samedi 26 janvier 2013

REUNION A 17 H

, Immeuble 1937, 6 étages + 2 greniers aménagés, 14 appartements. Un couple de propriétaires, âge moyen, occupe le plus petit grenier en duplex avec l’appartement du dessous ! Un couple de jeunes propriétaires, deux jeunes enfants, occupe le grenier en duplex avec l’appartement du dessous et celui encore dessous ! Réunion de copropriété, à 17 heures, chez les précités dans leur dernière acquisition (dernier dessous) en cours d’aménagement. Bonjour A, bonjour J-Y, la bise, sourire, S va arriver, elle n’avait personne pour récupérer les enfants, entrez, L, son mari, arrive, simple, ouvert, gentil. Dans l’immense salon (deux pièces réunies), sur une table, un ordi, et la personne de la Régie chargé de mener la réunion... devant lui, une rangée de chaises en demi-cercle. En attendant que tout le monde arrive, on visite, on commente les travaux, s’émerveille des trouvailles, échange des adresses d'artisans. Une nouvelle jeune et jolie tête : bonjour, je m’appelle R, je viens d’acquérir l’appartement de M, j’emménagerai début mars. (Ah bon, M la sauvage a donc vendu). Très vite mise à l’aise par l’ambiance détendue et souriante de l’assemblée, elle échange, sourit, participe. Renouvellement du bureau, éclats de rire, "on prend les mêmes et on recommence" en précisant toutefois à R que, l’an prochain, il va falloir qu’elle s’y colle ! La séance se déroule sans accrocs, dans les rires, les apartés, les commentaires opportuns mais toujours drôles et subtils. L prête son imprimante pour le compte-rendu, on paraphe, tout en devisant joyeusement. Et voilà !... mais non, après les signatures, on ne se quitte pas. Vin blanc, vin rouge, cacahuètes, tomates, saucisson, fromage, surimi. Une part de gâteau, des chocolats. Les charmants enfants en pyjama viennent nous faire la bise. Conversations à bâtons rompus, goûts communs, terrains d’entente ou opinions différentes, anecdotes. Va falloir décider d'une date avec nos deux "Ardéchois" pour faire une fête entre voisins. Et avec Mme Z qui doit déménager pour un appartement adapté au grand handicap de son mari très malade. L’employé de la Régie, qui n’a jamais rien connu d’autre que les réunions strictes, tristes, agitées, houleuses parfois même haineuses n’en revient pas. Et je crois que notre jeune R, célibataire, n’en revient pas non plus et trouve que, décidemment, elle a sans doute fait une bonne affaire ! Elle va avoir de quoi raconter à sa famille et à ses amis ! Les heures tournent. Un café ? Un Nespresso ? Bien sûr, quoi d’autre ! Il faut se quitter non sans emporter quelques rondelles de saucisson et deux parts de gâteaux. Quoi ? Il est déjà 22 h 30 ? REPONSE AUX COMMENTAIRES EN FORME DE SUITE. Avant mon mariage, j'habitais dans un HLM à Gorge-de-Loup, quartier alors isolé du centre, un petit village en quelque sorte. Là, mensuellement, nous allions porter notre enveloppe à l'employé de la Ville qui tenait bureau dans la loge du gardien. Puis, en vue du mariage, Lépoux a acheté en 1964 un appartement de 2 pièces, dans un vieil immeuble sans ascenseur ni chauffage, sis au 69 du Cours Gambetta alors à double sens avec passage incessant d'ambulances. Les occupants sont tous très âgés. Je ne rencontre jamais personne. Nous y sommes restés jusqu'en septembre 1968. Là, pas de souvenirs de réunion de co-propriété. En Septembre 1968, nous sommes arrivés à Chavril, quartier de Ste Foy-Lès-Lyon, près de la Place St Luc. Tout à portée de main : marché, Centre Social, grande surface et petits commerce... 5 grandes barres, bien réparties au milieu de la verdure, avec petit centre commercial, poste et banque... des co-propriétaires et des locataires, plutôt jeunes. Nous y sommes restés jusqu'en 1980. Quelle tranche de vie : mon mêtier de nourrice, les accompagnements à l'école, les services rendus, les échanges, les bavardages dans le jardin en bas de l'immeuble, les promenades du mercredi dans la campagne toute proche, le centr aéré et les activités diverses, les anniversaires,les cours de gym pour moi. Par contre, les réunions de o-propriété ; une horreur ! Gueguerre contre proprio occupants et ceux qui louent, problème de chauffage (une seule chaudière et une distribution souterraine), problèmes d'espaces verts, de gosses qui font du bruit en jouant dehors... etc... des heures et des heures pour décider et voter. Et en 1980, nous optons pour un bel appartement de luxe : 104 m2 (c'était le plus petit, et le moins cher étant au rez-de-chaussée) dans une petite rue calme du Point du Jour. Et là, le fait que je sois nourrice défrise les plus nantis. Nantis orgueilleux qui, pour paraître accepteraient n'importe quel devis et travaux (même inutiles). Les réunions de co-propriété sont règlements de compte, réflexions doucereuses, protestations manièrées... ça pourrait ressembler à une prison dorée mais j'entretiens d'excellentes relations avec ma voisine, charmante grand-mère d'un petit garçon que je garde. Et bien sûr, avec les parents de mes nourrissons. Et je continue la gymnastique. Je vais au Centre social, à la bibliothèque, etc... conférence et cours FAC. Et, pour diverses raisons (maladie, finances), en 1995, nous descendons sur la ville, à deux pas de notre premier logement, dans cet appartement acheté par les parents de Gérard en 1954 ! Proximité du métro et de la Part-Dieu, centre ville accessible à pied, petits commerces et grandes surfaces, retour à mon premier groupe de gym. On redécouvre les beautés de la Ville, on va au théâtre, au ciné, aux conférences du Musée, à la FAC. Mais, avec un premier déracinement en 1980, et un autre en 1995, une coupure s'est faite. Et, dix huit après... mais ceci est une autre histoire !

7 commentaires:

  1. Et bien nous c'est l'A.G. du Mollard vendredi 18h30...Les sociétaires, le Maire du chef-lieu ou son représentant, le reporter local du D.L. qui va encore tout noter de travers...Mais même ambiance que chez vous. après c'est pizza, quiche et rosette pi y'aura bin aussi un p'tit canon pour faire glisser !
    bizzzz
    JMB

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  2. C'est ben exceptionnel !
    On dit que le diable quand il a vu que l enfer était plein à ras bord, a inventé la copropriété ;-)

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  3. Le charme des petites co-propriétés.
    La nôtre regroupe plus de 300 appartements, je te dis pas le bazar. Y' en a que 2 qui foutent la zone mais ils le font très bien!!!

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  4. Chouette ta nouvelle bannière , lumineuse !
    J'ai aimé suivre tes déménagements , acquérir un appartement , n'est pas facile , à cause des voisins
    et en plus accueillir des tous petits , que de méfiance
    Mais tu as su apprivoiser ton entourage
    Si je devais habiter en appartement , ce serai un Duplex , j'aime bien , enfin , pas l'été
    Ton billet fait du bien ,une bonne entente , du bon vin , et tout ce qui va avec
    Je sens ton bonheur de vivre au coeur de ta grande ville

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  5. Sont beaux tes volets bleus !Au fait, y' a pas une chanson là-dessus ?

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  6. "il y'avait la porte bleue de la boulangerie, et puis l'épicerie où un monsieur frileux vendait ses caramels" (Reggiani) - "c'est une maison bleue..." (Le Forestier)...
    Les volets, ce ne sont pas les miens ! Bonne journée Pierrot !

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  7. Jeanne ; au temps du le premier appart', je travaillais et, trè vite, j'ai eu mon aînée. C'était la course permanente. Arrivée à Chavril, ce fut la belle vie de femme au foyer (esprit non pollué par les féministes qui pensaient que le travail c'était la liberté), contact avec les voisines, les instits, les commerçant, les amis, la famille, etc... Pas besoin de technique d'apprivoisement. En se voyant dans la vie de tous les jours, on devinait à qui on avait affaire. La prison dorée dans l'immeuble de luxe fut plus difficile à vivre mais j'avais encore des parents de nourrissons simples et sympas. J'avoue que je n'ai pas cherché à apprivoiser mon voisinage ! En l'occurence, j'étais plutôt la bête sauvage dont tt le monde se méfiait ! Pas commode, pas de concessions ! Ici, je souris à plus de gens possible, je suis gentille, simple. Mais, 73 ans et des cheveux blancs, ça éloigne la jeunesse, quoiqu'on en dise ! Normal, ils sont "libérés" par le travail, ils n'ont pas le temps, sont stressés ! Un jour que nous parlions de notre enfance avec notre gentil voisin, il réalise soudain : "c'est vrai, quand mes parents m'ont dit ça, j'ai réalisé ! C'est à peine croyable" ! Je lui ai gentiment conseillé de leur faire raconter, le plus souvent possible, ces petites anecdotes "incroyables" !!!

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