samedi 23 octobre 2010

LE MOT STRESS ME STRESSE


Cet anglissisme est arrivé en France en 1950 mais je me suis retrouvée à la retraite sans l'avoir employé ni entendu à la maison !
En 1950, mes parents ne me gavaient pas, l'école ne me fatigait pas et l'institutrice n'était pas une vieille c...
A 18 ans, pour ma première place, j'avais la frousse, une peur bleue de faire des bêtises, la crainte de ne pas donner satisfaction. On appelait cela l'amour du travail bien fait, la conscience professionnelle. Plus tard, à la sortie du bureau, après une journée surchargée (et non surbookée), on disait : je suis lessivée, on n'a pas amusé le terrain, et la Miss (notre chef de bureau) nous a tenu l'épée au rein.
Dans les usines, où travaillaient ma soeur et ma belle-soeur, les patrons usaient et abusaient de la conscience professionnelle et de l'amour du travail bien fait des ouvriers pour imposer des cadences de plus en plus démentielles. Les ouvrières, alors, en étaient malades(on ne somatisait pas encore), étaient à bout de nerf (pas encore de dépressions), prenaient des crises de nerf. Le médecin, alors, proposait un peu de repos. "Il a raison, repose-toi, tu es à bout, tu t'es trop donnée"...
Attention, ne me tombez pas dessus à bras raccourcis en me disant que la vie actuelle, que les conditions de travail, que le chomage, la peur de l'avenir... etc... etc. Je le reconnais mais, à mon époque, hélas, on n'en tenait pas compte et on ne le reconnaissait pas.
C'est le problème des longues maladies chroniques... tant qu'on a l'espoir que la lutte prendra fin par une victoire, on espère la guérison de la maladie. Lorsqu'on sait la cause perdue, on se laisse aller au désespoir.
Aujourd'hui, on somatise, on médicalise, on psychanalyse, on relaxe, on respire, on
se fait coacher, endoctriner, ou bien on pousse un coup de gueule par blogs interposés !

7 commentaires:

  1. La question est: A cette époque, les gens étaient-ils plus heureux (ou aussi malheureux) que maintenant ?
    Le temps s'est accéléré pour tout et le temps des machines (le numérique) n'a pas le même rythme que le temps humain. D'où une bonne partie du stress.
    Des voix (médicales et philosophiques) commencent à s'élever contre ça; Un pas vers la Sagesse ?

    RépondreSupprimer
  2. Curieux , je suis en train de préparer un billet sur les coaches justement

    Il y a un vrai repli sur soi il me semble aujourd'hui , un souci de perfection , et un regard souvent culpabilisant
    Aujourd'hui , tout le monde sait tout sur tout ( la preuve je commente ce billet lol )
    les cadences restent les mêmes , les salariés harcellés et soumis aussi
    ça ne pourra pas durer , parfois j'ai peur de ça
    bon dimanche à toi

    RépondreSupprimer
  3. Je déteste ce mot et surtout l'utilisation que nous en faisons, personnellement j'essaie de le banir de mon vocabulaire ! il remplace tout et n'importe quoi ! à une amie qui l'a utilisé je n'ai pu que lui répondre qu'elle était née angoissée, qu'elle était naturellement angoissée, peureuse de nature devant la moindre "désorganisation" de son monde, devant l'imprévu, le rapide, et elle utilise le mot STRESS à toute les sauces, elle a une foule de choses à faire, elle n'est pas débordée elle est stressée, quelque chose lui fait peur non elle n'a pas peur, elle est stressée, énervée.. elle est stressée... tout sentiment ou sensation légitime prennent l'appellation de stress... oui je déteste ce mot...
    Le temps s'est accéléré ????? non je ne crois pas... ne serait ce pas nous qui avons ralenti ????

    RépondreSupprimer
  4. vous répond : l'époque de mon enfance et de mes 20 ans restera tjrs la plus belle, comme pour tout le monde. Tu as raison Antiblues : par un phénomène étrange, lorsque les bus et autres moyens de transport ont remplacé les trajets à pied, il m'a fallu courir de plus en plus. Les machines à écrire se sont perfectionnées mais il a fallu faire encore plus de courrier en moins de temps ! J'avais le souci de la perfection déjà, et la crainte de ne pas réussir, Jeanne... et j'étais "taiseuse", obéissante, disciplinée, consciente que j'avais beaucoup à apprendre. Pas de remise en cause de l'autorité, pas de remise en cause de la voie sur laquelle on m'avait mise... Je n'aime pas me dire stressée, et encore moins angoissée par respect envers ma maman et ma grand-mère qui, elles, à la rigueur, disaient se "faire un souci monstre, un sang d'encre", se demandaient ce qu'elles avaient fait au Bon Dieu pour avoir des enfants pareils et une vie de "barreau de chaise", en avaient "plein le dos de trimer du matin au soir"... etc... etc... Une grand-mère qui a élevé ses filles pendant la guerre de 14, une autre veuve très tôt avec un petit garçon de 7 ans et un de 2 ans, une maman qui a élevé une partie de ses enfants pendant celle de 39-45 avec un mari combattant à Narvik qui la laissera veuve à 46 ans, ça vous apprend à courber le dos !

    RépondreSupprimer
  5. comme quoi chacun a sa vision des choses... perso... la période de mon enfance et de mes 20 ans est belle certes, mais pas LA PLUS BELLE, d'autres sont et ont été toutes aussi belles... quand au moyen de modernisme que tu cites, ils ne m'ont apporté que du confort, pas du "stress" ! avoir la possibilité de se déplacer mieux et plus vite, les moyens technologiques qui facilitent tellement notre travail et nous libèrent du temps... toutes époques a ses fardeaux, ses obligations, son "rythme", je trouve que le notre est plutôt confortable !

    RépondreSupprimer
  6. Par "plus belle", je n'entends pas la plus belle période de ma vie mais je veux dire que l'on trouve toujours, en ce qui concerne ce "temps-là", qu'à "notre époque, c'était mieux" ! Je ne suis plus en mesure de parler des rythmes de travail mais il me semble que - même dans d'autres domaines - le temps libéré a été largement "utilisé" en réunions, consultations, tables rondes, remise à niveau, etc, etc.
    Le rythme personnel de la "Lucy" que je suis se ralentit et je me sens apppartenir dans une autre planête !!!

    RépondreSupprimer
  7. Même ma mère parle de "stress" ! et elle est à la retraite depuis 30ans !
    A cette époque, les gens n'étaient certainement pas plus heureux, mais ils ne se posaient pas de questions !
    Ils savaient endurer, se défendre, se priver, et sauver leurs peaux !
    De nos jours, on est surprotégé, donc supervulnérable...
    Bises de ma tour

    RépondreSupprimer