lundi 4 juin 2012

Soixante neuf ans demain...

Ecrire au crayon sur une page d’écolier…
Elle aimerait retrouver la facilité et l’innocence de cette époque où elles se tenaient par la main sous le cerisier de la cour.
Sur une carte postale, elle a tracé ces mots, de sa main rhumatisante, avec son stylo préféré : Joyeux anniversaire. Meilleure santé et bel été. Bonne route tout au long de cette soixante neuvième année. Je t’embrasse.

Tu ne sauras pas vraiment ce que cela signifie.

Cela ne veut pas dire qu’elle te pardonne.
Cela ne veut pas dire qu’elle a pitié mais qu’elle a vraiment mal pour ta réelle souffrance.
Cela ne veut pas dire qu’elle  te  comprend car elle ne conçoit pas ta façon d’agir. Elle te souhaite une bonne route, elle veut dire sans doute un long cheminement intérieur qui t’amènerait à la compréhension des autres, au raisonnable, à un juste équilibre.

Elle t’écrit parce qu’elle n’a jamais su passer de l’amour à la haine, du blanc au tout noir.
Elle t’écrit parce qu’elle a eut sans doute beaucoup de tendresse pour cette sœur de trois ans plus jeune pourtant si chipie,  la harcelant sans cesse.  
Elle t’écrit parce que… parce que… tu avais de l’ascendant sur elle, profitant de sa timidité, de sa gentillesse, du fait qu’elle avait horreur des conflits, parce que ta jalousie avait fini lui faire croire qu’elle était tellement privilégiée… parce que… parce que…

Peut-être parce que votre Maman n’aimait sans doute pas vous voir vous disputer.
Parce que, tout comme elle, votre Maman a été indulgente avec sa sœur aînée pas toujours compréhensive.
Peut-être parce que tu es sa sœur et tellement différente et qu’elle a mal de voir ses deux filles tellement différentes et éloignées être sœurs ennemies.
Peut-être parce que la famille et la fratrie tellement hétéroclite ont eu un parcours bien difficile, bien douloureux et que, maintenant avec vos rides et vos cheveux blancs, et vos histoires qui écrivent leurs derniers chapitres, ces gamineries sont bien dérisoires.

6 commentaires:

  1. Les liens ne sont jamais simples , rivalités , incompréhensions , tentatives vaines de réconciliations , et vlan , en quelques minutes parfois tout s'écroule à nouveau
    Dans ce billet , je vois beaucoup de regrets mais un pas , un signe ...

    les anniversaires , au fond , ce sont des occasions pour dire , tout simplement l'affection que l'on porte à l'autre , une petite étincelle , rien de plus

    RépondreSupprimer
  2. Ah les tortueux sentiers des passions familiales...Je pense que même Antiblues ne pourrait pas nous donner la référence du GPS qui permet de se retrouver dans ces méandres.
    Bizzz
    JMB

    RépondreSupprimer
  3. Bouh !! Que ça me cause, tout ça...Faire un pas vers l' autre, faut du courage et avoir une belle âme. Je t' embrasse.

    RépondreSupprimer
  4. Pierrot Bâton ; un pas sans doute inutile... peut-être une part d'égoïsme de ma part dans la mesure où ça me permet d'avoir la conscience tranquille et de jouer les grands coeurs ! Bises.
    Pas bcp de réaction à mon billet, sans doute trop parlant, donc trop dur !
    Re-bises sous ciel gris, très bas, les nuages se confondent avec la brume et il "bruine" comme en Bretagne ! Il fait "poisseux", ni chaud ni frais !

    RépondreSupprimer
  5. C' est jamais inutile et puis quelquepart, ça fait un peu de bien d' avoir bonne conscience! Allez, Zou! On va d' l'avant ...

    RépondreSupprimer
  6. Pierrot, j'avance, j'avance, le tacot devient poussif mais de toute façon j'ai plus assez d'essence pour revenir dans l'autre sens ! Bises!

    RépondreSupprimer