samedi 12 juin 2010

UNE FENETRE, UN REGARD, UN REGRET....

A celle qu'on voit apparaître
Une seconde à sa fenêtre
Et qui, preste, s'évanouit
Mais dont la svelte sihouette
Est si gracieuse et fluette
Qu'on en demeure épanoui
(Les Passantes, G. BRASSENS)A quel moment, comment et pourquoi laisse-t-on la fenêtre se refermer sur son air confiné, et la maison se calfeutrer dans les lourdes tentures de l’égoïsme, avec la crainte qui suinte des murs et l’ennui qui s’incruste comme une crasse, avec l’odeur aigre des regrets, la moisissure des remords, avec un pesant encombrement d’objets inutilement précieux ? Les idées, les livres, la mémoire s’empoussièrent. Par ci, par là, une faible lueur jaillit parfois dans l’obscurité poisseuse du décor délabré : fulgurance d’un souvenir heureux, émotion d’un sourire et de la beauté figés dans la pierre, écho d'un éclat de rire, réconfort d’une parole revenue.
(TatyDany)

8 commentaires:

  1. De ce magnifique poème de d'Antoine Pol mis en musique par le grand Georges, il ressort une nostalgie poignante, la furtivité de la vie qu'il ne faut ressentir que le temps de la chanson, sinon ...
    Tu poses une bonne question: à quel instant , quel évenement provoque le repli sur soi-même: une blessure secrète, une déception, la peur des "autres", la disparition d'un être (trop) cher ?
    Il faut avoir le courage de s'ébrouer, de se colleter à nouveau avec la vie pour y reprendre goût, mais souvent il faut une aide extérieure pour s'en sortir ...

    RépondreSupprimer
  2. un très beau texte taty, à méditer, je ne rajouterai rien au com d'Antiblues sauf qu'il faut toujours laisser sa fenêtre ouverte...mais certains n'ont plus envie de ce choix alors il suffit d'une main tendue.
    En ce qui concerne ta photo, les deux sculptures sont magnifiques je ne m'en lasse pas que c'est beau! Bisous et bon dimanche.

    RépondreSupprimer
  3. Après la lecture de ton billet, j'ai décidé qu'il fait trop beau pour laisser les volets clos. J'ai ouvert en grand les fenêtres pour laisser entrer le soleil, les fragrances, la vie.

    Bises

    RépondreSupprimer
  4. la plus belle chanson de Brassens , je l'aime chantée par M Leforestier
    Se terrer , être en retrait , observer , scruter de loin , comme si la vie était un décor dans le quel certains n'ont plus envie d'entrer
    ton billet est vraiment bien écrit , nous donne l'envie d'ouvrir encore plus nos fenètres
    merci

    RépondreSupprimer
  5. La nostalgie de ces doux moments d'amitié, chère Taty ?

    Mais ouvre ta mémoire... tes souvenirs sont intacts, ton blog fait perdurer ce que tes yeux ont vu, et si ton texte, si beau, traduit de façon magnifique ton état d'âme, ton état d'être, il nous remémore de délicieux souvenirs de ces moments passés ensemble... et des regrets aussi...

    J'ai adoré ce cheminement de ton billet, vraiment... sincèrement.

    Je vous embrasse toi et ton GG

    RépondreSupprimer
  6. Quelle belle fenêtre avec ses quatre visages dirigés dans les quatre directions ! Et quelle belle réflexion ! Nous avons bien souvent des blessures enfouies qui nous font demeurer en retrait. Mais tant qu'une fenêtre permet à la lumière d'entrer ou de sortir, l'espoir n'est pas perdu. C'est beau une lampe, la nuit !

    RépondreSupprimer
  7. Quelle belle écriture ! j'aurais aimé en lire un peu plus ! Etes vous écrivain ?
    Sandra

    RépondreSupprimer
  8. Réponse à SANDRA si elle repasse par là : merci, le compliment me touche. Je ne suis pas, hélas, écrivain. J'aurais aimé l'être, j'en ai révé sans jamais me leurrer. J'aime l'écriture, les mots, jouer avec les mots. Mais c'est souvent un jeu solitaire, parfois difficile, dangereux.

    RépondreSupprimer