dimanche 29 décembre 2013

Au tableau noir, ce dimanche matin....

Gaston Miron - Le camarade (L'homme rapaillé, Montréal 1994)



 

 

 

 

 

 

 

 

 

Camarade tu passes invisible dans la foule
ton visage disparaît dans la marée brumeuse
de ce peuple au regard épaillé sur ce qu'il voit
la tristesse a partout de beaux yeux de hublot

tu écoutes les plaintes de graffiti sur les murs
tu touches les pierres de l'innombrable solitude
tu entends battre dans l'ondulation des épaules
ce cœur lourd par la rumeur de la ville en fuite

tu allais Jean Corbo* au rendez-vous de ton geste
tandis qu'un vent souterrain tonnait et cognait
pour des années à venir
dans les entonnoirs de l'espérance

qui donc démêlera la mort de l'avenir


 * Jean Corbo : jeune Felquiste mort en posant une bombe.

    Felquiste : membre du Front de Libération du Québec.

                                                                  

 

4 commentaires:

  1. C' est gai !!! Mais c' est un beau texte, TTD! J' te bise !

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    1. J'te bise aussi. Ce poème m'a fait penser à l'Affiche Rouge d'Aragon chanté par Léo Ferré et que j'aime beaucoup. Bonne préparation de réveillon. Ici, Lyon dans le brouillard... et ça pue !

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  2. Belle récitation ce matin au tableau noir, triste pourtant. Je te donne une bonne note
    Et une bise !

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    1. J'aime passer dans cette petite rue toujours déserte et j'aime ce menuisier inscrivant chaque semaine un poème sur son tableau. C'est un clin d'œil de connivence avec les rares passants sachant apprécier ce geste "sourire, main tendue, clin d'œil, une seconde de respiration, de réconfort".... Bises à toi.

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