parc de Lacroix-Laval. Tu verras, dans le silence et en contemplant la nature, la sérénité et le bien-être reviennent, à défaut d'inspiration.Pas tant de modestie, cher JMB... tes écrits sont plein d'une certaine poésie. Dame Framboise, de plus, c'est un surnom... plein de poésie ! Bises à vous deux.

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  4. Juste un sourire. Pour ne pas gâcher la scène. Juste pour signifier qu'un silence parle quelquefois à un autre, lui répond.
    Bises feutrées.

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  5. Il faut y aller en dehors des heures d'affluence, sur ce banc à Lacroix-Laval !
    Pas facile d'y trouver la sérénité et le silence pendant le we...
    Un bien joli texte aussi !
    Nous étions en harmonie de pensées !
    Bises d'O pour ton we

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