Gaston Miron - Le camarade (L'homme rapaillé, Montréal 1994)
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Camarade tu passes invisible dans la foule ton visage disparaît dans la marée brumeuse de ce peuple au regard épaillé sur ce qu'il voit la tristesse a partout de beaux yeux de hublot
tu écoutes les plaintes de graffiti sur les murs tu touches les pierres de l'innombrable solitude tu entends battre dans l'ondulation des épaules ce cœur lourd par la rumeur de la ville en fuite
tu allais Jean Corbo* au rendez-vous de ton geste tandis qu'un vent souterrain tonnait et cognait pour des années à venir dans les entonnoirs de l'espérance
qui donc démêlera la mort de l'avenir
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* Jean Corbo : jeune Felquiste mort en posant une bombe.
Felquiste : membre du Front de Libération du Québec.
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C' est gai !!! Mais c' est un beau texte, TTD! J' te bise !
RépondreSupprimerJ'te bise aussi. Ce poème m'a fait penser à l'Affiche Rouge d'Aragon chanté par Léo Ferré et que j'aime beaucoup. Bonne préparation de réveillon. Ici, Lyon dans le brouillard... et ça pue !
SupprimerBelle récitation ce matin au tableau noir, triste pourtant. Je te donne une bonne note
RépondreSupprimerEt une bise !
J'aime passer dans cette petite rue toujours déserte et j'aime ce menuisier inscrivant chaque semaine un poème sur son tableau. C'est un clin d'œil de connivence avec les rares passants sachant apprécier ce geste "sourire, main tendue, clin d'œil, une seconde de respiration, de réconfort".... Bises à toi.
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